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Les 20 ans du grand ralliement de S.O.S. Montfort célébrés

Près de 4000 personnes se sont réunies le 22 mars afin de célébrer le 20e anniversaire du grand ralliement des 10 000 Franco-Ontariens qui étaient venus manifester leur appui à l’Hôpital Montfort d’Ottawa, menacé de fermeture en 1997. Au rythme de la musique franco-ontarienne, ce grand concert intergénérationnel et gratuit fut ponctué de plusieurs prestations fortes en émotions pendant plus de trois heures.

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 Ont défilé sur scène des artistes présents il y a 20 ans et d’autres de la relève, tels que Damien Robitaille, Robert Paquette, Chuck Labelle, Jean-Marc Lalonde, Gabrielle Goulet, Serge Monette, Yao et Moonfruits. Le chanteur Zachary Richard, de passage à Ottawa, était également présent.

Un hommage bien senti fut réservé à Gisèle Lalonde, porte-parole et figure de proue du mouvement populaire S.O.S. Montfort. La Secrétaire générale de la Francophonie, Michaëlle Jean, en duplex depuis Paris et la ministre déléguée aux Affaires francophones de l’Ontario, Marie-France Lalonde, ont prononcé un discours. Un hommage posthume fut également rendu au sénateur Jean-Robert Gauthier, au journaliste Michel Gratton, au député Mauril Bélanger et au chanteur Paul Demers.

Répercussions

La bataille des Franco-Ontariens pour sauver l’Hôpital Montfort (1997-2002) s’est déclinée en deux temps. À la suite de l’impasse politique, celle des tribunaux a été privilégiée.

Il faut rappeler que dans la décennie précédente, la francophonie canadienne avait fait d’importantes avancées devant les tribunaux. Par exemple, l’octroi de la gestion des conseils scolaires fait suite à l’interprétation de la Cour suprême de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés dans le jugement Mahé déposé en 1990.

S.O.S. Montfort a obtenu gain de cause dans deux jugements unanimes en Cour divisionnaire de l’Ontario en 1999 et en Cour d’appel en 2001. Le plaidoyer de S.O.S. Montfort s’appuyait entre autres sur des travaux de sociologiques ainsi que sur le Renvoi relatif à la sécession du Québec (1998) lequel énonce la protection des minorités.

Montfort est devenu un symbole incontournable de l’histoire et de l’identité franco-ontarienne, mais ses répercussions légales sont plus mitigées ailleurs.  

Protestant contre la désignation de l’Hôpital communautaire de Cornwall sous la Loi sur les services en français de l’Ontario, la municipalité de Stormont-Sud a cessé de verser ses subventions à l’hôpital depuis 2012, la privant de plus de 120 000 $.

L’Hôpital général de Penetanguishene, désigné en vertu de la Loi sur les services en français de l’Ontario, a réduit presque à néant ses services, à la suite de la restructuration de 2014, au profit de l’Hôpital général de la baie Georgienne, qui n’est pas désigné.

Suite à la réforme des régies régionales de santé au Nouveau-Brunswick en 2008, le groupe Égalité Santé en français s’oppose à ce qu’une régie bilingue desserve les francophones. Gisèle Lalonde apporte même son appui à la cause et le gouvernement recule en 2010. La régie devient entièrement francophone juste avant que la cause ne soit entendue par les tribunaux, suivant l’exemple de Montfort.

Le groupe Égalité Santé en français poursuit ses activités, preuve que 20 ans après Montfort, la bataille n’est pas terminée.

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