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Coalition des femmes de l’Alberta : leadership remis en question

La présidente de la Coalition, Denise Lavoie-CyrAprès avoir attiré une quarantaine de personnes en 2011, le colloque annuel de la Coalition des femmes de l’Alberta n’aura regroupé qu’une quinzaine de participantes, le 14 avril dernier, à La Cité francophone.

Une rencontre qui a vu certaines membres remettre en cause le leadership de leur organisme. « Nous nous permettons, à titre de membre, tout comme vous, de vous faire part de nombreuses irrégularités au sein du Conseil d’administration (CA) de notre organisme qui, selon nous, risquent de mettre l’avenir de la Coalition en péril », a affirmé Claire Dallaire.


Mme Dallaire, qui agissait comme porte-parole du groupe, a du même coup exigé la démission de la présidente actuelle, Denise Lavoie-Cyr, ainsi que deux autres membres du conseil, soit Jacqueline Bégin et Angélina Gionet.

« Depuis l’AGA de 2011, de multiples anomalies ont été observées qui vont à l’encontre de la lettre et de l’esprit des statuts constitutifs de la Coalition et qui entravent le bon fonctionnement de l’organisme. Nous jugeons que les décisions prises par certaines membres de notre CA illustrent un non-respect des principes de gouvernance de la Coalition, soit l’imputabilité, la solidarité et l’intégrité », avance Claire Dallaire.

Celle-ci faisait référence à la démission en bloc de quatre membres, l’automne dernier, soit Patricia Auger Lachance, Lina Labonté, Marie Chailler Monfette et Nathalie Savoie, ainsi que de l’abolition du poste de la direction générale. « Cet acte a été catalyseur dans le ralliement des membres de la Coalition qui sont présentement très inquiètes de la santé et de la survie de l’organisme », de soutenir Mme Dallaire.

Les membres visées par la résolution n’ont pas partagé cet avis. « Notre porte a toujours été ouverte. Nous avons invité les quatre membres démissionnaires à venir nous rencontrer, en compagnie de deux personnes de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), mais nous n’avons jamais eu de réponses de leur part », a lancé Denise Lavoie-Cyr, qui a, du même coup, déploré la sortie publique des membres démissionnaires l’automne dernier, plutôt que de voir l’organisme laver son linge sale en famille.

« Quand je me suis impliquée dans la Coalition, c’était pour apporter ma contribution. J’ai été déçue, dès les premières rencontres, de voir qu’il y avait beaucoup d’argumentation aux réunions. Il y avait beaucoup de personnes fortes au sein du CA et les débats tournaient rapidement autour de qui allait avoir raison, plutôt que de voir au développement de la Coalition », a, pour sa part, indiqué Angélina Gionet.

Quant au poste de direction générale, qui était occupé par Fabienne Bühl jusqu’à tout récemment, Mme Gionet n’a pas voulu entrer dans les détails. « Quel est le but que nous voulons atteindre comme Coalition? Cette question a contribué à la prise de cette décision », affirme-t-elle.

Pour ce qui est du tollé que cette décision a eu, Angélina Gionet rappelle « qu’il y a un processus légal qui existe et si cela se rend jusque-là, on va vivre avec ».

De son côté, Denise Lavoie-Cyr souligne que, financièrement, la Coalition n’avait plus les moyens d’avoir une direction générale à temps plein. D’ailleurs, l’organisme a terminé sa plus récente année financière (1er janvier au 31 décembre 2011) avec un déficit de plus de 22 000 $. De plus, environ 70 % de son budget a été versé en salaire.

« Il n’y a plus de direction générale. Nous avons offert un poste qui aurait permis à notre employée de rester avec nous », a-t-elle fait remarquer.

Présente à l’AGA, Mathilde Effray-Bülh, fille de Fabienne Bülh, a tenté de présenter le revers de la médaille. « Il y a des façons légales de faire une mise à pied. La non-existence d’une évaluation formelle et le fait d’avoir forcé ma mère à signer un document écrit à la main ne constituent pas une façon légale de le faire », a-t-elle estimé.

Pour Claire Dallaire, à la veille du 10e anniversaire de la Coalition, « il est important de pouvoir envisager nos futures décennies avec espérance et fierté, compte tenu du rôle essentiel que nous jouons auprès des femmes, de notre communauté francophone albertaine ».

Selon cette dernière, à l’heure actuelle, « l’image que nous projetons est loin d’inspirer confiance. Tout compte fait, la crédibilité de la Coalition est sérieusement compromise aux yeux des membres, du public et nos bailleurs de fonds », croit-elle.

Au terme de ces échanges, un vote secret sur la résolution exigeant la démission immédiate des trois membres visées a eu lieu. Même si la résolution a été défaite par une majorité de membres, Claire Dallaire juge que le débat en valait le coup. « Un vote de censure a été présenté et celui-ci a mis en lumière la situation actuelle de la Coalition », juge-t-elle.

Nouveau CA
Coïncidence ou non, soulignons que deux élues visées par cette résolution, soit Jacqueline Bégin et Angélina Gionet, n’ont pas sollicité un nouveau mandat. Denise Lavoie-Cyr a, quant à elle, été réélue, par acclamation, pour un nouveau mandat au sein du CA, alors qu’Agnès Mpinda et Geneviève Labrie poursuivent leur mandat.

Pour leur part, Diane Chiasson, Suzanne Lamy-Thibodeau, Khady Koné, Carole Émard, Gioia Sallustio-Jarvis et Suzanne Gareau-Kubicky font toutes leur entrée au CA.

Les élues formeront le nouvel exécutif de la Coalition lors de leur première rencontre.
 

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