Les jeunes mènent le débat

Les murs de l’école Maurice-Lavallée, à Edmonton, ont vibré cette fin de semaine passée, secoués par les débats passionnés de vingt-quatre élèves francophones. Les jeunes ont débattu dans le cadre du Sommet des débats Canada 150 organisé par l’Association des juristes d’expression française de l’Alberta (AJEFA). Une occasion unique pour la relève de pratiquer l’art oratoire tout en s’informant sur des carrières potentielles en justice.

Ce sont douze équipes de l’Alberta et de la Saskatchewan qui se sont affrontées lors du Sommet des débats vendredi et samedi derniers. « Tout s’est très bien passé, nous sommes ravis de l’enthousiasme que les jeunes ont manifesté », commente Denise Lavallée, directrice générale de l’AJEFA.

Guillaume Laroche lun des fondateurs du Sommet des debats entoure des deux gagnants du prix des meilleurs orateurs Cole Oien et Roubert DilidiliLe temps du débat

L’initiative avait été lancée en 2006 par des étudiants du Campus Saint-Jean, sous le nom de Sommet des débats Claudette Tardif, du fait de l’appui de la sénatrice au projet, alors doyenne du Campus. Elle était d’ailleurs présente à l’école Maurice-Lavallée pour encourager les jeunes.

Le Sommet n’avait pas eu lieu pendant cinq ans, avant d’être repris par l’AJEFA grâce à la disponibilité de subventions dans le cadre du Canada 150. « Un de nos mandats est de faire la promotion de carrières en justice et de faire connaître le système juridique aux Canadiens, ce qui inclut les jeunes », explique la directrice de l’AJEFA.

Les débats étaient organisés en rondes de 30 à 40 minutes, opposant des équipes de deux élèves. Les thèmes abordés étaient variés. Certains étaient donnés à l’avance, d’autres sur place. Internet est-il un facteur d’intégration sociale ? Les frais de scolarité devraient-ils être égalisés ou non ? Le gouvernement devrait-il financer les grandes équipes sportives ? Le Canada devrait-il se retirer de l’ALENA ? Voilà un aperçu des sujets que les jeunes ont dû traiter avec éloquence.

Un exercice formateur

« Le Sommet donne la chance aux jeunes de développer des capacités en analyse, en raisonnement, et en expression orale », résume Denise Lavallée. Ainsi, ce qui compte dans cet exercice, « c’est la façon de présenter ses arguments, de se former à l’art rhétorique ».

La présidente de l’AJEFA, Bianca Kratt, estime de son côté que l’expérience constitue un atout pour ces jeunes : « En tant qu’avocate, je sais qu’il est toujours important de saisir les enjeux des divers dossiers qui nous touchent et de les analyser sous différents angles. L’AJEFA veut offrir aux jeunes l’occasion de débattre en faveur ou contre des sujets d’actualité qui façonneront leur avenir ».

Notons la victoire de l’équipe de Western Canada High School à Calgary. Il faut aussi saluer la prestation des élèves de l’école Alexandre-Taché à St-Albert, qui ont terminé en demi-finale, et celle des jeunes des écoles Maurice-Lavallée et Michaëlle-Jean à Edmonton.

Une entrée en matière dans le monde de la justice

L’événement est aussi l’occasion de sensibiliser les jeunes aux formations juridiques. Un panel constitué par l’avocat Gabriel Joshee-Arnal, la greffière Anita Saint-Georges et le juge Vital Ouellette, a offert aux jeunes un aperçu du milieu juridique. Le Campus Saint-Jean est aussi venu parler de ses formations en droit, et notamment de son partenariat signé il y a peu avec l’Université de Moncton.

« C’est l’occasion d’éduquer un jeune public », exprime Mme Lavallée. Les panélistes ont aussi évoqué la politique de services en français ainsi que la récente nomination de Mary Moreau, première femme francophone à être désignée juge en chef à la Cour du Banc de la Reine de l'Alberta. « Le message est de dire qu’il y a une ouverture et du besoin de professionnels bilingues dans l’appareil juridique », relève la directrice.

Le Sommet des débats a été soutenu par divers bailleurs de fonds, dont Edmonton Community Foundation, les Fondations communautaires du Canada, le  gouvernement de l’Alberta et la Ville d’Edmonton, ainsi que par ses commanditaires, à savoir le Campus Saint-Jean, le Club Marie-Anne-Gaboury, le Club Jean-Patoine et Francophonie jeunesse de l’Alberta (FJA).

Si les jeunes ont trouvé l’expérience stimulante, il n’est pas certain que le Sommet soit reconduit l’an prochain. « Nous sommes en train d’en discuter, il nous faut trouver les ressources nécessaires », évoque la directrice de l’AJEFA.

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