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Les besoins des garderies francophones un besoin criant

640px-Kids at daycareSelon une série de sondages conduits en 2016 par la Fédération des Parents Francophones de L’Alberta (FPFA), il n’y a pas suffisamment de places dans les garderies en milieu francophone. Un constat qui inquiète la FPFA ainsi que les parents. L’un des risques principaux étant de voir le taux d’assimilation augmenter. Une étude conjointe avec le Conseil de Développement Économique (CDÉA) est en cours, afin de trouver une solution au problème, à savoir : vers quel modèle économique les garderies francophones pourraient-elles tendre ?  

« L’impact de mettre un enfant dans un service de garde en anglais amène l’enfant à avoir des besoins de francisation » explique Mireille Péloquin, directrice de la Fédération des Parents francophones de L’Alberta (FPFA). Le risque de voir par la suite de très jeunes enfants continuer dans un système éducatif anglophone est grand. « …On voit vraiment le service de garde comme une porte d’entrée à une identité culturelle, une identité francophone » souligne la directrice de la FPFA. Le manque de places dans les garderies interfère donc directement avec le processus d’apprentissage linguistique chez les touts petits.

Le recensement de 2011 montre que 2950 enfants âgés de 0 à 4 ans ont un de leurs parents francophones ; 40 % de ces parents désirent envoyer leur enfant dans un service de garde.

Selon une étude de Statistiques Canada, il existe une demande pour environ 1180 places en garderie francophone dans la province. Or, le sondage de la FPFA auprès des garderies afin d’établir la place disponible, a démontré que 621 places en garderie francophone seraient disponibles. Ce qui signifie aussi un manque d’environ 560 places pour répondre à la demande réelle. « Les 560 places qui manquent, ces enfants-là sont dans des services de garde en anglais » souligne Mireille Péloquin un chiffre que la directrice de la FPFA estime être en dessous de la réalité. Selon, elle, le ralentissement économique est un autre facteur supplémentaire aux risques d’assimilation, puisque les mères sont retournées travailler, ce qui accrue la pression auprès des services de garde.

 

Vers un modèle économique viable

Si le manque de places dans les garderies francophones est un problème très local, il s’inscrit aussi dans un contexte plus général. Le problème de places dans les garderies touche tout le Canada.  La FPFA est donc à la recherche d’un modèle économique et social qui va stimuler le service de garde. Fort de ce constat, la FPFA travaille aussi conjointement avec le CDÉA pour trouver un outil entrepreneurial. Patrice Gauthier, directeur, opérations – Gestionnaire RDÉE et Richard Vaillancourt intervenant auprès de la Commission Nationale des parents Francophones et résidant en Alberta, travaillent à faire le maillage auprès de la petite enfance. Le but augmenter les places en garderie, et offrir aussi des services de qualité. Un financement, permet à présent de matérialiser cette collecte d’informations et : « d’opérer à un état des lieux » explique Patrice Gauthier. L’Île du Prince Édouard, Terre Neuve Labrador, le Nunavut, et l’Alberta et possiblement la Colombie britannique vont se rassembler dans ces projets pilotes afin d’étudier les besoins. « La prochaine étape sera d’évaluer quelle est la meilleure structure entrepreneuriale, par exemple les garderies en milieu familial ? Est-ce que se sont des travailleurs autonomes, est-ce que se sont des coopératives, des entreprises privées ? » détaille Patrice Gauthier.

 

Une évaluation de ces modèles est en cours. Ce sera en fonction des modèles de garderie en milieu familial ou des garderies en grande surface que le modèle entrepreneurial sera développé aussi en fonction des besoins et de la réalité de chaque province, tout comme un canevas universel à savoir : gestion des ressources humaines, ou la rédaction d’un contrat de travail.

 

Autre aspect clé de ce processus : « quel est le mécanisme d’évaluation que l’on peut mettre en place pour s’assurer de la qualité des formations » explique le directeur, opérations – Gestionnaire RDÉE du CDÉA et « orienter les personnes vers un modèle entrepreneurial qui leur correspond ». Accès emploi participe aussi à ce projet pour recruter du personnel qualifié.

 

Ce projet des garderies avance. S’il y a encore du pain sur la planche, ce projet sur le long terme pourrait freiner drastiquement le taux d’assimilation des jeunes francophones. Il pourrait représenter aussi une solution pour les parents exogames, et ceux qui souhaitent envoyer leurs enfants en école d’immersion.

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