Vingt délégués des 21 organismes membres de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) ont voté le 4 juin à Gatineau pour élire une présidente et une vice-présidente. Celle qui était vice-présidente en poste depuis un an, Sylviane Lanthier, a été élue présidente. La Franco-Albertaine de 22 ans, Audrey LaBrie, a pris sa place comme vice-présidente, c’est l’une des plus jeunes à la tête de la Fédération en 40 ans.

« Ça a fait longtemps qu’on entend parler de changement au sein de la francophonie canadienne et qu’on veut avoir de nouvelles idées et de nouvelles perspectives. Les membres délégués ont parlé », s’est réjouie Audrey LaBrie, après sa victoire comme vice-présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA).

Audrey LaBrie préparait le terrain depuis longtemps déjà. Elle a écrit à tous les délégués et a discuté avec plusieurs d’entre eux au téléphone de leurs priorités et des enjeux qu’ils veulent prioriser. « Je les ai écoutés et ça les a rassurés. Je savais que j’avais un bon appui », explique celle qui souhaite forger des liens plus solides entre les membres régionaux et ceux des grands centres urbains.


« On a souvent l’impression que ce genre de poste est un rôle de fin de carrière. C’est demandant et ça prend de l’expérience. Dans cette course, j’étais la seule jeune femme à travers d’hommes d’un certain âge. J’étais en quelque sorte le mouton noir, dit elle à la blague. Les gens ne sont pas habitués de voir ça, mais je suis prête à faire les efforts nécessaires pour gagner la confiance et le respect des gens. »

Des dossiers sur le coin du bureau

Fraîchement élue vice-présidente, Audrey LaBrie ne chôme pas. L’enseignante de formation a déjà commencé à établir un plan de match pour la prochaine année.

Elle veut d’abord concentrer ses énergies sur la mobilisation politique durant la campagne électorale fédérale qui s’en vient. Audrey LaBrie est prête à faire du lobbying auprès des candidats politiques et représenter l’intérêt des membres de la FCFA pour faire rayonner la francophonie en situation minoritaire. Celle qui est née au Nouveau-Brunswick, et qui a habité en Alberta et en Ontario, veut ensuite s’attaquer au dossier de l’immigration francophone en lui ajoutant sa touche personnelle qu’elle qualifie de « rafraîchissante ». Elle souhaite qu’un plus grand nombre d’immigrants de langue française s’établissent dans les provinces où l’anglais est majoritaire.

Une passion débordante

Étudiante en Droit à l’Université d’Ottawa depuis septembre 2014, Audrey LaBrie a développé une passion pour le droit linguistique. « J’ai remarqué au cours de mon cheminement que ce qui me motive, c’est la francophonie. Peu importe où je suis au pays, je me trouve à parler de la francophonie et de ses enjeux. J’ai donc décidé cette année d’en faire ma carrière », a-t-elle exprimé.

Pendant ses études, elle s’implique pour le Regroupement étudiant de common law en français (RECLEF). « Mon horaire est chargé, mais j’aime ça et je sais que je suis capable de le faire. Je sais que je vais être capable de gérer tout ça en même temps. Il y a aussi beaucoup d’évènements pour la FCFA qui vont se dérouler dans la région d’Ottawa, alors je n’aurai pas besoin de prévoir plus de temps pour mes déplacements », explique celle qui habite à 7 minutes de marche des bureaux nationaux de la FCFA.

« Mes proches me disent qu’ils sont fiers de moi et m’appuient dans mes démarches. Les gens avec qui j’ai travaillé tout au long de mon cheminement me voient dans ce rôle-là et savent que j’ai le potentiel de le faire », dit-elle.

Caroline Kreiner, maintenant coordonnatrice du bureau d’animation en leadership à Francophonie Jeunesse Alberta (FJA), se rappelle d’Audrey LaBrie comme étant une « fille débordante de leadership et de compassion et incroyablement compétente ». Les deux jeunes femmes ont commencé à travailler ensemble à FJA il y a environ cinq ans alors qu’Audrey LaBrie faisait son stage de leadership.

« Audrey a commencé à s’impliquer très tôt dans la communauté francophone. Elle n’avait que 18 ans lorsqu’elle a été élue présidente de FJA. Elle est jeune, mais a beaucoup d’expérience déjà. Je sais qu’elle ne nous décevra pas. Je m’attends à voir des changements et beaucoup d’améliorations au sein de la FCFA avec son arrivée », prédit Caroline Kreiner.

« Je ne suis pas surpris de voir que les gens ont vu en elle tout le potentiel et les compétences qu’elle a pour le poste. C’est certain que ça fait du bien d’entendre que c’est elle qui l’a décroché. Elle a une bonne compréhension de la francophonie canadienne et aussi des enjeux qui touchent la jeunesse », d’après Colin Champagne, un Franco-Albertain qui a siégé au comité administratif de FJA alors qu’elle en était la présidente. Il se souvient d’Audrey LaBrie comme une jeune femme remplie de leadership qui collabore bien avec ses collègues et qui sait comment communiquer de façon efficace et respectueuse.

Audrey LaBrie est élue pour un an, pour compléter le mandat de Sylviane Lanthier. La FCFA tient des élections chaque deux ans, la présidence et la vice-présidence en alternance. Le président de l’Association canadienne-française de l’Alberta, Jean Johnson, et Richard Létourneau des Territoires du Nord-Ouest, étaient les deux autres candidats dans la course à la vice-présidence.

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