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Francophonie des Amériques : « Mon mandat, c’est de briser l’isolement »

Denis Desgagné – ancien directeur de l’ACFA (Association canadienne-française de l’Alberta) de Rivière-la-Paix aujourd’hui à la tête du Centre de la francophonie des Amériques – était le maître de cérémonie du premier Forum local de Grande Prairie du Français pour l’avenir, le 18 mars.

Qu’avez-vous pensé du Forum local de Grande Prairie ?

Une des raisons pour lesquelles j’ai accepté d’être présent et de jouer le rôle qu’on m’a demandé de jouer, c’est le fait que ce soit à l’extérieur des grands centres, le fait que l’on touche une région qu’on n’a pas la chance de toucher souvent. […] J’aime beaucoup l’idée de donner une expérience positive aux jeunes. Il y avait des exposés, de la danse, du théâtre… vraiment pour tous les goûts… et de la tire sur neige ! […]

De quelle manière y avez-vous participé ?

On m’a demandé d’être le maître de cérémonie, de saluer les gens, de parler de mon expérience… J’ai quand même vécu dans cette région plusieurs années. J’ai ouvert l’école francophone de Grande Prairie, l’ACFA de Grande-Prairie, la radio communautaire de Falher, j’ai participé à l’ouverture de l’école Héritage, etc.

Ils voulaient aussi que [j’évoque] le nombre de francophones dans les Amériques : 33 millions. Les jeunes étaient surpris qu’il y ait plus de francophones aux États-Unis qu’au Canada ! […]

J’ai donné deux ateliers, un avant midi et l’autre après midi, sur la francophonie des Amériques et les programmes du Centre [de la francophonie des Amériques]. J’ai été étonné que les gens ne connaissent pas les outils du centre, comme la bibliothèque numérique. On a accès à des livres en français gratuitement : des romans, des bandes dessinées… […]


Quelle place tient l’Alberta sur l’échiquier mondial de la francophonie ?

Je pense que présentement, l’Alberta et l’Ouest canadien jouent un rôle très important. Par exemple la cause Caron. C’est probablement la cause la plus importante au niveau du changement de paradigme au Canada. On voit qu’on est beaucoup plus francophone depuis les débuts qu’on nous a laissé croire. […]

Il y a encore beaucoup de travail à faire. Les Franco-Albertains méritent une politique de services en français. Ils méritent de voir leur gouvernement s’ouvrir à la francophonie. C’est une communauté qui bâtit en Alberta et qui contribue de façon assez extraordinaire. […]

Quelle est l’ambition du Centre de la francophonie des Amériques ?

Mon mandat, c’est de briser l’isolement, de tisser des liens qui font du bien à travers la francophonie des Amériques. On fait beaucoup de travail au Québec pour parler des francophones de partout. Je suis agréablement surpris de l’accueil des Québécois dans les cégeps et les centres culturels quand je parle des francophones du Canada et d’ailleurs. Ils avaient l’impression que cette francophonie était morte, qu’elle n’existait plus. […]

Je me souviens d’avoir aidé une délégation de la Guadeloupe à se déplacer au Manitoba dans un forum économique. Ils ont été reçus d’une façon assez extraordinaire, entre autres par Greg Selinger, responsable de la francophonie et premier ministre. Ces gens-là veulent maintenant se lier avec la francophonie du Canada pour faire du développement économique.

Je pourrais continuer avec le Brésil ou le Costa-Rica, seul pays d’Amérique du Sud où le français est encore obligatoire [pendant une partie du secondaire] ! Ils veulent se lier avec la francophonie canadienne au niveau de matériels pédagogiques parce qu’ils sont assez uniques, spécialisés et [conçus] dans un contexte de minorité. On reconnait le savoir-faire de la francophonie canadienne. […]

[Autre exemple :] dans une réunion, on travaillait sur le rapprochement entre les Métis et les francophones de l’Ouest. Ils ont montré une diapositive avec une prière en michif. [Un membre de] la communauté créole s’est mis à parler : « C’est pas du mischief, c’est créole ! » On s’est aperçu que le créole était très proche du michif. Le président de l’association métisse de la Saskatchewan est venu à Québec pour rencontrer le centre et être en lien avec cette communauté créole. […]


Photo : courtoisie Chelsea Buote

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