Budget fédéral: peut mieux faire

Le budget annoncé par le ministre Bill Morneau le 22 mars n’impressionne pas. Au cœur des mécontentements, la maigre enveloppe réservée pour de nouvelles initiatives en milieu minoritaire. Juste Kagisye, directeur général du Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA), donne son avis sur le dossier.

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Le ministre des Finances, Bill Morneau, a présenté il y a deux semaines un budget peu généreux en faveur de la francophonie malgré quelques points positifs. Parmi eux, quatre-vingts millions de dollars seront investis dans les infrastructures éducatives francophones sur dix ans. Une somme de sept milliards est également prévue afin de créer 40 000 places supplémentaires en garderie d’ici 2021.

L’emploi, le grand absent du budget

Toutefois, pour M. Kagisye du CDÉA, ce qui fait défaut dans le budget 2017, c’est l’employabilité. « Nous souhaiterions voir des investissements envers les programmes qui permettent d’augmenter l’employabilité des acteurs économiques sur les marchés », commente-t-il. « Placer l’économie au service de la société, et non le contraire », ajoute le directeur.

L’un des aspects majeurs de l’accès au marché du travail est celui de la place des femmes. « La chose que j’ai retenue par rapport aux commentaires du budget, c’est qu’il faut promouvoir les femmes sur le marché du travail et les intégrer dans l’économie », indique Juste Kagisye.

Les places supplémentaires annoncées dans les garderies vont d’ailleurs dans cette direction, mais le plan reste timide : « La garde des enfants est le nerf du problème. Il faut pouvoir libérer la femme, et les parents de façon générale, pour qu’ils puissent participer activement à l’économie. Il faut trouver un modèle universel qui permette cela et on ne l’a pas vu », constate le responsable.

La formation professionnelle manque aussi à l’appel dans ce nouveau budget. Le CDÉA fait partie du conseil d’administration du Centre collégial de l’Alberta précisément dans le but de « créer des opportunités et des ouvertures afin de promouvoir toute formation allant dans le sens de l’employabilité des personnes au foyer », selon les mots du directeur.

Une politique budgétaire modeste mais sur la bonne voie

De façon générale, Juste Kagisye estime que « les résultats du budget ne sont pas en ligne avec les attentes escomptées ». Pour autant, il voit le verre à moitié plein : « Personnellement, je trouve déjà positif que l’on s’attaque à la question de la francophonie, du bilinguisme sur le marché, de l’augmentation des services francophones », précise-t-il. C’est en effet la première fois que nous nous penchons sur la question dans notre province.

« Il est certain que j’aurais bien souhaité voir de plus grands investissements allant dans le sens des programmes que nous mettons en place afin d’améliorer l’employabilité », résume le directeur du CDÉA.

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