Historique

De la Survivance au Franco*

Un petit retour en arrière

De 1898 - date de la fondation du premier journal franco-albertain, L'Ouest canadien - à 1928, six journaux francophones ont vu le jour. Tous n'auront pas la même longévité et certains connaîtront le succès à l'extérieur des frontières de la province, comme par exemple, le journal L'Union fondé en 1917. Il était, « selon Le Devoir, l’un des dix meilleurs journaux indépendants du Canada français. »
Cependant, malgré sa réputation, des différents entre les dirigeants du journal L'Union et l'Association canadienne française de l'Alberta (fondée en 1926) finissent par engendrer la disparition de L'Union en 1929 et la fondation d'un nouveau journal La Survivance qui deviendra désormais l'organe officiel des Associations françaises d'Alberta et de Colombie.

La Survivance

Le nouveau journal voit le jour le 16 novembre 1928. Pendant de nombreuses années, les Oblats le financent et en gardent le contrôle jusque dans les années 70. Le dévouement des Oblats ne peut en aucun cas passer inaperçu puisqu'ils « ont joué un rôle de premier plan dans l'établissement et le soutien de la presse francophone en Alberta. Malgré les nombreuses crises financières et économiques, les Oblats ont toujours su pourvoir le journal soit en capital ou en main d'oeuvre qualifiée. » De plus, la plupart ne recevaient aucun salaire. Lorsqu'il manquait de personnel, le directeur devenait alors homme à tout faire, comme dans le cas du Père Paul-Émile Breton dans les années 40 qui s'occupait de la rédaction, de la composition, de la typographie et de la mise en pages. « Au temps du père Jean Patoine, le journal était tiré à quelques 4 000 exemplaires, ce qui démontre clairement l’appréciation et l’appui que les Franco-albertains lui apportaient ». Sans cela, la survie du journal aurait été grandement menacée et probablement de courte durée.
À ces débuts, le contenu du journal était d'un ton qualifié d'européen puisqu'il relatait des événements comme la montée du fascisme et la Deuxième guerre mondiale. Avec le temps, il se rapproche de la communauté lui conférant un ton plus représentatif de sa population.
Il est à noter que jusqu'en 1965, date de la création du journal Le Soleil de Colombie par M. André Piolat, La Survivance couvrait les Territoires du Nord-Ouest et la Colombie-Britannique. En 1962, il était même question de fusionner les trois journaux de l'Ouest qui appartenaient aux Oblats: La Survivance en Alberta, Le Patriote en Saskatchewan et La Liberté au Manitoba. Cette idée sera finalement abandonnée du fait de la distance qui aurait occasionnée des problèmes de distribution.
En 1967, c'est Monsieur Jean-Maurice Olivier, alors rédacteur en chef du journal, qui arrive à convaincre les Oblats de changer le nom en Franco-Albertain. En plus du nom, le format change et l'abonnement annuel passe de 2$ à 3.50$.

Le Franco

Après la mort du Père Patoine en 1972, M. Guy Lacombe prend la relève en 1973 et devient le directeur-rédacteur du journal. « C'est durant son terme que d'interminables négociations ont eu lieu afin de procéder à la vente du journal et de l'imprimerie. Les Oblats accepteront finalement de le faire et vendent Le Franco-Albertain à l'ACFA pour la modique somme de 1$ ».
Depuis 1976, le journal a été dirigé par plusieurs directeurs-rédacteurs notamment Gaétan Tremblay, Maxime Jean-Louis, Michel Paquette, Paul Denis, Yves Lavertu, par intérim, Pierre Brault, Jean Luc Thibaut, Pascale Bréniel, François Pageau Nathalie Kermoal et Eric Batalla.
Il est important de rappeler que même si l'ACFA est le propriétaire du journal, Le Franco est un journal indépendant sur les plans administratif et rédactionnel. Le Franco n'est donc plus l'organe officiel de l'ACFA comme il l'était au temps de La Survivance.

Les défis d'aujourd'hui

Les préoccupations d'hier sont un peu celles d'aujourd'hui mais vont aussi bien au-delà. Comme le disait si bien feu Guy Lacombe: « La mission du journal Le Franco demeure essentiellement la même que celle qu'il a toujours exercée, c'est-à-dire, informer, assurer la communication entre les Franco-Albertains de tous les coins de la province et exercer en même temps un certain leadership au niveau du contenu éditorial ».

À l'aube du XXIe siècle, la directrice de l'époque Nathalie Kermoal relevait certains défis reliés au Franco. « Nous sommes confrontés à de nouveaux défis: les dangers de la globalisation, les restrictions budgétaires, les médias électroniques, etc. Sous l'impulsion de M. Pierre Brault puis de M. François Pageau, Le Franco s'est grandement modernisé puisque tout se fait électroniquement sauf le montage final du journal qui doit encore se faire à la main. La première édition par ordinateur du journal Le Franco remonte au 28 juin 1991. Si l'informatique permet un travail plus efficace, elle met la barre des exigences toujours plus haute. Les multiples logiciels que l'on trouve sur le marché permettent de faire un travail de grande qualité mais exige aussi que l'on se tienne perpétuellement au courant. De plus, nous devons faire l'effort de garder notre page web active ce qui n'est pas toujours facile quand on manque de main d'oeuvre. »

Mme Kermoal avait vu juste. Certains défis demeurent toujours d’actualité aujourd'hui. Si, depuis le milieu des années 2000, la production du journal est entièrement faite électroniquement, Le Franco n'échappe pas à d'autres éléments. C'est certainement le côté budgétaire qui obtie

nt le haut du pavé. Équilibrer le budget d'une année à l'autre, tout en permettant de réaliser un journal qui répond aux besoins de la communauté franco-albertaine, représente un véritable casse-tête.
Le Franco n'a pas été épargné par la crise économique mondiale d'octobre 2008. Heureusement, depuis 2005, des partenariats solides ont été établis afin de diversifier les sources de revenus pour ne pas dépendre en grande partie de la publicité gouvernementale fédérale. On peut penser aux ententes avec les cinq conseils scolaires francophones de l'Alberta qui ont permis d'augmenter le nombre d'abonnements au journal. 
La venue des médias sociaux et le développement continuel du cyberespace ont aussi affecté le quotidien du Franco. Être présent sur toutes ces plateformes est devenu un incontournable. Si en milieu minoritaire, il est important que les médias arrivent à se compléter plutôt que d'être en compétition, cela l'est davantage au sein même du Franco, que ce soit dans sa forme traditionnelle, le papier, l'électronique, le Web ou encore les réseaux sociaux.


*Cet historique ne se veut en aucun cas une histoire définitive du journal mais il souligne les grandes lignes de son évolution.

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