Le bien-être de la femme à la loupe

Le 7 novembre à la Cité francophone, le Centre d’accueil et d’établissement et la Coalition des femmes de l’Alberta ont réservé un moment de la Semaine nationale de l’immigration francophone aux femmes de l’Alberta.

« Le monde est porté par les femmes », a tenu à souligner la présidente de la Coalition des femmes de l’Alberta, Gioia Sallustio-Jarvis. Elle a ensuite mentionné l’importance de ses amies auxquelles elle peut se confier. « Sans elles, je ne serais pas là aujourd’hui devant vous », a-t-elle dit. Ce miniforum était donc l’occasion de réfléchir à ce en quoi consiste le bien-être de la femme, dans des circonstances de déracinement notamment, mais aussi de se retrouver et de créer des amitiés.

Après avoir fait le portrait fictif de trois types de femmes, qui ont réussi à réaliser un aspect de leur bien-être tout en constatant certaines lacunes au niveau physique ou psychologique, Jeanne Lehman a conclu en disant que « chacune de nous doit définir ce qu’est le bien-être ». Celle qui travaille au jour le jour avec des immigrants au Africa Centre, et présidente de la nouvelle association Francophonie albertaine plurielle (FRAP), donne un conseil aux femmes présentes : qu’elles prennent au moins une journée à elles pour leur permettre de souffler. « Si vous avez eu le courage de tout quitter pour venir ici, vous devriez arriver à trouver votre bien-être », finit-elle.


Lucie Blanchette (photo), qui est administratrice à la Coalition des femmes de l’Alberta, a parlé de son histoire familiale parfois difficile, mais toujours enrichissante. Son fils adoptif souffrait du syndrome d’alcoolisme fœtal qui s’est surtout manifesté à l’adolescence. « Le côté abstrait de son cerveau est pauvre, explique-t-elle. À l’âge de 16 ans, il a commencé à avoir des problèmes de drogues et des problèmes avec la loi. Il avait le développement mental d’un enfant de 12 ans. » Les années ont passé et il a fait sa vie avec une jeune femme et a eu un enfant. Les grands-parents n’étaient pas toujours en accord avec leur mode de vie, mais « on a réalisé qu’en essayant de le changer, on se rendait malheureux, témoigne Mme Blanchette. Cette leçon de vie, je l’ai pratiquée dans ma vie personnelle et professionnelle. Si tu acceptes les autres comme ils sont, ça procure moins de stress. »

Ensuite, Dulari Prithipaul, au Canada depuis plus de 40 ans et membre du conseil d’administration du Centre d’accueil et d’établissement, a enjoint les participants à partager leurs idées autour d’un certain nombre de questions. « En tant qu’immigrants, contre quoi buttons-nous ?  », a-t-elle demandé. Selon Mme Prithipaul, le bien-être des femmes nouvellement arrivées « commence par se définir par la société d’accueil ». Bien entendu, cette société d’accueil présente un certain nombre d’obstacles et l’activité proposée par Mme Prithipaul visait à les identifier.

Marie-Pier Otis, qui est arrivée du Québec il y a quelque mois, a buté contre le système de soins de santé et les dédales interprovinciaux de l’assurance maladie. Ami, quant à elle, a eu une mauvaise expérience dans sa rechercher d’emploi, qu’elle doit surmonter pour continuer. « J’ai eu une réponse positive pour un poste en garderie, mais il fallait encore que j’aille chercher certains papiers de toute urgence. Quand j’ai obtenu les papiers et que je suis retournée à l’employeur, elle m’a dit qu’elle n’avait plus besoin de moi. »

« J’ai quatre enfants. Je m’étais fait renvoyer de là où j’habitais. Je suis allée aux services sociaux de l’Alberta et ils m’ont dit que tout ce qu’on pouvait faire pour moi, c’est de me renvoyer au Québec, parce que j’avais laissé mon emploi à Montréal, raconte Fatouma. Finalement, ils m’ont donné le chômage, mais ça ne me permet pas de couvrir mes dépenses. »

« On rencontre toujours des désespoirs même d’une province à l’autre », a tenté de les rassurer Jeanne Lehman. Malgré ces désespoirs, toutes les participantes avaient le sourire et semblaient heureuses de ce moment qui leur appartenait.

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