PincottLe conseiller municipal de Calgary, Brian Pincott, a affirmé sa volonté, lors de son passage à Québec pour le Rendez-vous de la fondation du Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique, du 29 au 31 octobre, de voir sa ville devenir bilingue.

 

« Les écoles d’immersion ont des listes d’attente, ce qui veut dire que même quand les parents ne parlent pas français, ils reconnaissent la valeur d’être bilingue. Je pense que la génération après nous va être bilingue et ça va donner un tremplin à la francophonie », croit le conseiller municipal.

 

Il ajoute que les 90 000 francophones qui habitent à Calgary doivent avoir un meilleur accès à des services dans leur langue. Ces changements doivent se faire au sein de l’administration de la ville, et pas au conseil municipal, d’après Brian Pincott. « C’est bon pour l’image d’un politicien de se lever au conseil pour manifester son soutien aux francophones, mais ça prend plus que ça. Il faut que l’administration de la ville s’asseye avec les organismes francophones », explique celui qui s’implique aussi au sein du Réseau des municipalités francophones de la Fédération canadienne des municipalités (FCM).

 

Les Rencontres qui chantent 29.10.15- credit photo John Eric Kaiser 2L’auteur-compositeur-interprète et contrebassiste de l’Alberta, Paul Cournoyer, sera en spectacle à Moncton, le 4 novembre, pour le grand rassemblement musical francophone Rencontres qui chantent. Le Franco-Albertain fait partie des 11 artistes choisis pour faire vibrer la foule, qui devrait s’élever à 300 personnes.

 

« C’est un grand honneur d’avoir été choisi. Je me sens choyé de travailler avec une si belle équipe, c’est-à-dire des formateurs et des artistes de très haut calibre, c’est super », se réjouit Paul Cournoyer. Pour être sélectionné, il devait notamment fournir un curriculum vitae mettant en valeur son parcours artistique et une démo.

 

L’un des critères pour être choisi était d’avoir enregistré au moins un disque. Paul Cournoyer a sorti son premier court album, en français, le 25 août 2014. Son groupe de musique, Post script, a également lancé If not for you cet automne, un album qui contient 11 chansons, dont trois en français.

Dominc LeBlancÀ la dissolution du Parlement, le 2 août 2015, la représentation franco-canadienne dans la 41e législature canadienne était composée de 6 Conservateurs, 5 Néo-démocrates et 2 Libéraux. Au lendemain du scrutin du 19 octobre, elle passe de 13 à 11 députés, tous libéraux sauf un. C’est une baisse de 15 %. À noter que depuis le scrutin du 19 octobre, la Chambre des communes compte 30 députés de plus.

 

La vague libérale a commencé à se faire sentir dès l’annonce des premiers résultats dans les provinces de l’Atlantique. Le Nouveau-Brunswick conserve ses quatre députés francophones, mais cette fois-ci ils sont tous libéraux. Dominic LeBlanc (Beauséjour) n’est plus le seul, il aura à ses côtés Serge Cormier (Acadie-Bathurst), Ginette Petitpas-Taylor (Moncton-Riverview-Dieppe) et René Arseneault (Madawaska-Restigouche). Le ministre Bernard Valcourt a été défait dans cette dernière circonscription et les néo-démocrates n’ont pas réussi à conserver Acadie-Bathurst, longtemps le fief d’Yvon Godin.

JournauxAprès la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE), c’est au tour de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada de porter plainte contre trois institutions fédérales. La FCFA souhaite notamment que le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, détermine si elles ont manqué à leurs obligations linguistiques en privilégiant Internet au détriment des médias francophones minoritaires, pour partager leurs messages publicitaires. Une enquête est déjà en cours pour déterminer s’il y a eu ou non préjudice.

 

Le Commissariat aux langues officielles du Canada a ouvert une enquête en juin, à la suite d’une plainte de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE) et appuyée par l’Association de la presse francophone (APF). D’autres plaintes sont venues s’y ajouter. C’est ce que le département des communications du commissaire, Graham Fraser, nous a confirmé dans un échange de courriels, le 11 septembre.

