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Un comité qui est là pour durer?


L’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) a convoqué, à ses bureaux, les représentants des commmunautés immigrantes francophones, le 21 juin dernier. L’association croit qu’en dialoguant avec eux, elle arrivera à mieux cibler leurs besoins. 

« Je tire de bonnes conclusions de cette rencontre puisque les participants ont tenu à rendre ces réunions plus régulières », explique la coordonnatrice du Réseau de l’immigration francophone, Ida Kamariza.


Pour l’organisme, il est « difficile d’impliquer les communautés dans le processus de décision du Réseau de l’immigration francophone parce qu’elles ne sont pas intéressées à participer aux réunions ». 

Pourtant, la meilleure façon de connaitre les besoins des communautés est de s’assoir avec ses représentants et de discuter. Après tout, « ils sont les premiers à être en contact avec les nouveaux arrivants », selon Mme Kamariza.

Manque de communication
L’un des problèmes qui a été soulevé lors de la rencontre est le manque de communication. « Des tonnes de services sont à la disposition des nouveaux arrivants. Il suffit seulement de les faire connaitre aux gens », a fait valoir Mme Kamariza.

Pour le représentant de la communauté rwandaise, Arthémon Rurangwa, il suffit de créer un comité qui serait permanent. « Nous venons à vos rencontres, nous vous écoutons en silence et rien ne se passe, dit-il. Il n’y a pas de suivi qui se fait. »

Une Afrique divisée
Quant au doyen de la communauté nigérienne d’Edmonton, Seydou Sanda, les communautés africaines sont trop divisées. « Nous n’arrivons pas à travailler ensemble, croit-il. Pourtant, nous formons un seul continent. Pourquoi ne pas former qu’une seule communauté? Nous ne sommes pas si différents après tout. »

Selon lui, il faut comprendre ses besoins et se concentrer sur deux ou trois de ceux-ci pour commencer. « Nous devons connaitre nos priorités et mandater des spécialistes, poursuit M. Sanda. Il y a du talent dans nos communautés, mais on ne sait pas comment s’y prendre pour se rendre efficace. »

Seydou Sanda est d’accord pour dire qu’il faut que ces réunions soient plus fréquentes. « Ce qu’il faut, c’est venir et revenir. On devrait aussi mettre sur papier les points saillants de nos rencontres et envoyer le compte-rendu à tous les 
représentants des communautés francophones, y compris ceux qui étaient absents », exprime-t-il.

Payez et vous recevrez
Comme l’explique le président de l’Association burundaise d’Edmonton, Prosper Nshimiye, les réunions se tiennent juste après le travail, ce qui empêche certains de pouvoir y participer. « J’aime ma communauté, mais je ne mourrai pas pour elle. Je ne veux pas avoir à manquer du travail pour participer aux discussions, explique-t-il. Il faudrait peut-être trouver un moyen de dédommager les gens pour qu’ils soient motivés à assister à nos réunions. »

Pour Ida Kamariza, donner de l’argent à ceux qui accepteront de participer aux discussions n’est pas une option. « C’est à vous à vous prendre en charge, rappelle-t-elle. Aidez-nous à mieux vous aider. »

Les participants se sont finalement entendus pour planifier une rencontre le 19 juillet pour poursuivre le dialogue.

 

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