La soumission des candidatures afin d’élire les 12 prochains membres du Conseil d’administration (CA) de l’ACFA  provinciale, ainsi qu’une nouvelle présidence, s’achève le 25 août. Cette année, le taux de participation à ces élections n’est pas très élevé. Comment expliquer un manque d’intérêt pour désigner les représentants majeurs de la communauté francophone de demain ? Le Franco a parlé aux membres de la communauté.

« C’est l’usure du bénévolat, ce sont toujours les mêmes qui font la même chose », explique Alain Bertrand, consultant en capacité organisationnelle.

Selon lui, une bonne partie de l’enjeu réside aussi dans l’inexistence d’un renouveau. « Les jeunes semblent se désintéresser », poursuit-il. « Ils sont organisés à leur façon. On demanderait à un jeune de FJA de siéger à l’ACFA provinciale, il répondrait probablement non, car ils considèrent le FJA comme un organisme suffisamment solide », argumente-t-il.

 

Comment impliquer nos jeunes ? Comment retenir nos employés ? Voici les mêmes questions qui reviennent en boucle concernant le besoin de relève. Des questions que se pose également Mme Christine Aubin.

 

Native d’Edmonton, Mme Aubin vit à Rivière-la-Paix depuis 17 ans. Mère de 4 enfants, elle est professeure suppléante à temps plein et est membre du conseil de l’école et de la Société des amis. Elle siège actuellement sur le CA de la Fondation franco-albertaine et a siégé sur le CA de l’ACFA de Rivière-la-Paix. Mme Aubin n’est pas avare de son temps et donne beaucoup à sa communauté.  

 

Forte de son expérience, elle remarque qu’en 2017 les personnes sont beaucoup sollicitées pour divers comités. « Ce n’est pas comme il y a 50 ans, où il y avait juste l’ACFA pour la Francophonie. Les écoles ont besoin d’aide. On est sollicités pour tout », s’exclame-t-elle. En 2017, la réalité sociale et démographique des communautés francophones a bien changé. À présent, l’ACFA régionale de Rivière-la-Paix se retrouve sans Conseil d’administration.  

 

Le problème de la relève n’est pas un phénomène qui touche seulement cette région. Selon Alain Bertrand, il touche aussi plusieurs régionales. « Il est peut-être temps de changer le système et de revoir comment travailler au niveau communautaire », souligne-t-il.

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Les besoins d’une communauté

Est-ce que la vision de l’ACFA en 2017 correspond à la réalité démographique, mais aussi sociale de la communauté francophone ? « On fait des forums communautaires, on passe des sondages, ça permet de parler, on pose des questions, mais on ne trouve jamais de réponse concrète », s’exprime Christine Aubin.

 

Selon Mme Aubin, l’ACFA provinciale devrait prendre une nouvelle direction, tout comme les régionales. « Quelle est sa vision pour la communauté ? Et qui sont ses membres dans une communauté rurale où les fermes sont moins grandes ? », interroge-t-elle.

 

Le rôle de l’ACFA provinciale, un problème systémique ?

Au moment d’imprimer le journal, un total de 8 candidatures pour les 12 postes d’administrateurs se sont fait connaître. Si tous les postes ne sont pas encore comblés, Alexandre V Bossé a postulé en fin d'après-midi pour le poste de présidence. La clôture des soumissions est dans 3 jours.

 

Albert Nolette, président par intérim de l’ACFA provinciale a préféré attendre la fin du processus pour commenter le nombre de participants. L’ACFA, de son côté, a précisé que les années passées des situations semblables concernant le processus de sélection étaient déjà survenues.

 

Selon Geneviève Labrie, propriétaire de l’entreprise comptable Labrie Bookkeeping, membre sur les CA de la Coalition des femmes, de la FRAP et de la Radio communautaire du grand Edmonton, le manque d’intérêt n’est pas quelque chose de nouveau.

 

Pour cette Franco-Albertaine de souche, le problème serait de nature systémique. « Les élections pour l’ACFA provinciale, ce sont toujours les mêmes qui y vont », note-t-elle. « Il devrait y avoir des femmes, des jeunes, des aînés, des gens d’affaire, toute une variété de gens. Et cela devrait commencer un an avant, afin d’aller chercher cette variété de personnes », déclare-t-elle.

 

Les solutions

Alors, quelles sont les solutions ? Faire partie d’une communauté est un exercice qui s’apprend. Pour elle, la préparation tant d’une élection à l’échelle provinciale que celle du passage de flambeau aux leaders de demain, passe par la mise en place d’un système de mentorat. « Pendant un an, une personne viendrait sur les CA pour se préparer à la présidence », suggère t-elle.

 

Car le risque serait d’arriver à un point où personne ne sera plus intéressé pour s’impliquer. Dans quelques jours, il sera temps de faire le bilan sur le nombre définitif de candidatures, sur l’investissement de ses membres et sur ce qu’il signifie.

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