Lettre ouverte à Philippe Couillard

Monsieur le Premier Ministre du Québec,

J’aimerais vous faire part de ma profonde déception à l’égard de la position de votre gouvernement, lequel est intervenu lors de l’appel entendu devant la Cour suprême du Canada le 21 janvier 2015 dans l’affaire Commission scolaire francophone du Yukon c. Procureure  générale du territoire du Yukon.

Le Québec a indiqué son opposition à toute interprétation de l’article 23 de la Charte des droits et libertés, interprétation qui aurait comme conséquence d’élargir le pouvoir de gestion et de contrôle des représentants de la minorité anglophone. Par ailleurs,  je suis convaincue que si cette position est retenue, il y aura des conséquences négatives au niveau de la protection de la langue française et de l’organisation du réseau scolaire des communautés francophones en situation minoritaire à travers le Canada.

Étant très consciente des enjeux linguistiques auxquels est confronté le Québec, je suis d’avis que pour cette affaire en particulier, votre gouvernement aurait pu prendre position en faveur des francophones hors Québec. Élargir les droits d’accès à l’éducation en français grâce à une interprétation plus généreuse de l’article 23 de la Charte des droits et libertés est crucial et essentiel au développement de l’éducation en français pour toutes les communautés francophones en situation minoritaire.


Présentement, plusieurs écoles de langue française sont au maximum de leur capacité et sont loin de répondre aux normes. La surpopulation et la désuétude de ces écoles demeurent des défis de taille qui doivent être absolument résolus dans un avenir rapproché. Les parents francophones et francophiles qui choisissent d’inscrire leurs enfants à l’école francophone ne doivent pas être pénalisés.

En Alberta, la communauté francophone, que j’ai l’honneur de représenter, se démarque par sa vitalité et son développement. La croissance de l’immigration a un impact sur les infrastructures et les organismes qui répondent aux besoins grandissants des francophones. Le droit à l’éducation en français est au cœur de notre épanouissement en tant que communauté francophone vivant en milieu minoritaire.

Monsieur le Premier Ministre, le sort de l’éducation en français pour les communautés francophones en situation minoritaire exige de la part du Québec un engagement plus solidaire.

Le droit de gestion de ces écoles, selon l’article 23 de la Charte des droits et libertés, doit être respecté et établi de façon définitive. Nous comptons sur le Québec, le pilier du fait français en Amérique du Nord, pour nous appuyer et nous défendre.

À défaut d’obtenir un appui de votre gouvernement à ce moment-ci devant la Cour suprême, il reste des stratégies politiques et des mesures de rapprochement entre le Québec et les communautés francophones en situation minoritaire qui doivent être prises.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de mes sentiments distingués.

L’honorable Claudette Tardif, Sénatrice de l’Alberta

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