Vous rappelez-vous cet article sur la glottophobie écrit par notre journaliste Martin Bouchard? Outre le thème de la discrimination par l’accent, l’article a souligné un autre point important : le manque d’école de formation en français en journalisme dans les provinces de l’Ouest. Il serait peut-être temps d’y penser, car les besoins sont importants et son
potentiel l'est tout autant!

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4000 km, c’est un peu loin pour partir avec son baluchon quand on veut suivre une formation de journalisme en français et que l’on est francophone de l’Alberta.

Montréal ou bien encore l’Ontario sont des passages quasi obligatoires pour se former dans la langue de Molière et surtout dans le domaine très compétitif des médias.

Le manque de programme en journalisme en français appauvrit les possibilités, tant pour les futurs journalistes que pour les médias des provinces de l’Ouest.

Une école implantée dans l’Ouest permettrait d’enrichir les médias et le mandat qui leur est donné afin de développer un contenu rédactionnel plus étoffé. Par exemple, grâce à la présence de jeunes comme notre stagiaire Émilie Pelletier, il nous est plus facile de représenter la communauté francophone dans son intégralité. Une école nous permettrait à nous médias de passer le flambeau à cette nouvelle génération aussi passionnée que férue de technologies.Une situation qui complique quelque peu les choses. Le journal Le Franco, tout comme Radio-Canada, connait un appauvrissement de ses effectifs venant d’ici. Apprentis journalistes francophones, où êtes-vous? Si des programmes comme Jeunesse Canada au Travail contribuent à établir un échange intéressant, ce n’est pas toujours suffisant.

Mais n’oublions pas que l’écriture est la base de ce métier, avec une bonne dose de curiosité. Le reste vient avec le temps et c’est en forgeant que l’on devient forgeron. Le milieu du journalisme est actuellement saturé dans l’est du pays, alors que la demande est criante en Alberta! Est-ce que le Campus Saint-Jean a un rôle à jouer dans cette optique?

L’Ouest se développe de plus en plus vite, et à ce titre, il est peut-être temps de lui donner une école de journalisme en français digne de ce nom!

 

En partant de la Belle province pour m’installer dans celle de la Rose sauvage,  je savais que j’allais beaucoup apprendre en travaillant dans un journal francophone. Ce que je ne savais pas, c’est à quel point j’en apprendrais sur la force avec laquelle les Franco-Albertains défendent leur langue.  

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Quand on est jeune, on veut se couler dans le moule, on veut correspondre aux couleurs qui vibrent autour de soi. Enfin, c’est ce que je croyais. Lors de la 25e édition du Parlement jeunesse de l’Alberta (PJA), j’ai eu la chance de m’entretenir avec des jeunes adultes franco-albertains surprenants. Avec leur accent qui, pour un Québécois, pourrait sembler anglophone, ils m’ont appris que non, justement, leur accent ne vient pas d’une difficulté à traduire les mots de la langue de Shakespeare, mais bien d’une identité propre à celle de Mollière.

La motivation des jeunes franco-albertains m’a fait comprendre que tous les accents ont lieu d’être, même ceux qui sont en voie de disparaître dans l’orthographe rectifiée. Le président-directeur général du Centre de la francophonie des Amériques, Monsieur Denis Desgagné, a prononcé un discours qui en a ému plus d’un. Le Saskatchewanais a entre autres expliqué que, lorsque ses enfants et lui avaient déménagé au Québec, la détermination dont ils avaient fait preuve l’avait touché. À l’école primaire, ses enfants ont été les seuls à se précipiter pour lever la main quand l’enseignant avait demandé qui voudrait se présenter aux élections scolaires. Est-ce que les jeunes francophones de l’Ouest sont plus motivés que les jeunes Québécois ? Et si c’est le cas, serait-ce par habitude de devoir constamment défendre leur identité langagière que cette jeunesse francophone se prononce aussi vélocement ?

Le député Bob Wanner faisait aussi partie des invités du PJA, avec le rôle de Lieutenant-gouverneur. Au lendemain de l’événement, M. Wanner a écrit sur Twitter que c’était pour lui un privilège de se retrouver entouré des jeunes parlementaires francophones de demain. Il a conclu son gazouillis en conseillant aux jeunes de « ne rêver que de grands rêves ».

