Les journaux restent inquiets malgré l’annonce de 14,5 millions de dollars

Depuis plusieurs mois, l’Association de la presse francophone (APF) tire la sonnette d’alarme sur la situation financière critique de ses journaux membres.

Journaux francophones

« C’est un signe encourageant de voir que les médias communautaires se retrouvent dans le plan d’action [pour les langues officielles]. Mais nous jugeons que ce n’est malheureusement pas suffisant », a commenté le président de l’APF, Francis Sonier.  

« Le Fonds d’appui stratégique aux médias communautaires de 10 millions de dollars sur cinq ans pour financer des projets et les 4,5 millions de dollars supplémentaires sur cinq ans pour créer des stages ne répondent pas aux besoins immédiats des journaux. On parle de projets, mais comment faire des projets quand on a des défis opérationnels? On vit au jour le jour, on ne se projette pas », renchérit Francis Sonier dans un entretien avec TFO.

Parmi les journaux francophones au Canada, certains n’ont que quelques employés et d’autres doivent en licencier plusieurs.  

Francis Sonier

« Ça prend une aide d’urgence dans les opérations d’ici trois mois. Il y a des journaux ainsi que des radios communautaires qui risquent de fermer », insiste le président de l’APF dans un entretien avec La Voix acadienne.

Quelque temps avant le dévoilement du Plan d’action pour les langues officielles, l’APF, l’Alliance des radios communautaires du Canada (ARC du Canada) et le Quebec Community Newspaper Association, ont exprimé devant le Comité permanent des langues officielles le besoin d’obtenir un fonds d’urgence de deux millions de dollars pour répondre aux besoins immédiats.  

Le porte-parole de l’Opposition officielle en matière de langues officielles, Alupa Clarke, a souligné le fait que les médias communautaires jouent un rôle central dans la vie des petites communautés. « Encore plus important dans les communautés de langues officielles en situation minoritaire, où ils sont un outil important à la vitalité de la langue et le sentiment d’appartenance. Sans ces médias, la survie même de ces communautés est en péril », a fustigé Alupa Clarke dans un entretien public.

« Les journaux ont beaucoup perdu dans les dernières années notamment en revenus publicitaires du fédéral. Ça prendra beaucoup plus que ce qui est annoncé dans le nouveau plan sur les langues officielles pour nous en sortir. On doit rester très créatif dans nos projets si l’on veut survivre », souligne la directrice de La Voix acadienne à l’Île-du-Prince-Édouard, Marcia Enman.

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