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Alta TV : favoriser le dialogue dans la communauté

Des capsules sont déjà disponibles sur le Web et bientôt une émission régulière à Shaw TV.

Un nouveau joueur vient de faire son entrée sur la scène médiatique francophone en Alberta ; il s’agit d’Alta TV, une initiative d’un groupe d’une dizaine de bénévoles.


« Nous avons commencé à en discuter en juillet dernier. Nous cherchions une façon de pouvoir donner une vitrine aux communautés, tout en permettant de bien informer la communauté francophone », a présenté le directeur et producteur d’Alta TV, René Vincent-Tshibula, lorsque rencontré en compagnie de deux autres bénévoles : le rédacteur-animateur Dicky T. Dikamba et la recherchiste-animatrice Amira Kettal.

L’idée initiale, qui était de créer des capsules pour le Web, s’est rapidement transformée. « Grâce à une initiative d’Alain Bertrand, nous avons suivi et continuons de suivre une formation dans les studios de Shaw TV à Edmonton et nous prévoyons diffuser notre première émission télévisuelle au début du mois d’avril », soutient M. Tshibula.

Avec cette émission, qui sera d’abord produite aux deux semaines avant de devenir un rendez-vous hebdomadaire, l’équipe entend se concentrer sur l’aspect communautaire.

« On veut maximiser le rapprochement au niveau de la communauté. On veut raconter les réussites des organismes. Ce n’est pas tout le monde qui est à l’aise d’aller à Radio-Canada, alors il fallait développer un outil, quelque chose de communautaire », souligne René Vincent-Tshibula.

« On veut, grâce à Alta TV, créer une proximité entre la communauté d’accueil, qui est la francophonie albertaine, et les communautés ethnoculturelles. On veut, par l’entremise de la télévision et de la langue française qui nous rapproche, créer une symbiose dans la communauté », précise M. Dikamba.

« Le rendu final permettra d’informer les gens d’ici et d’ailleurs sur ce qui se passe dans la communauté francophone à Edmonton », estime Amira Kettal.

Déjà, le canevas de l’émission de 30 minutes prend forme avec l’intégration de segments tels que À l’école de la démocratie, Nouveaux horizons, Communauté en action, Les coulisses et Revue de presse.

« C’est un travail d’équipe. Nous avons des animateurs pour chacun de ces segments, affirme René Vincent-Tshibula. Nous sommes aussi responsables de tout le côté technique de l’émission, que ce soit comme caméraman, graphiste, régisseur, etc. »

L’équipe n’entend pas demeurer toujours dans les studios de Shaw, qui se trouvent au coin de la 104e Avenue et la 178e Rue à Edmonton. « Par exemple, nous irons tourner des capsules à l’Assemblée législative afin de présenter comment fonctionne le système politique ici, car certains immigrants, qui proviennent de camps de réfugiés ou qui ont subi des pressions politiques, ne connaissent pas le système canadien. Ils doivent se familiariser avec le mode de fonctionnement d’ici », ajoute M. Tshibula.

« Pour ce segment, le député franco-albertain Hector Goudreau s’est montré intéressé à travailler avec nous sur ce projet », enchaine Dicky Dikamba.

Contrairement à l’émission HELLO-BONJOUR ALBERTA, qui est une émission bilingue produite à Calgary, Alta TV sera diffusée uniquement en français. « C’est du temps d’antenne francophone à Shaw. D’autres communautés, comme les Philipinniens, ont leur émission hebdomadaire », indique René Vincent-Tshibula.

Appel à la communauté
Comme le fait remarquer M. Tshibula, Alta TV compte élargir son groupe de bénévoles. « Notre grande crainte, c’est que les gens perçoivent Alta TV comme quelque chose qui est destiné uniquement à la communauté immigrante, mais ce n’est pas le cas. Onveut une représentation de tous. On souhaite que les Franco-Albertains s’impliquent et se sentent interpelés, tout comme les étudiants au Campus Saint-Jean », donne-t-il en exemple. « C’est un nouveau monde pour nous. On veut apprendre et on n’est surtout pas des professionnels, alors si des personnes ont des conseils ou des idées, nous les invitons à les partager », ajoute-t-il.

Le projet reste en évolution, comme le précise Amira Kettal : « Les éléments de base sont en place, mais c’est un projet qui va se développer de semaine en semaine, selon les idées qui seront avancées et les invités qui viendront à l’émission. »

Si Alta TV mise sur l’engagement de ses bénévoles, à moyen terme, du financement extérieur sera nécessaire pour assurer une autonomie. « Les communautés qui ont une émission à Shaw TV, elles, ont un fort appui de leurs membres », souligne Dicky Dikamba.

« Je pense qu’il faut y aller une étape à la fois. Nous devons faire nos preuves avant de parler de financement », avance M. Tshibula, qui se donne jusqu’en septembre pour que l’émission soit bien rodée et à la hauteur des attentes.
- Le Franco

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