Dialogue des cultures : « L’ensemble des gestes que nous posons va changer les choses »

La francophonie en 3D : Diversité, Dualité, Dynamisme. Le thème des Rendez-Vous de la Francophonie, qui ont lieu du 2 au 22 mars, a une nouvelle portée depuis la tuerie à la Grande Mosquée de Québec.

Dube Apres la Mosquee Qc RV Francophonie 2016

L’attentat islamophobe a révélé une situation de discrimination durement vécue par une population entière. Elle a aussi généré une conversation nationale sur la tolérance et l’inclusion, confirmant la pertinence du mandat la Fondation canadienne pour le dialogue des cultures, organisme qui chapeaute les Rendez-Vous de la Francophonie.

« Si on parle de terrorisme, ces actes ne sont jamais unidirectionnels, on se renvoie la balle et ça ne prend pas beaucoup pour mettre le feu aux poudres, estime le directeur général Guy Matte. Dans ce genre de situation, c’est important que la société civile puisse immédiatement condamner des gestes comme ceux-là et de voir ce qui peut être fait pour rapprocher les gens. »

L’ancien président syndical reconnaît la probabilité de crises, malgré les gestes de conciliation et les rassemblements de citoyens autour de synagogues, de mosquées et d’églises. « C’est inévitable tant qu’il y aura des gens déséquilibrés ou des intérêts pour déséquilibrer une société. »

Comment faut-il réagir? « Je ne pense pas que la Fondation va avoir une réaction knee-jerk, en disant : là, il faut faire quelque chose », note Guy Matte, qui estime que l’important, c’est de garder le cap.

« La job de la Fondation, c’est de favoriser le dialogue, de continuer notre travail de base auprès des composantes de la société canadienne, pour s’apprivoiser et se parler. C’est ce qu’on faisait avant les évènements récents. On ne va pas commencer un autre programme. »

La Fondation a été créée en 2004 par la FCFA du Canada pour promouvoir et soutenir le dialogue entre francophones, anglophones, communautés ethnoculturelles et peuples autochtones. L’organisme nourrit activement des liens avec des groupes LGBT, les Premières Nations, les nouveaux arrivants et avec la population musulmane.

« Je suis modeste, assure le militant franco-ontarien : ce n’est pas la Fondation qui à elle seule va changer la société. Beaucoup de citoyens et d’organisations font des choses. C’est l’ensemble des gestes que nous posons comme société qui va changer les choses. »

Guy Matte raconte une anecdote sur la prise en charge d’une famille syrienne par une synagogue d’Ottawa. « Arrivés sur les lieux, les réfugiés, qui sont musulmans, ne pouvaient pas croire que les juifs pouvaient faire une (bonne) chose comme ça. »

La Fondation a notamment soutenu un imam qui voulait briser les stéréotypes en voyageant en bicyclette d’Ottawa à Montréal pour rencontrer des organisations religieuses et des membres de la société civile. Elle a appuyé la tournée pancanadienne de 50 spectacles d’un conteur autochtone sur la spiritualité des Premières Nations dans les écoles et les centres communautaires francophones. Et, dans les prochaines semaines, chapeaute 2500 activités dans le cadre des Rendez-Vous de la Francophonie.

 

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