Les francophones hors Québec seraient en train de mourir. Telle est l’idée colportée par Denise Bombardier sur le plateau de l’émission Tout le monde en parle le 21 octobre. Des propos qui ont fait sursauter aux quatre coins du pays, y compris au Québec, et qui sont symptomatiques du lien brisé entre deux francophonies canadiennes qui ne se parlent plus.

Francopresse 1024 Reactions Denise Illustration de Marc Keelan Bishop sur les propos controverses de Denise Bombardier

Près de trois mois après le lancement du Plan d’action pour les langues officielles, les médias locaux sont impatients de recevoir les fonds qui leur sont destinés. L’aide ne coulera toutefois pas avant 2019, poussant quelques radios et journaux au-delà de leur capacité de survivre. Le 18 juin, le comité permanent des langues officielles des Communes a mis tout son poids sur des mesures d’urgence.

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Le Plan d’action pour les langues officielles a été finalement dévoilé le 28 mars à Ottawa. Avec 2,7 milliards de dollars prévus pour 2018-2023, il constitue le plus gros investissement de l’histoire pour les langues officielles. La grande majorité des organismes communautaires francophones ont applaudi le Plan, et ont loué son approche du « par et pour ». Mais certains observateurs restent prudents, dans l’attente de détails sur sa mise en œuvre.

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L’année 2018 aura été une bonne année.  Elle aura marqué l’annonce par le ministre de la Culture et du Tourisme, l’Honorable Ricardo Miranda, du mois de mars, comme mois officiel de la francophonie en Alberta. Marc Arnal, président de l’ACFA, revient sur ce mois si particulier.

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Après les défilés, les spectacles, les consultations et conférences ainsi que les démarches de réconciliation et les excuses officielles, quel est l’état d’esprit des Canadiens à la fin de l’année du 150e anniversaire de la Confédération canadienne ? Pour certains observateurs, le triomphalisme est difficile : 2017 a débuté avec la tuerie de six musulmans dans une mosquée et encore des Autochtones, des femmes et des minorités sexuelles sont quotidiennement victimes de violence.

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Une chronique publiée dans la Gazette de Montréal le 6 décembre par Dan Delmar évoquait la « renaissance » que le français connaîtrait hors Québec, c’est-à-dire le « Canada anglais » pour son auteur. Anne Levesque, née à Falher en Alberta, et militant pour les droits linguistiques, a tenu à répondre par chronique interposée. Pour la francophone avocate établie à Ottawa depuis une dizaine d’années,  cette vision est erronée. Elle nous donne sa perspective.

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La question a été posée mercredi par la chroniqueuse Chantal Hébert du Toronto Star : si la Cour suprême n’était plus tenue au bilinguisme des juges et devait refléter la diversité canadienne, quel serait l’impact sur l’appareil fédéral ? Plusieurs acteurs ont été troublés par le scénario évoqué par le prochain commissaire aux langues officielles. Raymond Théberge a corrigé le tir jeudi, mais son propos continue à faire réfléchir.

« Quand l’égalité des votes a été annoncée, on a tous les deux été estomaqués, explique le nouveau président de la FCFA du Canada, Jean Johnson, on ne s’attendait pas à ça. ». Le 10 juin, il a fallu un deuxième tour de la présidentielle, qui a produit encore 9 voix contre 9, sauf pour un bulletin invalide pour la présidente sortante, Sylviane Lanthier. C’est dire la division au sein de l’organisme parapluie.

Le Colloque de l’ACFAS s’est ouvert de très belle façon le 7 avril dernier, avec  la présentation d’une conférence de l’ancien ministre libéral québécois, Benoît Pelleter. « Quelle est la place du Québec dans la francophonie canadienne? », a-t-il demandé aux convives réunis dans le Grand Salon de la Faculté Saint-Jean.  Pour lui, il s’agit d’un véritable défi de bien vivre ensemble dans une seule et même Francophonie.