Vingt délégués des 21 organismes membres de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) ont voté le 4 juin à Gatineau pour élire une présidente et une vice-présidente. Celle qui était vice-présidente en poste depuis un an, Sylviane Lanthier, a été élue présidente. La Franco-Albertaine de 22 ans, Audrey LaBrie, a pris sa place comme vice-présidente, c’est l’une des plus jeunes à la tête de la Fédération en 40 ans.

« Ça a fait longtemps qu’on entend parler de changement au sein de la francophonie canadienne et qu’on veut avoir de nouvelles idées et de nouvelles perspectives. Les membres délégués ont parlé », s’est réjouie Audrey LaBrie, après sa victoire comme vice-présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA).

Audrey LaBrie préparait le terrain depuis longtemps déjà. Elle a écrit à tous les délégués et a discuté avec plusieurs d’entre eux au téléphone de leurs priorités et des enjeux qu’ils veulent prioriser. « Je les ai écoutés et ça les a rassurés. Je savais que j’avais un bon appui », explique celle qui souhaite forger des liens plus solides entre les membres régionaux et ceux des grands centres urbains.

Le panel sur la dualité linguistique organisé par la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), le 4 juin à Ottawa, en a déçu certains. Les représentants des trois principaux partis politiques fédéraux, le Nouveau Parti démocratique, le Parti libéral et le Parti conservateur, ont esquivé plusieurs questions. Le panel, qui devait exposer la vision et les engagements des différents partis sur des enjeux touchant la francophonie et la dualité linguistique au Canada à l’approche des élections fédérales, a souvent tourné en séance d’accusations.

« Toutes les questions sont restées en suspens, aucun candidat n’a tenté de nous convaincre de voter pour lui», se déçoit le doctorant en sciences politiques à l’Université de Montréal spécialisé dans l’action collective des minorités linguistiques, Martin Normand. «Je suis déçu de la tenue des trois panélistes. Le député libéral de Saint-Laurent-Cartierville, Stéphane Dion, était en mission pour défendre son héritage et dénoncer la Feuille de route, mais il n’a pris aucun engagement. »

Patrimoine canadien n’est pas le seul financier des communautés francophones. Quelles sont les autres sources et l’envergure du financement ? Francopresse survole cette semaine la situation des organismes nationaux.

Chacun des 16 organismes nationaux sollicités a partagé ses données. Étonnant, selon le professeur de science politique de l’Université Simon Fraser, Rémi Léger. « Lorsque j’ai vu le premier message avec le tableau*, je me suis dit : bon courage ! Normalement, les organismes sont très réticents à partager les chiffres et comment ils utilisent les fonds. »

Les groupes publient sans faute un rapport annuel mais ils ne partagent pas nécessairement leur bilan financier. Une première recherche web a permis de trouver le bilan de quatre groupes. Par exemple, la Fédération des communautés francophones et acadienne a cessé depuis 2007 d’inclure ses états financiers dans son rapport annuel.

La directrice générale Suzanne Bossé explique : « Notre approche au rapport annuel s’est transformée au cours des années. Nous l’utilisons maintenant beaucoup plus comme un outil de sensibilisation et de promotion. C’est pourquoi il n’était plus pertinent d’y inclure nos rapports financiers. »

Un développement inquiétant, estime le politicologue acadien. « Ça en dit long sur nos organismes qui sont devenus de plus en plus des groupes d’intérêt. Ils sont comme des corporations qui gardent l’information à l’interne. Les assemblées annuelles sont très peu fréquentées.

Denis Desgagné – ancien directeur de l’ACFA (Association canadienne-française de l’Alberta) de Rivière-la-Paix aujourd’hui à la tête du Centre de la francophonie des Amériques – était le maître de cérémonie du premier Forum local de Grande Prairie du Français pour l’avenir, le 18 mars.

Qu’avez-vous pensé du Forum local de Grande Prairie ?

