Voyage de sensibilisation au Nicaragua

Un groupe de 10 adultes du centre et du nord de l’Alberta s’est rendu au Nicaragua, du 23 mars au 1er avril 2012, afin de découvrir les projets humanitaires initiés par le prêtre franco-albertain, Denis Hébert, établi à Managua, la capitale, lors d’un voyage organisé par le Conseil de l’éducation de la foi catholique chez les francophones de l’Alberta (CÉFFA). Le Franco vous présente, cette semaine, le premier d’une série d’articles sur ce voyage et les découvertes que le groupe a faites.

L’organisme catholique a récemment proposé de prendre la responsabilité d’organiser ces voyages tant pour les paroissiens que pour les élèves francophones.


Le président du CÉFFA, Marcel Lizotte, affirme qu’il n’existait pas de meilleur véhicule pour développer ces projets. « L’organisme a le mandat de développer la foi francophone ici et ailleurs et ce séjour de conscientisation des besoins des pays en développement permet de voir concrètement les différences qu’apportent les œuvres du Père Hébert », précise-t-il.

Des projets, dans les écoles Maurice-Lavallée d’Edmonton et Héritage de Falher, permettaient aux élèves d’appuyer les œuvres du Père Hébert, notamment en aidant certaines communautés nicaraguayennes isolées dans la construction de maisons ou d’écoles, à travers des organismes fondés par ce dernier en 2007, soit Fundacco au Nicaragua, et son équivalent albertain, Roots of Change, établit à Edmonton.

Éclairer les adultes, préparer les jeunes
Karen Doucet, conseillère scolaire au Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN) avoue qu’elle n’avait pas un intérêt marqué envers les pays de l’Amérique latine jusqu’à maintenant, mais était curieuse de connaitre ce que vivent les élèves lorsqu’ils vont développer les projets de Fundacco. D’autant plus que son fils a déjà participé à un de ces voyages humanitaires.

« On entend parler des projets du Père Hébert et il y a toujours de belles histoires au retour des élèves. C’est un pays en développement, alors ils ont les mêmes projets politiques que nous, l’avancement du droit des femmes, le développement économique, etc., ce n’est seulement pas au même niveau », fait-elle remarquer.

Le Nicaragua se remet d’une guerre civile qui a eu lieu durant les années 1980 où environ 75 000 garçons y ont perdu la vie selon les estimations du pays, à la suite d’une révolution survenue en 1979, année durant laquelle le peuple nicaraguayen a mis fin à la dictature de la famille Somoza, imposée depuis 1936.

Jeannine de Moissac, ancienne enseignante, visitait pour la première fois la République du Nicaragua et assure avoir vécu une expérience inoubliable. Elle admet avoir eu des appréhensions avant le départ et s’être préparée mentalement et physiquement. Il est vrai que les Canadiens ont été appelés à sortir de leur zone de confort lorsqu’ils ont été accueillis chez des familles dans le petit village de Cinco Pinos où des élèves de l’école Maurice-Lavallée y ont développé des projets. Celui-ci compte environ 7000 habitants et l’eau courante est encore un luxe que beaucoup d’entre eux ne peuvent s’offrir.

« Je ne pensais pas que ce serait aussi difficile à Cinco Pinos. Certaines maisons sont très rudimentaires, les planchers sont en terre battue. On sait qu’il existe des bidonvilles, mais vivre l’expérience m’a convaincue de m’engager à donner », exprime Mme de Moissac.

« Il faut savoir donner, souligne-t-elle, et ne pas le faire de façon paternaliste. Il faut donner et recevoir, ils ont aussi à nous donner, ça les valorise. Autrement, nous nous plaçons dans une situation supérieure et on ne l’est pas », rappelle-t-elle.

Pour Marcel Lizotte, qui est aussi directeur général du Conseil scolaire du Nord-Ouest, cette visite lui a permis de clarifier ce qu’un voyage humanitaire pouvait apporter aux jeunes francophones de l’Alberta.

« Il faut garder un équilibre. Cela revient à nous d’enseigner cela aux jeunes. Il ne s’agit pas de donner, mais de partager ce qu’on a, partager notre surplus puisque nous en avons », conclut ce dernier.
 

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