Les jeunes d’aujourd’hui, les décideurs de demain

Une centaine de jeunes de 18 à 30 ans, provenant de 34 pays francophones membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), ont pris part à la 4e École d’été de la Francophonie, du 19 au 24 juillet dernier. Quatre Canadiennes, dont la Franco-Albertaine Carole Ishimwe, étaient parmi ces jeunes rassemblés au Palais des congrès de Nouakchott, en Mauritanie.

Les jeunes, sélectionnés par l’OIF sur la base de leur domaine d’expertise respectif, ont pu discuter et débattre du thème Jeunesse, migrations internationales et développement dans l’espace francophone.

Il y avait quatre ateliers d’apprentissages et de discussions proposés : Coopération au développement des technologies de l’information et de la communication (TIC); création et gestion de micro-entreprises; droits fondamentaux des travailleurs migrants; et impact des migrations sur l’environnement.


Carole Ishimwe s’est joint à l’atelier Création et gestion de micro-entreprises, elle qui est employée stagiaire au Centre de développement économique de l’Alberta (CDÉA). « Je voulais apprendre et partager mes connaissances, explique-t-elle. L’expérience acquise pendant mes deux mois de stage au CDÉA m’a permis de bien comprendre l’atelier et, surtout, de partager mes connaissances de manière plus efficace. »

La jeune entrepreneure considère qu’elle a obtenu ce qu’elle attendait de la formation, et qu’elle compte désormais « ramener ce que j’ai appris au club de jeunes entrepreneurs du Campus Saint-Jean, dont je fais partie. »

Pour conclure la rencontre, les jeunes ont transmis à l’OIF une liste de recommandations. Il est entre autres sorti de l’atelier sur l’entrepreneuriat qu’il faudra élaborer des programmes pour intéresser très tôt les jeunes aux défis de l’entreprise.

« Il y a de moins en moins de jeunes qui se montrent intéressés à se partir en affaire, indique Carole Ishimwe, et les vieux vont prendre leur retraite. Il est donc important de les initier plus tôt pour assurer une relève dynamique. »   

Réseau de futurs décideurs
C’est dans un effort de l’OIF pour favoriser l’émergence d’un dispositif de réseautage des jeunes francophones que l’organisation tient ce rassemblement annuel, en partenariat avec la Conférence des ministres de la jeunesse et des sports de la Francophonie (CONFEJES) et cette année, avec le ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports de la République islamique de Mauritanie.

Le but premier est de créer un espace de discussion et d’échange culturel entre les pays francophones et de solidifier les liens entre les jeunes de ces différents pays afin de permettre l’échange d’expériences, de connaissances et de compéten-ces dans différents domaines.

Ainsi, ces jeunes experts d’aujourd’hui auront plus tard à leur disposition non seulement un bagage de connaissances, mais aussi un réseau solide de contacts dans la Francophonie. Quynh May, participante du Vietnam, considère que « les effets seront constatés à long terme parce que ces jeunes seront les dirigeants futurs et ce qu’ils apprennent et comprennent aujourd’hui dictera ce qu’ils feront demain »

Une francophonie unie par les racines
Selon la Québécoise Marianne Dubé, qui participait à l’atelier sur les TIC, le dialogue entre les francophones de pays aussi variés qu’éloignés était possible parce que ces contrées sont unies par leur passé de colonisation.

« Les anciennes colonies anglaises et françaises sont incomparables. Il n’y a qu’à mettre Hong Kong ou l’Australie en contraste avec le Vietnam, le Rwanda ou Madagascar pour le constater. Les premières sont fortes, organisées, unies. Les colonies françaises, sauf de rares exceptions, ont été éparpillées çà et là pour exploiter les ressources d’un pays avant d’être laissées à elles-mêmes. Pour être fortes, on n’a donc pas le choix, il faut nous unir », indique l’enseignante.

Changer le monde
« J’ai eu envie de participer parce qu’il s’agissait d’une rencontre de jeunes leaders de changements, confie le Rwandais David Masengesho. Ça a été le moment d’acquérir de nouvelles connaissances et des compétences, particulièrement pour moi sur le droit des migrants. »

David Masengesho est retourné chez lui avec l’envie de créer un centre d’informations et de conseil, un projet qui pourrait « créer un impact à long terme pour plusieurs personnes. »

De son côté, Marianne Dubé a, en collaboration avec Patient Ligodi de la République démocratique du Congo (RDC), l’intention d’élaborer une plateforme publique de formation à distance, un projet de longue haleine.

Elle a d’ailleurs mentionné à quel point l’École d’été aurait été plus accessible si elle avait été offerte sur une telle plateforme, à distance, bien que les liens interpersonnels se créent plus aisément de visu.

De Madagascar, Hasinihaja Tsiaro Barijaona Raharison s’est aussi sentie concernée par le thème. Son pays fait face au problème de la migration des cerveaux, alors que « la plupart des jeunes Malgaches qui étudient à l’étranger ne reviennent plus. En tant que jeune, je me sens responsable d’apporter un changement chez moi pour que les jeunes soient motivés à revenir à Madagascar une fois leurs études terminées. »

Cédrick Mulamba, de la RDC, se dit « satisfait de cette rencontre, qui m’a permis de voir notre responsabilité, en tant que jeunes, dans la construction d’une francophonie meilleure. Cela me pousse à continuer à mener des activités dans mon pays, malgré les obstacles, pour motiver d’autres jeunes à prendre leur destin en main. » 

Si les effets bénéfiques de ce genre de rencontre ne se mesurent souvent qu’à long terme, un grand projet lancé lors de la dernière école d’été, qui avait lieu en 2010 à Tunis, a déjà pris son envol.

Les jeunes de la cohorte 2010 ont en effet profité du rassemblement en Mauritanie pour faire le lancement du projet pilote de la Radio des jeunes francophones du monde (RJFM). Grâce à cette radio web, ils comptent communiquer sur leurs projets et sur les actions de la Francophonie en faveur de la jeunesse et de la promotion de la diversité culturelle et linguistique à travers le monde. RJFM diffuse depuis sur le site Portail jeunesse de l’OIF.
 

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