Tournée canadienne des Fliptubeurs : On forme la relève YouTube

Les jeunes préfèrent nettement YouTube à la télévision, mais ne produisent pas de contenu. Voilà le constat qu’ont fait Alex Normand et Marie-Josée Lalande lors de leur tournée Fliptubeurs qui les a menés dans 14 écoles de 6 provinces canadiennes.

Joly Former la releve YouTube  DSC1100

Il s’agirait d’une première formation du genre au Canada – dans chaque école participante, deux YouTubeurs ont passé deux jours avec une dizaine d’élèves de la 9e année, en consacrant un à la formation technique et l’autre à la production. Les animateurs, Alex Normand et Marie-Josée Lalande sont d’anciens employés de TFO, le promoteur du projet, et connaissent bien l’univers YouTube. L’année dernière, ils ont fait le tour du monde et ont créé une chaîne, Alex et MJ On the GO, pour qu’on puisse les suivre dans leur aventure. Et ils ont choisi de le faire en français.

« Le marché est tellement plus saturé [en anglais] qu’il y a plus de chance de percer ou de se faire voir plus rapidement si tu commences en français, indique Alex Normand. L’audience potentielle est moins élevée, mais on aime mieux être un gros poisson dans un petit lac qu’un petit poisson dans un gros lac. »

C’est ce qu’ils ont fait valoir aux quelque 140 élèves qu’ils ont formés. « Il y a très peu de YouTubeurs francophones à l’extérieur du Québec. Il y a de la place », disent les formateurs.

Les jeunes se sont prêtés au jeu, même si le français est parfois une langue secondaire, utilisée seulement en contexte scolaire. « Des fois, les élèves essayaient de dire quelque chose, mais ça ne sortait pas naturellement, en français. On leur demandait de le dire en anglais et ça devenait super naturel. »

Cette réalité linguistique, plus marquée dans l’Ouest qu’en Atlantique, a été une découverte pour les deux francophones de l’Est ontarien. Ils ont aussi été étonnés que la majorité des jeunes n’aient pas manié la caméra avant la formation. « Avec les SnapChat, Instagram, ils peuvent faire des live et manipuler une caméra et faire du contenu web », observe Marie-Josée Lalande, qui s’attendait à ce qu’ils aient déjà produit de la vidéo.

Au cours des deux jours de formation, les jeunes volontaires s’en sont donné à cœur joie et ont opté en grand nombre pour l’humour. « Les garçons ont fait des clips de sport et des trickshots, les filles ont fait des trucs de maquillage, ont-ils remarqué. Il y a aussi beaucoup de sketches. Un même revenait [d’une école à l’autre] : les styles de groupes à l’école. »

La formation a été porteuse. Non seulement la demande a été assez forte pour justifier une deuxième tournée, mais elle pourrait provoquer la naissance de chaînes YouTube, selon les animateurs. « Ils n’avaient que besoin de ce petit coup de pouce-là pour commencer », croient-ils.

S’agit-il, pour TFO, d’un moyen de nourrir une relève ? Les YouTubeurs, notamment ceux de l’émission Flip diffusée sur la chaîne franco-ontarienne, viennent en forte majorité du Québec. « On veut encourager les jeunes pour qu’éventuellement ils deviennent des collaborateurs officiels à Flip », avance le duo Lalande-Normand.

D’ici là, l’initiative prendra une nouvelle forme dans les semaines à venir. Dès le 10 avril, 16 des 70 capsules produites, choisies par un jury, seront diffusées à Flip et le public pourra choisir le gagnant, qui remportera de l’équipement de production. La finale se déroulera le 25 mai.

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