La jeunesse fransaskoise a décidé de faire entendre sa voix concernant l’intimidation lors de l’assemblée générale de l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF), en novembre dernier, à Regina.

Après les défilés, les spectacles, les consultations et conférences ainsi que les démarches de réconciliation et les excuses officielles, quel est l’état d’esprit des Canadiens à la fin de l’année du 150e anniversaire de la Confédération canadienne ? Pour certains observateurs, le triomphalisme est difficile : 2017 a débuté avec la tuerie de six musulmans dans une mosquée et encore des Autochtones, des femmes et des minorités sexuelles sont quotidiennement victimes de violence.

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Une chronique publiée dans la Gazette de Montréal le 6 décembre par Dan Delmar évoquait la « renaissance » que le français connaîtrait hors Québec, c’est-à-dire le « Canada anglais » pour son auteur. Anne Levesque, née à Falher en Alberta, et militant pour les droits linguistiques, a tenu à répondre par chronique interposée. Pour la francophone avocate établie à Ottawa depuis une dizaine d’années,  cette vision est erronée. Elle nous donne sa perspective.

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La question a été posée mercredi par la chroniqueuse Chantal Hébert du Toronto Star : si la Cour suprême n’était plus tenue au bilinguisme des juges et devait refléter la diversité canadienne, quel serait l’impact sur l’appareil fédéral ? Plusieurs acteurs ont été troublés par le scénario évoqué par le prochain commissaire aux langues officielles. Raymond Théberge a corrigé le tir jeudi, mais son propos continue à faire réfléchir.

La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) joint sa voix à celles de la Société franco-manitobaine (SFM) et de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba pour demander au gouvernement du Canada d’exonérer le chef métis Louis Riel, considéré comme le fondateur de la province.

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Pas question de céder à la peur ou à la haine. Tel est le mot d’ordre des citoyens suivant l’attaque du 29 janvier dans la Grande Mosquée de Québec. Alors que des douzaines de femmes et d’enfants se recueillaient à l’étage, six des 24 hommes en prière au rez-de-chaussée ont péri.

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Le pays a un siècle et demi. Comment le raconter ? Il y a souvent plusieurs manières de dire les choses. En voici deux.

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Dube Consultations CT et PCH Martin Normand 1La fin de 2016 aurait pu signaler un terme aux consultations d’Ottawa sur les langues officielles, avec les 22 tables rondes et le défilé de 350 militants des six derniers mois sur le prochain plan de Patrimoine canadien (PCH). Mais il n’en est rien. Un autre examen d’envergure, concernant le Règlement sur les langues officielles, débute en 2017.

Dube Alex Bouchard Conseil jeunesse PM« On parle beaucoup d’oléoducs, beaucoup sont contre et on va en parler au premier ministre en janvier. La victoire (des manifestants) à Standing Rock (Dakota du Nord), ça dérange. Tant qu’on en parle, quelque chose va changer éventuellement. »

Alex Bouchard a trouvé une tribune pour participer au changement. Originaire de Haines Junction, au Yukon, elle fait partie du Conseil jeunesse de Justin Trudeau. Elle répond à plusieurs critères : bilingue du Nord, éduquée et engagée politiquement. Elle est une des 15 membres choisis en septembre parmi 14 000 candidatures reçues.

640px-Kids at daycareSelon une série de sondages conduits en 2016 par la Fédération des Parents Francophones de L’Alberta (FPFA), il n’y a pas suffisamment de places dans les garderies en milieu francophone. Un constat qui inquiète la FPFA ainsi que les parents. L’un des risques principaux étant de voir le taux d’assimilation augmenter. Une étude conjointe avec le Conseil de Développement Économique (CDÉA) est en cours, afin de trouver une solution au problème, à savoir : vers quel modèle économique les garderies francophones pourraient-elles tendre ?  

« L’impact de mettre un enfant dans un service de garde en anglais amène l’enfant à avoir des besoins de francisation » explique Mireille Péloquin, directrice de la Fédération des Parents francophones de L’Alberta (FPFA). Le risque de voir par la suite de très jeunes enfants continuer dans un système éducatif anglophone est grand. « …On voit vraiment le service de garde comme une porte d’entrée à une identité culturelle, une identité francophone » souligne la directrice de la FPFA. Le manque de places dans les garderies interfère donc directement avec le processus d’apprentissage linguistique chez les touts petits.

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