Suzanne Corneau: 30 ans d’implication dans la communauté franco-albertaine

Suzanne Corneau a été la directrice d’Accès Emploi, basé au sein de la Cité francophone à Edmonton, de 2002 à 2017. En 15 ans, celle qui est partie à la retraite le 31 mars dernier a pu observer l’évolution du marché de l’emploi. Elle aura aussi été spectatrice de la croissance de la communauté franco-albertaine depuis son arrivée dans la province dans la fin des années 1980. Suzanne Corneau revient sur son parcours, ainsi que sur les avancées et transformations dont elle a pu être la témoin privilégiée.

suzanne2011

LeFranco: Quand êtes-vous arrivée en Alberta pour la première fois ?

Suzanne Corneau: Je suis arrivée en 1987. Je viens de la région de Montmagny près de la ville de Québec.

LF : Quel a été votre parcours professionnel avant de vous impliquer en Alberta ?

SC : Après des études en comptabilité, j’ai travaillé dans une caisse populaire au Québec avant de déménager en Ontario, à Cochrane, où j’ai tenu un commerce de chaussures pendant 6 ans. C’était une expérience très formatrice qui m’a beaucoup appris, notamment dans la relation avec la clientèle et les vendeurs, ainsi que dans la gestion d’une entreprise.

LF : Quand votre aventure avec Accès Emploi a-t-elle commencée ?

SC : En fait, j’ai commencé à travailler en 1988 à la Société éducative de l’Alberta, qui n’existe plus aujourd’hui, et qui avait pour projet de former les gens à retourner sur le marché du travail. L’un de leurs projets était Accès Emploi, qui a vu le jour en 2002 suite à un financement du gouvernement provincial.

LF : À quel poste avez-vous débutée ?

SC : J’ai d’abord été chargée de comptabilité pendant 3 ans dans un programme de formation d’agents de développement communautaire. Puis, en 1991, je suis devenue directrice de projet pour un programme de formation en techniques administratives informatiques qui était subventionné par le gouvernement fédéral. L’un de mes projets était Accès Emploi et c’est de cette façon que j’en suis devenue la directrice en 2002.

LF : Parlez-nous de l’évolution d’Accès Emploi au cours de ces 15 dernières années.

SC : Au départ il y avait seulement quatre employés. Aujourd’hui, l’organisme en compte une vingtaine. Le nombre de clients n’a fait qu’augmenter, nous avons eu beaucoup de contrats pour répondre à la demande de services. Au début, l’économie était excellente en Alberta et les gens arrivaient de l’Est, du Québec et du Nouveau-Brunswick. Puis la communauté migrante a été plus importante. Elle constituait seulement 15% de notre clientèle au départ contre 75% aujourd’hui. Beaucoup de gens cherchaient un emploi dans les domaines du pétrole et de la construction. Les centres d’appel étaient également très populaires auparavant. La construction reste encore un secteur très important et le pétrole reprend avec l’économie qui s’améliore.

LF : Quels projets notables avez-vous mis en place lorsque vous dirigiez Accès Emploi ?

SC : Il y a 5 ans, nous avons monté le projet Études@emploi qui permet à des étudiants du post-secondaire d’être placés dans un emploi de leur domaine d’études. Chaque année nous plaçons entre 12 et 14 étudiants. Nous avons aussi mis en place un nouveau programme de commis de bureau bilingue qui aide les gens à recevoir une formation plus spécifique pour travailler dans un bureau. En 2009, nous avons aussi ouvert un bureau à Bonnyville qui dessert toute la région nord-est. Puis il y a les forums emploi, auxquels entre 25 et 30 employeurs assistent chaque fois. La dernière foire en avril a réuni plus de 750 demandeurs d’emploi.

LF : Comment avez-vous vu évoluer la communauté francophone depuis 30 ans ?

SC : Quand je suis arrivée en Alberta, il y avait peut-être 7 ou 8 associations francophones. Les organismes et les services étaient peu nombreux et éparpillés. La francophonie a beaucoup grandi depuis et les services ont beaucoup évolué. On compte aujourd’hui une centaine d’associations francophones à travers la province. Il y a beaucoup plus de services pour les immigrants. Si la communauté est aussi vibrante, c’est d’ailleurs aussi grâce à eux.

LF : Comment avez-vous reçu la nouvelle politique en matière de francophonie ?

SC : Je suis très contente. C’est un travail de longue haleine qui a été entrepris par l’ACFA pour obtenir cette politique. Nous avons désormais une plus grande reconnaissance du gouvernement.

LF : Allez-vous rester impliquée dans la francophonie maintenant que vous êtes à la retraite ?

SC : Oui, bien sûr. Je vais continuer à faire du bénévolat, notamment aux conseils d’administration d’Accès Emploi, du Comité francophone de Service Credit Union et de la Fondation franco-albertaine.

LF : Au regard de votre carrière, de quoi êtes-vous la plus fière ?

SC : Je suis fière de toute l’évolution d’Accès Emploi et de toutes les bonnes relations que nous avons établies avec nos partenaires. Je n’aurais jamais pensé travailler 30 ans dans la communauté francophone ! Il faut continuer à travailler pour accroître nos droits et faire évoluer la communauté en établissant d’autres services.

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Édition de la semaine

Abonnez-vous à la version électronique ici.

Abonnez-vous à la version papier ici.

L'annuaire francophone 2017

Aller au haut