De son côté, Colin-Philip Belliveau-Simard, président du Conseil d’administration de la Francophonie jeunesse de l’Alberta (FJA), a offert des mots et des larmes durant son discours célébrant le travail des participants du PJA. Émouvant, son allocution a fait réaliser à la Québécoise que je suis que pour certains, la langue française est plus qu’une façon de communiquer. Pour ces jeunes ayant deux langues maternelles, le français représente un perpétuel combat contre la tentation de s’exprimer dans la langue la plus facile au monde et contre ceux qui ont peur des accents (glottophobes).

Au Québec, parler français, c’est normal. Tellement normal qu’on en oublie parfois l’unicité de notre langue, et on en vient à envier les anglophones d’avoir un langage aussi facile et universel. En Alberta, la rose sauvage est le symbole notoire de la Francophonie. Singulière, rare et pourtant bien ancrée, celle-ci est défendue inopinément par ceux qui la parlent, mais aussi par ceux qui l’aiment.

Je sais déjà que je ressortirai grandie et changée de mon passage en Alberta. J’apprends, et je m’émeus de voir tous ces jeunes défendre leur langue avec conviction. Je rapporterai ce bagage linguistique fièrement à une nation qui a besoin d’apprendre la résilience.

 

Glotto-quoi? Glottophobe! Vous avez bien lu! La glottophobie, un terme inventé dans les années 70 par le sociolinguiste Philippe Blanchet, désigne la discrimination par l’accent, et affecte particulièrement la Francophonie internationale. Et l’Alberta, avec sa ribambelle d’accents francophones, ne fait pas exception à la règle.

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Être poète signifie pour certains maîtriser une langue et la transmettre à qui veut l’entendre ou la lire. À Edmonton, être poète signifie parfois un peu plus. Du 17 au 24 avril, les rimes et les vers ont résonné dans la capitale provinciale. Depuis dix ans, le festival de la Poésie à Edmonton (Edmonton Poetry Festival) fait découvrir des artistes arborant une grande variété de langues et de talents.IMG 6718 1

La poète officielle d’Edmonton, Pierrette Requier, a exposé cette réalité, le 21 avril dernier, en organisant la cinquième édition de l’événement French Twist, une soirée mettant en valeur le bilinguisme à Edmonton. Le thème : La poésie, c’est l’(é) motion. « Parce que la poésie fait bouger les choses, elle est toujours en mouvement », explique-t-elle.   

« C’est en étant accueilli qu’un poème vit, qu’un poème respire », a philosophé Pierrette Requier, en remerciant le public de sa présence. Ce dernier a d’ailleurs pu profiter non seulement d’une belle brochette de poètes anglophones, francophones et bilingues, mais aussi de musiciens albertains talentueux.

Pour la toute première fois, l’auteur-compositeur-interprète Raphaël Freynet et sa compagne Carolyn Gingrich ont joint leurs talents respectifs pour une performance poétique et sensuelle. Accompagnée à la guitare par son amoureux, Carolyn a récité son tout premier poème écrit en français et une lettre d’amour humoristique parsemée d’anglicismes. « Je te manque », a-t-elle écrit, ou encore : « Je suis tellement ‘’blessée’’ de t’avoir dans ma vie ».

Plus d’une douzaine de poètes d’expression française résident à Edmonton, ce qui représente « un très bon nombre », selon Sylvie Thériault, directrice générale du regroupement artistique francophone de l’Alberta (RAFA). Bien que ces poètes ne vivent pas tous de leur art, certains se font une joie de se greffer à des événements d’envergure comme celui du Festival de la Poésie d’Edmonton.

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L’expression est sur toutes les lèvres depuis quelques années. Le développement durable est aujourd’hui une réalité que les entreprises et les gouvernements ne peuvent plus ignorer. Le dernier Jour de la Terre qui a eu lieu le 22 avril est donc l’occasion parfaite pour faire le point sur l’état du développement durable dans notre communauté. Survol.

Le Colloque de l’ACFAS s’est ouvert de très belle façon le 7 avril dernier, avec  la présentation d’une conférence de l’ancien ministre libéral québécois, Benoît Pelleter. « Quelle est la place du Québec dans la francophonie canadienne? », a-t-il demandé aux convives réunis dans le Grand Salon de la Faculté Saint-Jean.  Pour lui, il s’agit d’un véritable défi de bien vivre ensemble dans une seule et même Francophonie.

