Le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des femmes, la Coalition des femmes de l’Alberta a lancé le site de rencontre MentorAction. Un espace à l’image de l’organisation où mentores et mentorées entrent en contact afin d’appuyer le leadership francophone des femmes dans la province.

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« Les femmes ont encore peur d’aller sur la place publique », constate Hélène Guillemette, directrice générale de la Coalition. L’initiative MentorAction tente précisément de pallier à ce problème. Le message est clair : « Allons-y en politique ! Tenons-nous debout ! ».

La Coalition avait d’ailleurs lancé un appel aux femmes de la région pour participer aux élections municipales le 15 janvier dernier. Un appel qui a rencontré une maigre réponse, avec seulement 2 participantes. « Il y a encore une forte barrière culturelle qui empêche les femmes de franchir le pas », remarque Mme Guillemette.

Des barrières culturelles

Si les femmes n’osent pas, c’est aussi du fait d’un milieu parfois violent, peu enclin à les accepter et les reconnaître en tant que dirigeantes. « Les femmes politiques subissent beaucoup d’agressions verbales, des mots inacceptables, la plupart du temps à connotation sexuelle », s’indigne la directrice de la Coalition.

Dernier exemple en date : Rachel Notley, victime de plus de 400 contacts et communications inappropriés pour la seule année 2016, ce qui en fait la première ministre albertaine la plus menacée de l’histoire. En réponse, elle a d’ailleurs dû renforcer sa sécurité, comme beaucoup d’autres femmes à des postes de direction : « ça prend une grosse carapace pour résister, être solide », relève Hélène Guillemette.

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L’Alberta, mauvais élève

L’Alberta est la pire province en termes de représentation politique. En cause, une économie basée sur le pétrole, un milieu presque exclusivement masculin où se concentrent les pouvoirs. La province a le plus faible pourcentage de femmes siégeant aux conseils municipaux du pays, avec une seule femme au conseil municipal d’Edmonton et deux pour celui de Calgary. Selon Mme Guillemette, cette situation biaise les conversations : « Le fait d’avoir des femmes autour de la table lorsqu’on prend des décisions est très important, car cela va influencer la sorte de décisions qui vont être prises. Nous avons besoin du point de vue des femmes ».

Le site de mentorat MentorAction permet aux femmes désireuses de gagner du leadership en politique ou en milieu communautaire d’avoir accès à des conseils et à l’expérience de femmes occupant des postes décisionnels, que ce soit dans les organisations publiques ou les entreprises. Pour celles intéressées, rendez-vous sur le site coalitionfemmes.ab.ca/mentoraction.

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