En ce mois de la francophonie, il convient de se demander si le gouvernement du Canada a encore un plan d’action pour la dualité linguistique canadienne. Il le prétend et il appelle cela la feuille de route. En fait, je suis persuadé que celle-ci n’est qu’un faux-semblant, une vitrine qui sert à faire croire que le gouvernement en fait beaucoup, un écran de fumée derrière lequel le gouvernement cache ses compressions.

Personne n’est obligé de me croire; il suffit de jeter un regard objectif sur les chiffres. Le premier plan d’action, celui qui s’est échelonné de 2003 à 2008 et que les communautés de langue officielle ont la bonté d’appeler encore le Plan Dion, comportait des objectifs précis et mesurables. Le tout était appuyé par un financement de 751 millions de dollars répartis sur cinq ans. Il s’agissait vraiment d’argent neuf qui s’ajoutait au financement des programmes existants. C’est ainsi qu’en page 26, on peut lire que pour l’éducation, le plan « ajoute au montant actuel de 929 millions de dollars sur cinq ans la somme de 381,5 millions de dollars. » Le financement du plan croissait d’année en année.

Parvenus au pouvoir, les Conservateurs ont perdu de vue ces objectifs d’ensemble. On n’a plus qu’un ramassis de programmes sans objectif mesurable, sans visée, sans vision… et sans argent neuf.

« C’est une mesure qui va coûter cher et qui bénéficiera seulement à certains types de familles. » Cette réaction du chargé de cours au Campus Saint-Jean Learry Gagné reflète la position dominante des médias après l’annonce du gouvernement de Stephen Harper, le 30 octobre.

La mesure ne fait d’ailleurs même pas l’unanimité au sein du parti au pouvoir. « Le fractionnement du revenu, c’est controversé depuis longtemps dans le parti conservateur, note M. Gagné. L’année passée, (l’ex-ministre des Finances) Jim Flaherty a été forcé de l’annoncer parce que lui n’était pas d’accord avec ça. Après le dépôt du budget, Flaherty a démissionné essentiellement sur cette question-là. Que Harper revienne avec ça, ça démontre que, entre autres, c’est lui qui mène le parti. Mais il y a encore des gens qui ne sont pas d’accord. »

Le fractionnement du revenu pour les parents n’est qu’une des mesures annoncées la semaine dernière par le parti conservateur. Celui-ci a également promis une bonification de la prestation universelle pour la garde d’enfants (PUGE) et une augmentation de la limite de déduction pour les frais de garde. Cependant, le crédit d’impôt pour enfant sera abrogé dès 2015, pour venir contrebalancer ces nouvelles dépenses.

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