Le nouveau RIFA : autonome, local et inclusif

Mercredi 7 mars au pavillon Lacerte du Campus Saint-Jean à Edmonton, une réunion a clarifié le nouveau statut du RIFA (Réseau en immigration francophone de l'Alberta) et sa relation avec l’ACFA. Désormais, le Réseau en immigration francophone de l’Alberta ne dépendra plus de l’ACFA et gèrera le dossier immigration de façon autonome, en misant sur le local et l’inclusion des communautés francophones. Du côté de l’ACFA, la restructuration est accueillie positivement.

Immigration

La rencontre s’est déroulée en présence d’une quarantaine de personnes, « dans un climat de confiance », observe Marc Arnal, président de l’ACFA. Si les relations ont pu être « acrimonieuses » par le passé entre les deux organismes, la réunion s’est conduite de « bon ton » et « tout le monde s’est exprimé librement ».

La rencontre faisait suite à un précédent regroupement le 26 mai 2017 sur l’autonomie du RIFA. Pour travailler sur la question, les membres de l’organisme avaient formé un groupe de travail, présidé par Alphonse Ahola. « Le groupe de travail consiste à élaborer un nouveau modèle qui va aboutir à l’autonomisation du RIFA par rapport à l’ACFA, ainsi qu’à établir un plan d’action qui va encadrer la transition », explique-t-il.

Une nouvelle structure

Auparavant, le RIFA était « complètement rattaché à l’ACFA et dépendait de son conseil d’administration », indique Alphonse Ahola. Désormais, l’organisme sera complètement indépendant et ne dépendra « que de la décision de ses membres », représentés par un comité exécutif.

Alphonse AholaEn outre, selon le responsable, les membres de la communauté francophone locale n’étaient « pas suffisamment associés à la gestion du RIFA » dans l’ancienne configuration. Un problème que l’organisme entend bien résoudre avec la nouvelle structure. Toutes les activités du RIFA se feront ainsi au niveau local, et non plus au niveau provincial, « que ce soit en termes des besoins, des défis et des solutions », précise le responsable.

Cette proximité avec le terrain se fera par l’entremise de comités locaux, chacun composé de groupes sectoriels, par exemple sur la question de l’emploi, de l’éducation, ou de l’accueil et l’établissement. Les différents responsables des secteurs siègeront aussi sur un comité exécutif provincial. « Ce n’est pas un conseil d’administration, pas le patron de qui que ce soit, c’est simplement la concertation des différents responsables qui se regroupent pour harmoniser la planification et s’assurer qu’elle est suivie par des actions du RIFA », avise Alphonse Ahola. Le comité se réunira deux fois par an pour rendre compte des réalités locales.

Par ailleurs, pour le président de la FRAP, l’important est aussi « d’intégrer les communautés dites ethnoculturelles », qui auront une place très importante dans le nouveau schéma. « Ce sont eux qui donnent leur feedback sur les services reçus, et qui participeront aux comités locaux », relève Alphonse Ahola.

En avant vers la transition

À l’ACFA, Marc Arnal souligne le grand changement qu’opère le RIFA. « Leur histoire va fonctionner de façon plus détachée et l’ACFA va jouer le rôle que les membres du RIFA voudra bien qu’elle joue. Ce sera aux membres de décider s’ils ont besoin d’un appui quelconque et de quelle nature, et dans la mesure de nos moyens on les soutiendra », a-t-il commenté.

L’ACFA n’était d’ailleurs pas opposée à cette restructuration. « Notre rôle n’est pas d’opérer des programmes comme tels mais de représenter, de coordonner et d’aider à améliorer le rendement des organismes », a souligné le président.

Ainsi, la réunion du 7 mars a permis d’adopter un plan d’action de transition et a désigné un comité transitoire en charge de la mise en œuvre du plan. « Maintenant que les documents sont adoptés, il faut recruter un coordonnateur, idéalement d’ici le 1er avril, descendre sur le terrain et expliquer aux membres de la communauté le nouveau modèle du RIFA », informe Alphonse Ahola.

Si le RIFA était financé auparavant par l’ACFA qui jouait le rôle d’agence fiscale pour l’organisme auprès d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), ce sera désormais l’Accueil francophone du Manitoba qui en aura la charge. « IRCC a donné son accord de principe pour financer la transition. Nous avons un budget, il est question de le finaliser », informe Alphonse Ahola.

En définitive, le président de l’ACFA s’est dit « enchanté du déroulement de la réunion et très fier de la participation de tout le monde ». Une participation qui aura été « franche, honnête et productive », posant les bases d’un nouveau RIFA.

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