Enfin une solution au test controversé pour les demandes de résidence

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a confirmé le 18 avril avoir trouvé une solution pour les évaluations linguistiques, notamment pour les demandes en français de résidence permanente. Cet enjeu avait marqué la 12e Journée de réflexion sur l’immigration francophone de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, le 21 mars. Une nouvelle approche serait mise en œuvre dès l’automne prochain.

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Lors de cette journée de réflexion, les 150 participants ont appris que le test cadre actuel aurait non seulement été conçu en France, mais qu’il couterait plus cher que l’examen anglais et que la plupart des Canadiens ne le réussiraient pas.

« J’ai fait une intervention sur la question lors du dernier panel, explique Jacinthe Lemire, la directrice de la Coopérative d’intégration francophone de l’Île-du-Prince-Édouard. Je voulais savoir ce qu’il en était. »

Avant la fin de la journée, le ministère avait informellement annoncé qu’une solution avait été trouvée. « Ils ont dit qu’il va y avoir des modifications dans les prochains mois, précise l’intervenante, qu’ils ont trouvé un fournisseur au Canada. 

« Comme si on n’avait pas les compétences ! »

« Je me demandais pourquoi même au départ ils n’avaient pas trouvé quelqu’un au Canada, déclare Jacinthe Lemire. Comme si on n’avait pas les compétences! »

La conseillère en communications de IRCC, Julie Lafortune, signale par courriel que le ministère est déterminé à améliorer la situation partout au pays, en collaboration avec les organisations d’évaluation linguistiques désignées par Ottawa. L’approche viserait par-dessus tout à « faciliter le processus pour les candidats potentiels. »

La question des frais des examens aurait aussi été prise en considération. « Les coûts varient selon l’organisation et le lieu de l’évaluation, fait savoir la relationniste. Les organisations ont précisé que cette variation est attribuable à divers facteurs, dont la demande, les coûts des immobilisations et la concurrence.

« Il est tout de même attendu, conclut Julie Lafortune, que les initiatives entreprises amélioreront l’accessibilité des évaluations en français au Canada tout en contribuant à en réduire les coûts à compter de l’automne 2018. »

Plus de réfugiés parmi les nouveaux arrivants

La Journée de réflexion du 21 mars a également donné lieu à la prise de conscience d’une nouvelle tendance : on trouverait plus de réfugiés parmi les nouveaux arrivants francophones qu’anglophones dans les provinces et territoires. Mais l’accueil francophone n’est pas adapté à cette réalité.

« Très peu de fournisseurs de services en français ont des programmes de rétablissement pour les réfugiés, déplore Emmanuel Nahimana, gestionnaire de projets à la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse. C’est le programme qui commence par l’accueil à l’aéroport, qui emmène les réfugiés dans un hôtel en attendant de leur trouver un appartement. Il y a une suite de services qui continuent. »

Selon l’intervenant de Halifax, ce service n’est pas offert dans sa province et il estime que l’enjeu est national. « Le fait de ne pas accueillir les réfugiés d’expression française nous défavorise parce que ça nous empêche de remplir notre mandat. On manque beaucoup d’opportunités de les intégrer dans nos communautés où ils bénéficieraient de services. »

Le gestionnaire considère que l’accueil des enfants réfugiés est critique. « Un enfant accueilli en français sera établi dans une école francophone qui lui offre l’occasion de devenir bilingue. C’est un atout que tout parent peut donner à son enfant. Sans ça, l’enfant ne peut pas profiter de tous les avantages qu’offre le Canada. »

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