Une des raisons pour lesquelles j’ai accepté d’être présent et de jouer le rôle qu’on m’a demandé de jouer, c’est le fait que ce soit à l’extérieur des grands centres, le fait que l’on touche une région qu’on n’a pas la chance de toucher souvent. […] J’aime beaucoup l’idée de donner une expérience positive aux jeunes. Il y avait des exposés, de la danse, du théâtre… vraiment pour tous les goûts… et de la tire sur neige ! […]

De quelle manière y avez-vous participé ?

On m’a demandé d’être le maître de cérémonie, de saluer les gens, de parler de mon expérience… J’ai quand même vécu dans cette région plusieurs années. J’ai ouvert l’école francophone de Grande Prairie, l’ACFA de Grande-Prairie, la radio communautaire de Falher, j’ai participé à l’ouverture de l’école Héritage, etc.

Ils voulaient aussi que [j’évoque] le nombre de francophones dans les Amériques : 33 millions. Les jeunes étaient surpris qu’il y ait plus de francophones aux États-Unis qu’au Canada ! […]

J’ai donné deux ateliers, un avant midi et l’autre après midi, sur la francophonie des Amériques et les programmes du Centre [de la francophonie des Amériques]. J’ai été étonné que les gens ne connaissent pas les outils du centre, comme la bibliothèque numérique. On a accès à des livres en français gratuitement : des romans, des bandes dessinées… […]

En ce mois de la francophonie, il convient de se demander si le gouvernement du Canada a encore un plan d’action pour la dualité linguistique canadienne. Il le prétend et il appelle cela la feuille de route. En fait, je suis persuadé que celle-ci n’est qu’un faux-semblant, une vitrine qui sert à faire croire que le gouvernement en fait beaucoup, un écran de fumée derrière lequel le gouvernement cache ses compressions.

Personne n’est obligé de me croire; il suffit de jeter un regard objectif sur les chiffres. Le premier plan d’action, celui qui s’est échelonné de 2003 à 2008 et que les communautés de langue officielle ont la bonté d’appeler encore le Plan Dion, comportait des objectifs précis et mesurables. Le tout était appuyé par un financement de 751 millions de dollars répartis sur cinq ans. Il s’agissait vraiment d’argent neuf qui s’ajoutait au financement des programmes existants. C’est ainsi qu’en page 26, on peut lire que pour l’éducation, le plan « ajoute au montant actuel de 929 millions de dollars sur cinq ans la somme de 381,5 millions de dollars. » Le financement du plan croissait d’année en année.

Parvenus au pouvoir, les Conservateurs ont perdu de vue ces objectifs d’ensemble. On n’a plus qu’un ramassis de programmes sans objectif mesurable, sans visée, sans vision… et sans argent neuf.

Monsieur le Premier Ministre du Québec,

J’aimerais vous faire part de ma profonde déception à l’égard de la position de votre gouvernement, lequel est intervenu lors de l’appel entendu devant la Cour suprême du Canada le 21 janvier 2015 dans l’affaire Commission scolaire francophone du Yukon c. Procureure  générale du territoire du Yukon.

Le Québec a indiqué son opposition à toute interprétation de l’article 23 de la Charte des droits et libertés, interprétation qui aurait comme conséquence d’élargir le pouvoir de gestion et de contrôle des représentants de la minorité anglophone. Par ailleurs,  je suis convaincue que si cette position est retenue, il y aura des conséquences négatives au niveau de la protection de la langue française et de l’organisation du réseau scolaire des communautés francophones en situation minoritaire à travers le Canada.

Étant très consciente des enjeux linguistiques auxquels est confronté le Québec, je suis d’avis que pour cette affaire en particulier, votre gouvernement aurait pu prendre position en faveur des francophones hors Québec. Élargir les droits d’accès à l’éducation en français grâce à une interprétation plus généreuse de l’article 23 de la Charte des droits et libertés est crucial et essentiel au développement de l’éducation en français pour toutes les communautés francophones en situation minoritaire.

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