Avocat de formation, Benoît Pelletier a commencé sa conférence en expliquant qu’au Canada, les droits linguistiques ne sont pas des droits individuels fondamentaux et que la Cour suprême choisi de les interpréter de façon uniforme, peu importe la communauté. « Par contre, au Québec, cette interprétation devrait être plus nuancée, car la langue de la majorité québécoise est la langue de la minorité canadienne », a-t-il partagé. Du même souffle, il a souhaité que la Cour suprême soit plus souple envers le fait français au Canada, afin de protéger la langue de Molière.

Au Québec, afin de freiner l’assimilation à la majorité anglophone, le gouvernement a mis sur pied la loi 101, honnie du reste du pays. « La Cour suprême a dit, dans différents jugements, qu’elle comprenait les objectifs poursuivis par la loi 101, qu’ils étaient même nobles, mais que les moyens utilisés par le Québec pour poursuivre ces mêmes objectifs étaient démesurés et disproportionnés », a fait savoir Benoît Pelletier.

Ringard, le français?
Quebec City 01Pour le professeur en droit de l’université d’Ottawa, le français est fragilisé au Canada, et même au Québec. Or, selon lui, la Belle province n’en fait pas assez pour protéger la langue française. « Les Québécois ont tort de considérer que la défense du français est ringarde. Nous sommes tous dans le même bateau, nous devons ramer dans la même direction et surtout éviter les confrontations », a-t-il insisté.

Selon lui, si tous les francophones du pays œuvraient collectivement pour la protection du français, le concept de dualité linguistique du Canada serait possible et  serait plus sensé. « Or, il n’est pas évident de dire aux Québécois, dont plusieurs estiment qu’il est inutile de maintenir des relations serrées avec le reste du pays, de revenir dans le giron de la Francophonie canadienne », s’est-il désolé. Il ajoute qu’un certain travail de sensibilisation auprès des Québécois devrait être effectué afin de raffermir ces relations, « ce qui n’enlève en rien au caractère national du Québec. Les Québécois forment une nation, la Chambre des communes l’a reconnu. »

Une seule Francophonie canadienne
Les Québécois peuvent-ils réellement réintégrer la grande famille de la Francophonie canadienne? « Politiquement, la tâche est difficile, car dans une perspective québécoise, il est plus simple de faire cavalier seul », répond le conférencier.  Or, à son avis, il n’y aucune raison qui explique que le Québec ne veuille pas s’inclure dans le concept de Francophonie canadienne, alors qu’il le fait pour la Francophonie internationale. « C’est complètement contradictoire. Quand on aime une langue, on veut qu’un maximum de gens la parlent! »

C’est d’ailleurs un des moyens privilégiés par Benoît Pelletier pour assurer l’avenir de la langue française au Canada. « La Francophonie canadienne doit devenir une grande société d’accueil. Nous devons travailler ensemble, avec le Québec. C’est ensemble que nous sommes, et c’est ensemble que nous serons », a-t-il conclu.

 

Drapeaux francos.jpgL’ombudsman d’ICI Radio-Canada, Pierre Tourangeau, soutient que les questions posées lors du débat des chefs en français, diffusé à l’antenne d’ICI Radio-Canada, concernaient l’ensemble des Canadiens. C’est ce qu’il conclut dans un récent rapport publié sur son site Internet. Une réponse qui a suscité de nombreuses réactions déjà au sein de la communauté francophone.

« J'ai trouvé sa réponse arrogante et condescendante. [Pierre Tourangeau] donne l'impression que les francophones hors Québec ne sont qu'une nuisance pour son institution. Ses arguments sont fallacieux et sans fondement. Je n'ai pas apprécié du tout », a indiqué le doctorant en science politique spécialisé en minorités linguistiques à l’Université de Montréal, Martin Normand.

Dans sa révision de la plainte de Line Branchaud, Pierre Tourangeau avoue que la question sur les droits linguistiques des francophones hors Québec n’a pas été abordée durant le débat. Il ajoute toutefois qu’elle n’a pas été soulevée non plus dans les médias en milieu minoritaire durant la campagne électorale.

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