Immigration francophone : une nouvelle convergence entre ministères génère des espoirs

L’immigration francophone connaît des problèmes de fond : des cibles hors d’atteinte et une intégration incertaine. Mais un tournant s’annonce les 30 et 31 mars à Moncton. La 11e Journée de réflexion annuelle sur l’immigration de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada sera suivie le lendemain par le Forum sur l’immigration des gouvernements provinciaux et territoriaux. Celui-ci regroupe à la fois les ministres de la Francophonie et de l’Immigration. Une première.

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 « On a créé une convergence entre les deux évènements, souligne la vice-présidente de la FCFA, Audrey LaBrie. On va participer à la soirée d’ouverture et à la conférence finale du Forum. Beaucoup d’élus et d’intervenants vont participer à nos activités en fin de journée. »

Le secrétaire parlementaire Serge Cormier, du ministère de l’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté, sera du nombre. « Il s’agira d’une excellente occasion de mettre en commun les pratiques exemplaires et d’examiner les possibilités d’augmenter l’immigration francophone. Nous voulons atteindre nos cibles, mais aussi travailler très fort tous ensemble pour les surpasser. »

Le fédéral s’était engagé à livrer hors Québec 4,4 % des arrivants francophones. Mais depuis dix ans, le taux stagne à 1,5 %. Les deux tiers des immigrants s’installent dans les métropoles anglophones et peu de données existent sur leur parcours par la suite.

L’an dernier, la Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne a établi avec Ottawa une nouvelle cible nationale de 5 %. « On aura l’occasion de voir comment les ministres (de la Francophonie et de l’Immigration) vont travailler ensemble, signale Audrey LaBrie. On a hâte de voir leur plan d’action. »

Serge Cormier défend le bilan fédéral. « Nous avons lancé Mobilité francophone, apporté des améliorations au système Entrée express qui avantagent les francophones, réalisé des activités promotionnelles à l’étranger, créé Arrimages francophones au sein du Programme d’établissement, et adopté une façon plus inclusive de mesurer le nombre d’immigrants francophones. »

Selon Statistique Canada, qui prévoit une décroissance à long terme des locuteurs francophones au pays, il faudrait tripler l’immigration francophone pour contrer l’érosion.

Il reste beaucoup à faire, reconnait Audrey LaBrie. « Pour le recrutement, il y a plein d’autres bassins de population qu’on peut aller chercher. En général, il faut adapter des stratégies différentes pour la minorité que pour la majorité. Avec les réfugiés syriens, on a raté une occasion d’accueillir de nouveaux arrivants qui parlent français. »

La vice-présidente insiste sur la concertation, du local au national. « Ça prend le travail commun de tous les éléments des communautés et des gouvernements. » Un atelier de la Journée s’intéressera au sort des immigrants « triplement minoritaires » accueillis en milieu rural.

Cet enjeu intéresse la présidente de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique. « Il n’est pas facile d’attirer des immigrants francophones, explique Padminee Chundunsing, et si jamais on en reçoit, c’est difficile de les retenir. »

Elle-même immigrante en 2004 de l’ile Maurice, la présidente espère que la Journée de réflexion apportera davantage de soutien des gouvernements provincial et fédéral. « Ces deux partenaires sont très importants pour nous. Il faut que l’appui vienne d’en haut. »

L’Assemblée de la Francophonie de l’Ontario a lancé le 23 mars un livre blanc sur l’immigration qui recommande notamment l’instauration d’un continuum de services « pour et par » les communautés.

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