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Samedi 16 mai, 57 personnes étaient présentes au dernier concert de l’année estampillé « Chemin chez nous » dans la région Centralta. Par ailleurs, aucun des six concerts de la saison n’a attiré moins de 25 spectateurs. L’explication de ce succès ? L’organisation simultanée d’un repas festif et la mise en place d’une efficace campagne de communication locale.

 

« Les gens veulent se retrouver ensemble. Avant, on jasait sur le parvis de l’église… Maintenant, il y a les écoles, mais c’est pas tout le monde qui a des enfants ! », relève Geneviève Lehoux, organisatrice bénévole des concerts Chemin chez nous 2014-2015 dans la région Centralta (Saint-Albert, Morinville, Legal). Pour aider les francophones éparpillés à se réunir, elle a décidé d’adapter la recette Chemin chez nous à sa région, avec l’aide de Chantal Fréchette.

Du 30 janvier au 13 février, de Falher à Bonnyville, la chanteuse Sandra Le Couteur parcourra l’Alberta dans le cadre d’une tournée de concerts « chez l’habitant ». L’Acadienne promet d’emmener les spectateurs dans l’univers de son île, l’île Miscou.

« J’ai été bercée par la grande chanson française parce qu’on avait une radio qui diffusait les artistes français et québécois », explique Sandra Le Couteur. Elle a grandi à Miscou, une île « très très isolée » à l’extrême nord-est du Nouveau-Brunswick. Cette enfance atypique nourrit aujourd’hui ses textes. « Quand j’étais petite, y’avait pas de pont, on avait un traversier », se souvient-elle. Un pont a finalement été construit en 1996.

Chanteuse depuis toujours (« je dis toujours que j’ai chanté à mon baptême »), Sandra en a fait son métier sur le tard. « Mes enfants sont entrés à l’université et j’ai pris la décision de plonger », raconte l’Acadienne née en 1956. Elle gagne le prix du public du Gala de la chanson de Caraquet en 1992 et enchaîne les concerts : « À la Place des Arts (immense complexe artistique à Montréal, NDLR), au Vietnam, en France…  Je me suis promenée pas mal ».

La musicienne Anique Granger est en tournée en Alberta et en Saskatchewan jusqu’au 6 novembre. Un circuit estampillé « Chemin chez nous » qui préfère les maisons des particuliers aux salles de concert traditionnelles...

« Je vois les gens et leurs réactions, ils n’ont nulle part où se cacher ! », plaisante Anique Granger. La musicienne d’origine fransaskoise a commencé dimanche 19 octobre, à Legal, sa troisième tournée avec Chemin chez nous (pendant francophone de Home Routes). Cet organisme basé à Winnipeg organise des circuits de concerts folk chez l’habitant dans les communautés francophones de l’Ouest canadien depuis septembre 2009.

« Cela répond à un besoin de nos communautés d’avoir une vie culturelle et de connaître les artistes francophones », estime Nicole Brémault, employée  touche-à-tout de Chemin chez nous.

« Folk, au fond, ça veut dire populaire », rappelle-t-elle. Logique, du coup, d’apporter cette musique directement dans l’intimité des maisons canadiennes. L’organisme privilégie les artistes confirmés tels qu’Yves Lambert, Angèle Arsenault… ou Anique Granger, actuellement en tournée en Alberta.

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