Stratégie nationale d'immigration: De quoi parlons-nous ?

Le Plan d’action sur les langues officielles, lancé le 28 mars dernier, a annoncé de nombreuses mesures notamment dans le domaine de l’immigration francophone. Des initiatives ont été mentionnées à hauteur de 40,75 millions de dollars, échelonnés sur cinq ans. En Alberta, à quoi peut-on s’attendre en matière de coordination sur l’immigration entre le gouvernement provincial et le gouvernement d’Ottawa ? Les résultats se feront-ils attendre ?

L’objectif du gouvernement fédéral est clair, réussir à atteindre une cible nationale d’immigrants francophones hors Québec à hauteur de 4,4%, d’ici 2023. Certaines provinces comme le Manitoba se sont déjà dotées de leur propre cible provinciale, à savoir 7%. En Alberta, comme ailleurs au pays, l’autre belle province ne possède pas encore de cible dans ce domaine. “Nous n’avons pas eu de cible jusqu’à maintenant, car historiquement nous avons toujours eu une forte immigration francophone et francophile”, explique la ministre de l’employabilité Christina Gray.

Selon les résultats du recensement de 2016, affichés sur le site du Secrétariat francophone, l’Alberta occupe le cinquième rang au pays du point de vue de sa population bilingue, soit 268 640 Albertains et Albertaines.

Cependant, certains programmes tels que Mobilité Francophone visant à faciliter et simplifier l’embauche de travailleurs qualifiés francophones pour les employeurs canadiens, hors Québec; ou bien encore Entrée express, destiné aussi à des immigrants francophones souhaitant obtenir la résidence permanente rencontrent certains défis.

La réalité de terrain

Les participants ont bien souvent du mal à atteindre le quota de points pour entrer dans le bassin d’Entrée express. Un véritable fossé existe alors entre le marché de l’emploi et les programmes. En effet, certains domaines professionnels ne sont pas admissibles (voir article du 29 mars : Immigrer au Canada un parcours du combattant).

Sans cible, sans paramètre, comment rendre ces programmes optimaux si ladite province n’est pas en mesure de mesurer les besoins en matière de force vive francophone ?

“Il n’y a pas de cible identifiable, malgré le fait qu’on ait récemment accordé une reconnaissance particulière au fait français, au niveau de ces services. Donc, ça parait un peu contradictoire dans l’application du bilinguisme au Canada”, reconnaît Paul Dubé, professeur émérite en littérature au Campus Saint-Jean.

“Notre gouvernement a soutenu l’immigration des francophones au fédéral, dans notre province durant plusieurs années… nous venons juste de créer une politique de services en français”, déclare la ministre de l’employabilité l’Honorable Christina Gray.

Si l’annonce faite par le ministre de la Culture et du tourisme, l’honorable Ricardo Miranda, demeure une excellente nouvelle pour les francophones de la province, rien n’est encore fait. Concernant, la possibilité d’une cible provinciale le ministre Miranda dit vouloir récolter plus d’informations auprès du Secrétariat francophone et se déclare “ouvert à toute idée” allant dans ce sens.  

“Il faut que les ministres respectent ce qui a été annoncé et établissent des infrastructures, pour essayer de réaliser ce projet qui nous paraît très important”, observe Paul Dubé.

À la lumière des éléments actuels, peut-on voir s’amorcer les prémices d’une stratégie solide et concrète, en matière d’immigration francophone dans ces 5 prochaines années ? Qui vivra verra !

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