Le panel sur la dualité linguistique organisé par la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), le 4 juin à Ottawa, en a déçu certains. Les représentants des trois principaux partis politiques fédéraux, le Nouveau Parti démocratique, le Parti libéral et le Parti conservateur, ont esquivé plusieurs questions. Le panel, qui devait exposer la vision et les engagements des différents partis sur des enjeux touchant la francophonie et la dualité linguistique au Canada à l’approche des élections fédérales, a souvent tourné en séance d’accusations.

« Toutes les questions sont restées en suspens, aucun candidat n’a tenté de nous convaincre de voter pour lui», se déçoit le doctorant en sciences politiques à l’Université de Montréal spécialisé dans l’action collective des minorités linguistiques, Martin Normand. «Je suis déçu de la tenue des trois panélistes. Le député libéral de Saint-Laurent-Cartierville, Stéphane Dion, était en mission pour défendre son héritage et dénoncer la Feuille de route, mais il n’a pris aucun engagement. »

Patrimoine canadien n’est pas le seul financier des communautés francophones. Quelles sont les autres sources et l’envergure du financement ? Francopresse survole cette semaine la situation des organismes nationaux.

Chacun des 16 organismes nationaux sollicités a partagé ses données. Étonnant, selon le professeur de science politique de l’Université Simon Fraser, Rémi Léger. « Lorsque j’ai vu le premier message avec le tableau*, je me suis dit : bon courage ! Normalement, les organismes sont très réticents à partager les chiffres et comment ils utilisent les fonds. »

Les groupes publient sans faute un rapport annuel mais ils ne partagent pas nécessairement leur bilan financier. Une première recherche web a permis de trouver le bilan de quatre groupes. Par exemple, la Fédération des communautés francophones et acadienne a cessé depuis 2007 d’inclure ses états financiers dans son rapport annuel.

La directrice générale Suzanne Bossé explique : « Notre approche au rapport annuel s’est transformée au cours des années. Nous l’utilisons maintenant beaucoup plus comme un outil de sensibilisation et de promotion. C’est pourquoi il n’était plus pertinent d’y inclure nos rapports financiers. »

Un développement inquiétant, estime le politicologue acadien. « Ça en dit long sur nos organismes qui sont devenus de plus en plus des groupes d’intérêt. Ils sont comme des corporations qui gardent l’information à l’interne. Les assemblées annuelles sont très peu fréquentées.

Denis Desgagné – ancien directeur de l’ACFA (Association canadienne-française de l’Alberta) de Rivière-la-Paix aujourd’hui à la tête du Centre de la francophonie des Amériques – était le maître de cérémonie du premier Forum local de Grande Prairie du Français pour l’avenir, le 18 mars.

Qu’avez-vous pensé du Forum local de Grande Prairie ?

Une des raisons pour lesquelles j’ai accepté d’être présent et de jouer le rôle qu’on m’a demandé de jouer, c’est le fait que ce soit à l’extérieur des grands centres, le fait que l’on touche une région qu’on n’a pas la chance de toucher souvent. […] J’aime beaucoup l’idée de donner une expérience positive aux jeunes. Il y avait des exposés, de la danse, du théâtre… vraiment pour tous les goûts… et de la tire sur neige ! […]

De quelle manière y avez-vous participé ?

On m’a demandé d’être le maître de cérémonie, de saluer les gens, de parler de mon expérience… J’ai quand même vécu dans cette région plusieurs années. J’ai ouvert l’école francophone de Grande Prairie, l’ACFA de Grande-Prairie, la radio communautaire de Falher, j’ai participé à l’ouverture de l’école Héritage, etc.