Avocat de formation, Benoît Pelletier a commencé sa conférence en expliquant qu’au Canada, les droits linguistiques ne sont pas des droits individuels fondamentaux et que la Cour suprême choisi de les interpréter de façon uniforme, peu importe la communauté. « Par contre, au Québec, cette interprétation devrait être plus nuancée, car la langue de la majorité québécoise est la langue de la minorité canadienne », a-t-il partagé. Du même souffle, il a souhaité que la Cour suprême soit plus souple envers le fait français au Canada, afin de protéger la langue de Molière.

Au Québec, afin de freiner l’assimilation à la majorité anglophone, le gouvernement a mis sur pied la loi 101, honnie du reste du pays. « La Cour suprême a dit, dans différents jugements, qu’elle comprenait les objectifs poursuivis par la loi 101, qu’ils étaient même nobles, mais que les moyens utilisés par le Québec pour poursuivre ces mêmes objectifs étaient démesurés et disproportionnés », a fait savoir Benoît Pelletier.

Ringard, le français?
Quebec City 01Pour le professeur en droit de l’université d’Ottawa, le français est fragilisé au Canada, et même au Québec. Or, selon lui, la Belle province n’en fait pas assez pour protéger la langue française. « Les Québécois ont tort de considérer que la défense du français est ringarde. Nous sommes tous dans le même bateau, nous devons ramer dans la même direction et surtout éviter les confrontations », a-t-il insisté.

Selon lui, si tous les francophones du pays œuvraient collectivement pour la protection du français, le concept de dualité linguistique du Canada serait possible et  serait plus sensé. « Or, il n’est pas évident de dire aux Québécois, dont plusieurs estiment qu’il est inutile de maintenir des relations serrées avec le reste du pays, de revenir dans le giron de la Francophonie canadienne », s’est-il désolé. Il ajoute qu’un certain travail de sensibilisation auprès des Québécois devrait être effectué afin de raffermir ces relations, « ce qui n’enlève en rien au caractère national du Québec. Les Québécois forment une nation, la Chambre des communes l’a reconnu. »

Une seule Francophonie canadienne
Les Québécois peuvent-ils réellement réintégrer la grande famille de la Francophonie canadienne? « Politiquement, la tâche est difficile, car dans une perspective québécoise, il est plus simple de faire cavalier seul », répond le conférencier.  Or, à son avis, il n’y aucune raison qui explique que le Québec ne veuille pas s’inclure dans le concept de Francophonie canadienne, alors qu’il le fait pour la Francophonie internationale. « C’est complètement contradictoire. Quand on aime une langue, on veut qu’un maximum de gens la parlent! »

C’est d’ailleurs un des moyens privilégiés par Benoît Pelletier pour assurer l’avenir de la langue française au Canada. « La Francophonie canadienne doit devenir une grande société d’accueil. Nous devons travailler ensemble, avec le Québec. C’est ensemble que nous sommes, et c’est ensemble que nous serons », a-t-il conclu.

 

NPD

Le 7 avril dernier, le député François Choquette, porte-parole du NPD en matière de Langues officielles, était de passage à la Cité francophone. Une visite qui ne pouvait pas mieux tomber, puisque les enjeux et les défis ne font que s’accentuer, notamment depuis le rejet définitif de la cause Caron. Voici un état des lieux auprès d’un représentant des langues officielles très à l’écoute lors de cette journée.

Pour Jean Johnson, président de l’ACFA, la rencontre au sommet entre les acteurs de la francophonie albertaine, la première ministre Rachel Notley et le ministre de la Culture et du Tourisme, Ricardo Miranda, est le premier pas vers la création d’une politique sur les services en français.

Rachel girlLa rencontre, qui a eu lieu le 30 mars dernier, étaient attendue depuis longtemps. Or, selon les dires de Jean Johnson, la première ministre était très bien renseignée et s’est tout de suite montrée ouverte à collaborer avec l’ACFA. « Elle a fait des déclarations intéressantes. Par exemple, de nous dire qu’elle était étonnée et gênée d’apprendre que l’Alberta est la seule province qui n’a pris aucune mesure pour reconnaître les francophones comme peuple fondateur du pays. » Va-t-elle corriger le tir? Selon lui, le travail devrait plutôt porter sur le développement d’une politique sur le services en français.

Le contingent franco-albertain souhaitait au départ le développement d’une loi sur les services en français. Or, pour Madame Notley, le contexte économique ne se prête pas à cet exercice. « Une loi exige des investissements, et ce n’est pas le bon moment pour investir », aurait-elle dit.

