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Eurodéputés pour une semaine

             Pour sa 17e édition, la Simulation du Parlement européen Canada-Québec-Europe (Specque) investit l’Ouest canadien. Une première. Avec quelque 120 francophones du monde entier réunis à Edmonton du 3 au 10 aout. Mais que sont-ils vraiment venus chercher ?

Ceux qui n’ont jamais entendu parler de la Specque peuvent hausser les sourcils. Oui, il s’agit bien de reconstituer un Parlement européen… à Edmonton. L’année dernière, c’était à Rome. Celle d’avant, à Montréal. Répartis en divers groupes politiques, les 120 Specquois débattent de grands sujets européens tels que le pétrole, la défense, la bioéthique ou l’intégration des Roms. Le tout en français. Bien que ludique, l’exercice requiert un énorme travail de fond en amont et de réels talents oratoires, dans le respect du protocole parlementaire. Les lois votées ne seront certes pas appliquées, mais l’argumentation déployée nourrira la réflexion de chacun des apprentis eurodéputés...


« L’Europe, c’est très intrigant »
La Specque, c’est donc un moyen pour les jeunes francophones de développer leur éloquence et de se frotter aux institutions européennes. « L’Europe, c’est très intrigant, confie Catheryne Belanger, étudiante québécoise de 22 ans. Le meilleur moyen de la comprendre, c’est de la vivre ! » Parmi les Specquois, beaucoup s’intéressent au droit international et aux sciences politiques. Ce parlement fictif leur offre donc un joli terrain d’entrainement pour affuter leurs compétences.
 


 

« On est immergé toute la semaine et le soir, on continue à parler des textes [de lois] dans une atmosphère de politique de couloir », explique Natacha Guegherouni, une Française de 24 ans qui en est déjà à sa troisième participation. La politique européenne, c’est du sérieux. Mais naturellement, débattre crée une certaine émulation entre les participants…

 

 

« C’est comme si on venait de se quitter »
Car une simulation parlementaire, c’est aussi (et surtout ?) un rassemblement de jeunes francophones curieux et avides de rencontres. Natacha vient d’ailleurs de retrouver une camarade specquoise, Elena Ader (photo ci-dessus) : « Cela a fait un an qu’on ne s’était pas vues ! », sourit-elle. « On est séparés par la distance, mais dès qu’on se revoit, c’est comme si on venait de se quitter », ajoute Colin Champagne, un Franco-Albertain de 20 ans (photo ci-dessous). Colin est un des artisans de la venue de la Specque à Edmonton, qu’il voit comme un moyen de « faire connaitre la culture franco-albertaine » et, plus largement, celle des francophones de l’Ouest canadien.

 

 

Une culture spécifique et méconnue d’après Samuel Gagnon, vice-président exécutif et responsable de la logistique de l’évènement (ainsi que président de Francophonie jeunesse Alberta). Pour lui, les Franco-Albertains sont unis par un vrai « sentiment de communauté ». La Cité francophone d’Edmonton est une belle illustration : « Ici, tout le monde se connait », s’enthousiasme le jeune homme. Une atmosphère détendue et familiale que l’on retrouvait lundi, lors de la soirée d’ouverture de la Specque 2014, rue Marie-Anne Gaboury…

 

 
 
Pour en savoir plus sur le déroulement et les coulisses de la Specque d'Edmonton au jour le jour, ne ratez pas les savoureux éditos de Kéven Breton.
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