Ils voulaient aussi que [j’évoque] le nombre de francophones dans les Amériques : 33 millions. Les jeunes étaient surpris qu’il y ait plus de francophones aux États-Unis qu’au Canada ! […]

J’ai donné deux ateliers, un avant midi et l’autre après midi, sur la francophonie des Amériques et les programmes du Centre [de la francophonie des Amériques]. J’ai été étonné que les gens ne connaissent pas les outils du centre, comme la bibliothèque numérique. On a accès à des livres en français gratuitement : des romans, des bandes dessinées… […]

En ce mois de la francophonie, il convient de se demander si le gouvernement du Canada a encore un plan d’action pour la dualité linguistique canadienne. Il le prétend et il appelle cela la feuille de route. En fait, je suis persuadé que celle-ci n’est qu’un faux-semblant, une vitrine qui sert à faire croire que le gouvernement en fait beaucoup, un écran de fumée derrière lequel le gouvernement cache ses compressions.

Personne n’est obligé de me croire; il suffit de jeter un regard objectif sur les chiffres. Le premier plan d’action, celui qui s’est échelonné de 2003 à 2008 et que les communautés de langue officielle ont la bonté d’appeler encore le Plan Dion, comportait des objectifs précis et mesurables. Le tout était appuyé par un financement de 751 millions de dollars répartis sur cinq ans. Il s’agissait vraiment d’argent neuf qui s’ajoutait au financement des programmes existants. C’est ainsi qu’en page 26, on peut lire que pour l’éducation, le plan « ajoute au montant actuel de 929 millions de dollars sur cinq ans la somme de 381,5 millions de dollars. » Le financement du plan croissait d’année en année.

Parvenus au pouvoir, les Conservateurs ont perdu de vue ces objectifs d’ensemble. On n’a plus qu’un ramassis de programmes sans objectif mesurable, sans visée, sans vision… et sans argent neuf.

Monsieur le Premier Ministre du Québec,

J’aimerais vous faire part de ma profonde déception à l’égard de la position de votre gouvernement, lequel est intervenu lors de l’appel entendu devant la Cour suprême du Canada le 21 janvier 2015 dans l’affaire Commission scolaire francophone du Yukon c. Procureure  générale du territoire du Yukon.

Le Québec a indiqué son opposition à toute interprétation de l’article 23 de la Charte des droits et libertés, interprétation qui aurait comme conséquence d’élargir le pouvoir de gestion et de contrôle des représentants de la minorité anglophone. Par ailleurs,  je suis convaincue que si cette position est retenue, il y aura des conséquences négatives au niveau de la protection de la langue française et de l’organisation du réseau scolaire des communautés francophones en situation minoritaire à travers le Canada.

Étant très consciente des enjeux linguistiques auxquels est confronté le Québec, je suis d’avis que pour cette affaire en particulier, votre gouvernement aurait pu prendre position en faveur des francophones hors Québec. Élargir les droits d’accès à l’éducation en français grâce à une interprétation plus généreuse de l’article 23 de la Charte des droits et libertés est crucial et essentiel au développement de l’éducation en français pour toutes les communautés francophones en situation minoritaire.

Nommée aux Prix Écrans canadiens pour son travail d’historienne dans le cadre d’un documentaire pour CBC, Juliette Champagne a prouvé que la cloche de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba n’était pas celle de Batoche.

« Pour les Métis, c’est un symbole de ce qu’ils ont perdu… De leur patrimoine ! », explique l’historienne franco-albertaine Juliette Champagne. Ce symbole, c’est la cloche de Batoche. Avant la diffusion sur CBC, en mars 2014, du documentaire The Mystery of the Bell, beaucoup pensaient encore que cette cloche avait été volée par des soldats à la fin du XIXe siècle, emmenée en Ontario, récupérée par un Métis des décennies plus tard et finalement rendue à l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba. Cette cloche provient en fait de Frog Lake, celle de Batoche ayant presque entièrement fondue dans un incendie en 1990. Mais reprenons depuis le début…

Le parcours de la « vraie » cloche

« En 1879, Monseigneur Grandin était en France. Il a commandé une vingtaine de cloches pour ses missions [dans l’Ouest canadien] qui étaient à leurs balbutiements », débute Juliette Champagne.

En septembre 1884, une de ces cloches est consacrée en l’église Saint-Antoine-de-Padoue à Batoche, une communauté métisse au nord-est de Saskatoon. La cloche sera nommée Marie-Antoinette.

