La nouvelle est tombée officiellement le 5 mai. Jean Johnson, actuel président de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), se présente à la présidence de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada. La présidente sortante, Sylviane Lanthier, fera donc face au dignitaire albertain le 10 juin prochain. Entretien avec le chef de file de la francophonie albertaine qui vise désormais à appliquer son expérience provinciale sur la scène nationale.

LeFranco : Pourquoi présentez-vous votre candidature à la présidence de la FCFA ?

Jean Johnson : C’est une série de choses. Premièrement, j’ai une vision un peu différente. Je veux faire de plus grands efforts de représentation auprès des parlementaires, des élus et du Sénat. Il y a des dossiers qui m’interpellent beaucoup, sur lesquels la FCFA pourrait jouer un rôle de leadership. Notamment les programmes de langues officielles en éducation en collaboration avec la Fédération nationale des conseils scolaires francophones. Puis, il y a le dossier du recensement (NDLR: voir l’article en lien dans ce journal en page), sur lequel nous avons travaillé directement en lien avec le Comité permanent des langues officielles. Avec l’ACFA, nous avons déposé un mémoire et une bonne partie du mémoire a été utilisé par le rapport du Comité permanent qui traite de toute la question de la modernisation de la loi sur les langues officielles.

LeFranco : Qu’est-ce qui a motivé votre choix ?

Jean Johnson : Je constate qu’il y a un intérêt au niveau national de réexaminer encore une fois la question de la gouvernance de la Fédération. On a une richesse autour de la table. Alors je me demande s’il y a une opportunité d’unification et de développement d’une capacité solidaire et uniforme d’intervention au niveau parlementaire ? Ce que j’entends aussi des membres, c’est d’arrêter de tourner en rond. Ces dernières années on s’est beaucoup questionnés sur la direction.

LeFranco : En quoi votre expérience avec l’ACFA constitue-t-elle un atout ?

Jean Johnson : Pour moi, tout a commencé autour du travail qu’on a fait autour de la politique de services en français en Alberta. Elle nous a donné une idée de tout ce qui pourrait être fait au niveau du gouvernement fédéral pour venir en complément des efforts des ministères. Par exemple, quand on parle avec l’ACFA de la modernisation de la loi sur les langues officielles, ça a une incidence sur le reste du pays. Quand on parle au ministère de l’éducation en Alberta, on parle aussi de l’importance du recensement au niveau national. Tout a une incidence auprès des communautés francophones à l’extérieur du Québec. Si on est capable de réussir en Alberta, j’aimerais apporter un dialogue rassembleur au niveau national et voir où cela nous mène.

LeFranco : Selon vous, est-il important de connaître la situation des autres provinces et territoires pour devenir président de la FCFA ?

Jean Johnson : Jusqu’à un certain point. Si on regarde les présidences historiques de la FCFA, Georges A Arès, ancien directeur de l’ACFA provinciale, a été recruté à la présidence pendant 5 ans. Ce qui importe c’est de connaître les rouages politiques mais aussi de comprendre les défis auxquels font face les communautés. Avec l’expérience des dossiers communautaires, quand on arrive à la table nationale, on a plus d’impact. C’est important de connaître l’ensemble et les grands enjeux.

LeFranco : Si vous n’êtes pas élu, vous présenterez-vous aux élections de l’ACFA provinciale au mois d’octobre ?

Jean Johnson : Non, j’ai pris ma décision. Je demande un mandat à la Fédération des communautés francophones et Acadienne.

LeFranco : Enfin, que va-t-il advenir du Quartier francophone, si vous-êtes élu ?

Le conseil d’administration du Quartier m’appuie dans ma démarche au niveau national. Nous aurons une conversation la semaine qui suit les élections. Ils ne veulent pas que je parte, alors on peut se donner six mois et évaluer, mais je ne pourrai pas rester à temps plein. Je leur donnerai un coup de main afin de faciliter le processus de transition pour aller chercher une nouvelle personne. Je ne vais pas les abandonner !


Les élections de la FCFA auront lieu le samedi 10 juin à Ottawa lors de la 42e assemblée générale annuelle de l’organisme.

 

« Si on est capable de réussir en Alberta, j’aimerais apporter un dialogue rassembleur au niveau national et voir où cela nous amène ».

Suite à la rencontre entre Jean Johnson, président de l’ACFA, avec la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, ainsi qu’avec plusieurs sénateurs, un comité sénatorial a entrepris une vaste étude qui évaluera le besoin potentiel de modernisation de la Loi sur les langues officielles.

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