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Février : pour l’amour de l’histoire des Noirs

Souligné au Canada depuis 1996, le mois de l’histoire des Noirs gagne en notoriété et, plus que jamais, fait connaître l’apport de ceux et celles qui ont fait et font encore partie intrinsèque de nos communautés.

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 Aly Ndiaye, alias Webster, est né et a grandi dans le quartier Limoilou à Québec d’un père sénégalais et d’une mère québécoise. Artiste hip-hop, animateur d’ateliers un peu partout dans les écoles francophones des Amériques sur le français et ce mode musical, il est aussi historien. Le guide idéal pour combler nos « blancs » de mémoire en matière d’histoire des Noirs.

Le premier nom qui vient à la bouche de Webster quand on aborde cette question, c’est Mathieu da Costa. Originaire d’Afrique, il est considéré comme le premier Africain à fouler la terre de la Nouvelle-France, plus précisément de l’Acadie. La Société nationale de l’Acadie (SNA) ne s’est d’ailleurs pas trompée en lui rendant hommage au début du mois sur sa page Facebook. Il a joué un rôle important aux côtés de Samuel de Champlain et de Pierre Dugas de Mons comme interprète. Il a contribué « au maintien de relations amicales entre les peuples autochtones et les Français », précise la SNA.

Certains ont eu toutefois des destins plus tragiques. C’est le cas de Marie-Josephe Angélique, accusée en 1734 d’avoir mis le feu à Montréal. Ça n’a pas été prouvé de façon irréfutable. Ce qui l’est cependant, c’est qu’elle fut pendue et torturée par… « un esclave martiniquais, Mathieu Léveillé », explique l’artiste québécois. Condamné à mort pour s’être évadé de la plantation en Martinique, on lui propose, s’il veut échapper à une exécution imminente, de devenir bourreau au Canada. Il le sera entre 1733 et 1743.

Hors de la Nouvelle-France

La présence des Noirs ne s’est évidemment pas arrêtée aux côtes atlantiques. Jean-Baptiste Pointe du Sable est considéré comme le fondateur de Chicago. Originaire d’Haïti, son père était Français. Il a parcouru le Mississippi jusqu’en Nouvelle-Orléans. Vendeur de fourrures, il installe un poste de traite permanent dans ce qui deviendra Chicago. On sait qu’il est venu au Canada et a eu de nombreux contacts avec les voyageurs de l’époque. Lui aussi, comme plusieurs coureurs des bois, il a épousé une autochtone avec qui il aura deux enfants.

Un autre francophone qui fit sa marque dans le domaine du commerce des fourrures, c’est Pierre Bonga. Fils d’esclaves libérés et interprète auprès des Premières Nations canadiennes, il s’est établi dans la région des Grands Lacs. Il y a épousé une femme ojibwée. Ses enfants furent tous élevés dans la tradition autochtone.

Plus près de nous, Webster souligne des noms comme le Néo-Écossais George Dixon, qui devint en 1888, le premier boxeur canadien champion toute catégorie. En Nouvelle-Écosse également, la militante Viola Desmond, qui sera représentée en 2018 sur les billets de 10 $, s’est battue contre le racisme dans les années 1940. Le premier député au parlement canadien fut Lincoln Alexander, élu en 1968. Onze ans plus tard, Joe Clark le nommera ministre dans son cabinet, une première pour un Noir.

Pour l’historien et artiste qu’est Webster, l’histoire des Noirs est de celle qui ne s’apprend pas dans les livres. Pas encore, pourrait-on ajouter. Car l’organisme francophone torontois La Passerelle Intégration et Développement Économique le dit : « nous croyons que les talents et les forces des francophones immigrants et des minorités visibles sont susceptibles de contribuer fortement à la vitalité de leur société aujourd’hui et demain. »

 

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