Questionné à savoir si le jugement de la Cause Caron ne jette pas un peu d’ombre sur le futur développement de cette politique, Jean Johnson répond par la négative. « La loi 60 impose des restrictions au sein de la législature. Mais au niveau des opérations, l’horizon est très ouvert. Il y a plusieurs éléments qui pourraient inciter le gouvernement à reconnaître le statut particulier de la francophonie en Alberta », pense-t-il.

Des paroles, des paroles et encore des paroles?
De l’aveu même de Jean Johnson, ces rencontres avec les premiers ministres ne donnent parfois que du vent et rien de concret. Or, cette fois-ci, le président de l’ACFA a senti un réel désir de la part de la première ministre de faire avancer les choses. « Nous devons déjà rencontrer le ministre responsable de la Francophonie d’ici quelques semaines, monsieur Miranda, pour commencer à travailler sur un processus et développer un plan de match », se réjouit le principal intéressé.

D’autres dossiers ont également été abordés lors de cette rencontre, notamment ceux de l’agrandissement du Campus Saint-Jean et de la création d’un comité aviseur sur les questions de santé des francophones, externe à Alberta Health Services. À suivre.

Dans un récent article publié par le National Post, quelques jours avant le gala des Prix Juno, le chroniqueur David Berry a affirmé que la culture populaire au Canada n’existait pas. En ce qui concerne les Franco-albertains, la situation est-elle la même? La culture francophone de l’Alberta est-elle populaire? Quelques éléments de réponse.

culture pop« Il faut arrêter de croire que la culture canadienne est de la culture populaire, car c’est faux. La culture populaire, c’est la culture américaine », a écrit le chroniqueur du  quotidien pancanadien.  Sylvie Thériault, directrice du Regroupement artistique francophone de l’Alberta (RAFA), juge que ce n’est pas représentatif de la culture franco-albertaine. « Ce n’est pas vrai que les artistes cherchent à se plier aux cultures américaines. Ici, les artistes cherchent à faire connaitre leur voix, leur unicité, leur individualité. Ils ne cherchent pas à se conformer à un certain genre », a-t-elle expliqué.

Les artistes émergents de la Francophonie albertaine se heurtent souvent à des obstacles qui les empêchent de rejoindre un plus large public. Selon Mme Thériault, le problème viendrait du manque d’accessibilité à des agences de production. « Pour se faire voir comme artiste, se faire connaitre, il faut vraiment être novateur dans nos approches. Il faut aller chercher les stratégies. Nous, au RAFA, on regroupe les artistes, mais on n’est pas des agents », a-t-elle soutenu. La directrice ajoute que la situation des artistes franco-albertains est difficile parce que la compétition est immense.

À la radio
La demande pour la diffusion de musique francophone d’ici vient souvent des regroupements d’artistes comme le RAFA, et parfois aussi des artistes eux-mêmes. Or, si le public ne fait pas toujours sonner les lignes téléphoniques pour faire entendre les artistes franco-albertains, les diffuseurs comme Radio-Canada Alberta s’en font un devoir.

Selon les informations du Recensement de 2011, l’Alberta est la province qui connait la plus grande croissance francophone au Canada. La population francophone albertaine a augmenté d'environ 18 % depuis 2006. La situation est la même du côté des arts. « Quand j’ai commencé, je pouvais compter les artistes du RAFA sur les doigts de la main », a déclaré Mme Thériault. « Aujourd’hui, on est à un potentiel de plus de 100 artistes », termine-t-elle. Que penserait David Berry de la variété grandissante de l’offre culturelle franco-albertaine?

 

Capture decran 2015-11-04 a 12.49.34Deux députés représentant les grandes villes de l’Alberta font partie du nouveau Conseil des ministres de Justin Trudeau. Kent Hehr, député de Calgary Centre, a été nommé ministre des Anciens combattants et ministre associé de la Défense nationale. Amarjeet Sohi, député d’Edmonton Mill Woods, est pour sa part le nouveau ministre de l'Infrastructure et des Collectivités.

 

Kent Hehr est bien connu à Calgary. Il a représenté la circonscription provinciale de Calgary-Buffalo à l’Assemblée législative de l’Alberta pendant sept ans. Kent Hehr a annoncé qu’il se présentait comme candidat fédéral libéral dans la circonscription de Calgary Centre à la fin de l’année 2014. Le 19 octobre, jour du scrutin, il a vaincu la candidate conservatrice sortante, Joan Crockatt, avec moins de mille voix d'avance.

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