Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a confirmé le 18 avril avoir trouvé une solution pour les évaluations linguistiques, notamment pour les demandes en français de résidence permanente. Cet enjeu avait marqué la 12e Journée de réflexion sur l’immigration francophone de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, le 21 mars. Une nouvelle approche serait mise en œuvre dès l’automne prochain.

Francopresse 0418 Immigration FCFA Imm2

Le Plan d’action sur les langues officielles, lancé le 28 mars dernier, a annoncé de nombreuses mesures notamment dans le domaine de l’immigration francophone. Des initiatives ont été mentionnées à hauteur de 40,75 millions de dollars, échelonnés sur cinq ans. En Alberta, à quoi peut-on s’attendre en matière de coordination sur l’immigration entre le gouvernement provincial et le gouvernement d’Ottawa ? Les résultats se feront-ils attendre ?

Marjorie Lezin-Laurent, ancienne employée du Café Bicyclette à la Cité francophone d’Edmonton, témoigne de son parcours semé d’embûches pour devenir résidente permanente au Canada. Un périple emblématique de milliers d’autres chaque année.

Canada

Samedi 14 mars, 25 représentants de la communauté francophone ont participé à une longue session de travail à La Cité francophone, dans le cadre du Regroupement en immigration francophone de l’Alberta (RIFA). Il s’agissait notamment de réfléchir à des moyens d’accroître le nombre d’immigrants francophones via la nouvelle plateforme Entrée express.

« Dans la communauté francophone, ça va prendre plusieurs personnes qui sont des experts d’Entrée express », estime Matthieu Brennan, consultant sur les questions d’immigration et animateur de la session de travail du Regroupement en immigration francophone de l’Alberta (RIFA), samedi 14 mars à La Cité francophone.

Mise en place le 1er janvier 2015, la plateforme internet Entrée express est censée favoriser l’immigration économique en mettant en relation employeurs et futurs employés. « Le système est organisé pour répondre aux besoins des employeurs », explique M. Brennan. Or ceux-ci peinent à trouver de la main-d’œuvre qualifiée en Alberta. C’est pourquoi, en 2012, ils ont  fait appel à 84 465 travailleurs temporaires venus de l’étranger. Parmi eux, peu de francophones. Il y a donc des opportunités à saisir.

« Celui qui cherche un mécanicien depuis 8 mois sans en trouver, tu n’as pas besoin de le convaincre de l’importance de la francophonie et du multiculturalisme ! », résume l’expert-conseil en immigration. C’est donc aux organismes francophones de mettre en relation les entreprises et les francophones souhaitant immigrer au Canada.

Une stratégie qu’a déjà comprise Michelle Margarit, directrice de l’ACFA (Association canadienne-française de l’Alberta) régionale de Grande Prairie. « Ça fait deux ans qu’on travaille à faire venir des employés qualifiés », explique-t-elle. Son secret ? Une collaboration avec un recruteur ainsi que des relations étroites avec la chambre de commerce et les petites entreprises locales : « Je travaille avec des garages, des fermiers, des soudeurs… » Un modèle qui fonctionne et qu’il serait possible, selon Matthieu Brennan, d’étendre à toute l’Alberta, voire à tout le Canada.

Lancée le 1er janvier 2015, la plateforme Entrée express avait pour objectif d’encourager l’immigration économique. Le problème, c’est que l’exception francophone n’apparaissait nulle part. Pour tenter de corriger le tir, Citoyenneté et immigration Canada (CIC) a lancé une consultation nationale, avec une étape à Edmonton le 19 février.

« J’ai apprécié qu’ils fassent leur tournée de consultation. J’aurais juste aimé qu’elle ait lieu avant parce qu’on aurait pu faire des modifications pour les francophones hors Québec », regrette Suzanne Corneau, directrice générale d’Accès-Emploi. Un avis largement partagé parmi les représentants des organismes invités à La Cité francophone pour donner leur avis Entrée express, une plateforme censée faciliter la venue d’immigrés économiques.

Depuis la suppression fin septembre l’Avantage significatif francophone, un programme conçu pour simplifier le processus d’embauche de travailleurs qualifiés d’expression française, l’immigration des francophones dans des provinces où ils seront minoritaires s’avère plus compliquée. « Pour nous et pour les employeurs que le CDÉA dessert, l’Avantage significatif francophone était un gros plus. Il se trouve qu’on n’a plus cette facilité pour aider les employeurs », déplore Francis Essebou, responsable des communications au Conseil de développement économique de l’Alberta. Entrée express ne tient nullement compte de l’exception francophone alors que, paradoxalement, le gouvernement affirme vouloir « attirer plus de francophones à l’extérieur du Québec, et ainsi contribuer à assurer la vitalité, le développement et la prospérité des communautés francophones en situation minoritaire au Canada. »


Citoyenneté et immigration Canada (CIC) a lancé le système Entrée express pour le recrutement d’immigrants économiques le 1er janvier. Cette procédure de sélection des candidats omet d’adresser les besoins spéciaux des communautés francophones.

« Entrée express, c’est pas la panacée comme on nous l’a dit parce qu’il n’y a rien dans ce système-là qui fait la promotion des communautés », maintient la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Marie-France Kenny. En effet, Entrée express n’est pas un nouveau programme ayant le potentiel de venir pallier à l’abolition du programme Avantage significatif francophone en septembre dernier. Il s’agit plutôt d’une procédure plus efficace pour le gouvernement fédéral de gérer la réception des demandes d’immigration en ligne. Il aurait l’atout d’accélérer le processus d’obtention de la résidence permanente – pour les plus méritants (selon le système de points de CIC).

Aller au haut