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Tristesse et consternation. Voilà comment décrire les émotions des Franco-Albertains suivant l’horrible attaque terroriste qui a secoué la ville de Nice, en plein 14 juillet, jour de la Fête nationale.

Francois-Xavier Jeunet ne s’en cache pas, il est dans un bad mood. « Je suis sous le choc. Même si  je suis distant géographiquement, je me sens proche des gens qui vivent ce drame », partage-t-il. Le Canadien d’adoption dit avoir vécu une tragédie similaire lors de l’attaque terroriste du Bataclan. « Je suis Parisien d’origine, j’ai connu une des victimes », dit le Français qui vit aujourd’hui à Calgary.

Pour lui, c’est l’addition de ces drames qui cause le désarroi. « L’histoire se répète. Sauf que cette fois-ci, cet individu s’est attaqué à des familles, donc on se sent proche de cette situation. On aurait pu être à leur place », explique-t-il.

De la part des Canadiens, Francois-Xavier Jeunet sent de la compassion. Il rappelle qu’après l’attaque de Nice, Justin Trudeau a fait part des liens spéciaux qui unissent la France et le Canada. « Mes collègues ont eu la gentillesse de venir me voir. La France est particulièrement touchée, mais il y a des évènements similaires en Turquie, en Iraq », décrit-il.

La France en guerre?
Beaucoup de Français jugent que l’unité nationale française en prend pour son rhume suite à cet attentat. « En France, Manuel Valls, le premier ministre, s’est rendu à une cérémonie à Nice, où il y a avait plus de 40 000 personnes, et il s’est fait carrément huer. Ça représente la colère des gens, on en a tous un peu marre. J’ai 30 ans aujourd’hui et je n’ai jamais vécu ça en si peu de temps », s’invective François-Xavier Jeunet.

Pour lui, quelque chose a changé dans le ton offert par la classe dirigeante. « Le président a dit qu’il allait faire appel à la Réserve opérationnelle. Pour moi, ça envoie un signal fort que nous sommes en guerre. Les combats ont lieu hors des frontières françaises, mais ça devient grave. On en arrive à ce point-là », se désole-t-il.

Nul besoin de chercher longtemps pour trouver des Français vivant en Alberta. Le Franco en compte d’ailleurs trois parmi ses rangs, dont Joris Desmares-Decaux et Amandine Corue. Ils ont accepté de témoigner. « Le scénario se répète. La tristesse est là. On est tous choqués. On essaye de rester solidaires avec nos compatriotes et d’un autre côté, on a peur pour nos familles, car ces attaques sont imprévisibles », dit Joris Desmares-Decaux.  

Il estime ressentir un élan de solidarité de la part des Canadiens. « Quand on repense à ces attentats, les Canadiens et les Franco-Albertains sont derrière nous, ça se ressent. C’est beau à voir. On sent qu’il y a plus que de la générosité, il y a de l’entraide », juge-t-il.

Cela dit, pour Amandine Corue, il y a en France un climat ressemblant à un brasier qui ne demande qu’à s’enflammer. « On est inquiets, car ça ne va pas en s’arrangeant. Il y a un effet boule de neige. C’est difficile d’être optimiste », partage-t-elle. La Française estime ne plus se sentir en sécurité. « J’espère que ça va s’arrêter. Quand on pense à ces personnes innocentes qui n’ont rien demandé et qui ont été fauchées. C’est triste », raconte-t-elle.

Vigie à Calgary
Spontanément, la communauté française de Calgary s’est rassemblée, vendredi le 15 juillet, pour rendre hommage aux victimes. « Nous avons voulu montrer notre support à la France et nous retrouver entre Français. Nous ne voulons pas que ces actes deviennent normaux. Ça ne doit pas passer inaperçu », illustre Marianne Presumey, présidente de l’Association des Français à Calgary.

Une vingtaine de personnes se sont donc retrouvées sur le Peace Bridge. « Il y avait des Français, mais aussi un couple d’Allemands. Beaucoup de gens se sont arrêtés et ont échangé quelques mots et présenté leurs condoléances. Ce n’est pas le nombre de gens qui compte, c’est ce qu’on en a retiré. Nous avons partagé notre colère, notre  tristesse, notre désespoir », termine-t-elle.

 

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