Le fédéral sommé de soutenir l’alphabétisme

Depuis le 31 octobre, le Réseau pour l’alphabétisme et le développement des compétences (RESDAC), porte-parole en matière d’alphabétisation en français, n’a plus d’employés ni de locaux. Privé de financement depuis 2014 par Emploi et Développement social Canada, l’organisme national essaie d’obtenir gain de cause auprès du nouveau gouvernement libéral.

Une conférence du RESDAC s’est tenue à Ottawa le 7 novembre dernier en présence de la FCFA, la Fédération des communautés francophones et acadienne, afin de tirer la sonnette d’alarme. Le but était d’informer sur la situation critique du Réseau et d’une décision favorable du Commissariat des langues officiels auquel avait fait appel l’organisme en 2015.

Alain Dupuis fait une allocution a la conference du RESDAC le 7 novembre a OttawaLe fédéral a abandonné l’alphabétisme

Donald Desroches, président du RESDAC, revient sur la décision du gouvernement Harper : « Le gouvernement en 2012-2013 avait annoncé à l’ensemble des groupes financés par Emploi et Développement social Canada qui travaillent dans le domaine de l’alphabétisme que les financement de base allaient être coupés. Nous avons ainsi cessé de recevoir des subventions à partir du 1er avril 2014 ».

Depuis, l’organisme a puisé dans ses réserves, accumulées depuis ses débuts dans les années 1990. Aujourd’hui, les caisses sont vides. Il n’y a plus d’employés ni de bureaux, et une décision devra être prise quant à la fermeture définitive du RESDAC.

Cette décision est intervenue dans un contexte où « l’ancien gouvernement portait un jugement sur le secteur de bienfaisance, questionnait les mandats des organismes et leur efficacité, et pas seulement francophones », explique M. Desroches. L’alphabétisme était concerné et « le RESDAC a été englobé là-dedans ».

Un travail en cours pour changer la donne

Depuis 2015, le Réseau a multiplié les rencontres avec les politiques, encouragés par le changement de gouvernement. Suite à une plainte déposée auprès du Commissariat des langues officielles, l’organisme a obtenu gain de cause il y a trois semaines. Le Commissaire a ainsi établi des recommandations à l’égard du gouvernement.

Néanmoins, la seule réponse du ministère pour le moment a été d’annoncer une consultation avec des acteurs de la communauté, en prévision du Plan d’action pour les langues officielles de 2018-2023. « C’est plutôt inquiétant de voir que le ministère Emploi et Développement social Canada soit encore obligé de consulter pour comprendre les besoins de la communauté », exprime le président du RESDAC.

Des besoins insatisfaits

Le mandat du RESDAC est d’appuyer les apprenants par le biais de ses membres, des associations prestataires de services. Les bénéficiaires sont des apprenants peu alphabétisés, pour un bon nombre composés de nouveaux arrivants, mais aussi de gens qui n’ont pas terminé leur 12e année.

« L’enjeu est plus large que le RESDAC », relève M. Desroches.  « En tant qu’organisme porte-parole de tout un secteur, sans ces financements de base, on ne peut plus aller sur le terrain pour épauler les associations ». Une situation qui explique notamment l’absence de tout service en la matière en Alberta. 

Le RESDAC et la FCFA demandent ainsi une intervention rapide du gouvernement. Alain Dupuis, directeur général de la FCFA, reste optimiste : « On sent une volonté et une ouverture du gouvernement d’agir dans ce dossier, de réparer les torts causés par ces décisions passées. Il a l'occasion de montrer l'importance qu'il accorde à la fois à la classe moyenne et à la dualité linguistique de notre pays ».

Si le travail se poursuit auprès du gouvernement, une décision devrait être connue au cours de l’hiver.

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