Au printemps 1885, le gouvernement canadien encourage l’arpentage de terres dans l’Ouest canadien, ce qui empiète sur les propriétés des Métis installée le long de la rivière Saskatchewan. Ceux de Batoche font appel à Louis Riel et prennent les armes.  Selon la légende, c’est à ce moment que les soldats canadiens auraient volé ladite cloche, après avoir maté la révolte.

Une contravention unilingue anglophone, à l’origine de la saga judiciaire de Gilles Caron, pourrait aujourd’hui changer l’histoire des minorités francophones du pays.

Après un parcours juridique qui a duré plus de 12 ans, la Cour suprême du Canada a entendu vendredi le 13 février les avocats des deux albertains Gilles Caron et Pierre Boutet qui ont contesté l’unilinguisme de contraventions reçues du gouvernement de l’Alberta. Plusieurs interventions par le biais de mémoires avaient également été reçues, dont celle de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA).

Le président de l’ACFA, Jean Johnson (avec les avocats de Pierre Boutet sur la photo), qui était présent vendredi, ressort confiant et heureux de l’expérience : « Nos juristes nous ont très bien servis. Honnêtement, je n’avais pas beaucoup d’espoir mais après ce que j’ai vu, je pense qu’on peut obtenir gain de cause dans cette histoire. » Selon lui, les juges de la Cour suprême se sont montrés très réceptifs aux arguments des avocats de M. Caron et M. Boutet, Me Roger Lepage et Me Sébastien Grammond, et les relançaient avec beaucoup de questions.

Dans le cadre d’une visite à Winnipeg le 9 septembre, le ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration du Canada Chris Alexander s’est engagé à lancer des consultations au cours des prochains mois pour augmenter le nombre d’immigrants francophones en dehors du Québec. Seront consultés : des représentants des communautés francophones, des provinces et des territoires, des fournisseurs de services d’établissement, d’autres ministères et des employeurs.

« Nous continuerons à travailler avec nos partenaires afin d’attirer des immigrants d’expression française qui possèdent les compétences dont notre marché du travail et notre économie ont besoin », a précisé le ministre Alexander (en photo avec Marie-France Kenny, présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne).

La Cour fédérale du Canada a rendu lundi un jugement confirmant que Radio-Canada était assujettie à la Loi sur les langues officielles (notamment la partie VII). Elle a donc l'obligation de prendre des mesures pour « favoriser l’épanouissement » et « appuyer le développement » des communautés de langue officielle en situation minoritaire.

Le tribunal a contredit Radio-Canada qui estimait que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) était la seule institution ayant un droit de regard sur sa programmation.

En 2010, j’ai vécu à Caraquet, avec une cinquantaine de jeunes en provenance de différentes régions des Amériques une expérience extraordinaire dans le cadre du 2ème Forum des jeunes ambassadeurs de la Francophonie des Amériques (FJAFA) à Moncton. Cette année-là, j’ai pris connaissance de ce que c’est qu’un Congrès mondial acadien. Intérieurement, je me suis promis de le vivre. C’était un vœu. Puis je suis retourné vivre ma vie de jeune journaliste humanitaire qui sillonnait les camps de sinistrés du séisme de 2010 en Haïti et qui menait en même temps des études de communication à l’Université d’État d’Haïti. 

 

Quatre ans plus tard, le Centre de la Francophonie des Amériques m’offre la possibilité de vivre ce congrès en mettant mon expérience à la Radio Jeunesse des Amériques du 13 au 19 août. Enchantement, dévouement, exploration, retrouvailles sont les quelques mots qui ont fait tilt dans ma tête quand j’ai lu le courriel d’acceptation.

 

Mon CMA...c’est de l’enchantement. Enchanté d’être en Acadie des terres et des forêts, de vivre la fierté acadienne. L’histoire acadienne n’est pas analogue à celle de mon pays, Haïti. Les Acadiens sont majoritairement des descendants français. Les Haïtiens, pour la grande majorité des descendants africains.  

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