Colloques pour prévenir les abus envers les ainés

Plus de 70 personnes se sont réunies à Edmonton, le 8 novembre dernier, et quelque 15 individus se sont regroupés à Calgary deux jours plus tard pour participer aux colloques « Prévenir l’abus, c’est mon but! », organisés par l’Association des juristes d’expression française de l’Alberta (AJEFA).

« Ces deux colloques sont le point culminant de deux années d’activités de l’AJEFA qui tournaient autour d’un sujet très important qui est celui de la prévention et de la sensibilisation des personnes âgées envers les abus », a souligné la responsable de mener à bien ce projet pour l’AJEFA, Josée Bonneville.


Une des premières activités aura été la tenue de quatre groupes de discussions, en septembre 2010, à Bonnyville, Calgary, Edmonton et Saint-Isidore. « Ces sessions nous ont vraiment permis de cerner où étaient les besoins au niveau de la francophonie albertaine en terme d’outils et d’information nécessaires pour aider à sensibiliser contre les abus », se rappelle Mme Bonneville.

Un premier outil a aussi été lancé en juin dernier. « En collaboration avec la Fédération des ainées et ainés francophones du Canada, il y a eu le lancement de la trousse multimédia pour prévenir l’abus envers les ainés, dans laquelle on retrouve trois capsules théâtrales mettant en évidence trois types d’abus (abus financier, harcèlement et négligence), en plus de trois entrevues (avocat, thérapeute en relation d’aide et gendarme à la GRC) », souligne Josée Bonneville.

Les deux colloques auront été l’occasion de procéder au lancement officiel de la trousse complète, soit un livret de 60 pages dans lequel le DVD est intégré. « Nous avons développé dans un langage simple et compréhensible cet ensemble multimédia (livret et DVD). Le principal objectif était la vulgarisation juridique des droits des ainés en matière de mauvais traitement », affirme Mme Bonneville en précisant que le format choisi correspondait aux désirs formulés par  les ainés franco-albertains rencontrés.

Ce livret a été imprimé à 500 exemplaires. « On en manque déjà, si on tient compte du fait que cet outil sera distribué dans les bibliothèques de la province, ainsi que des partenariats avec l’Institut Guy-Lacombe de la famille et la Fédération des ainés franco-albertains  (FAFA) », souligne Josée Bonneville.

Outre ce document, l’AJEFA a aussi développé un dépliant où on retrouve l’essentiel de l’information. « Ce projet nous a vraiment permis de faire de belles découvertes. En effet, il existe au Kerby Centre à Calgary et à SAGE (Seniors Association of Greater Edmonton) des personnes qui peuvent intervenir en français avec ceux qui en font la demande. Ces possibilités n’étaient pas connues avant la mise sur pied du projet », explique Mme Bonneville.

« Ces deux organismes n’avaient jamais fait de la prévention en français par le passé. Ils ont accepté de traduire leur documentation pour le bien des deux colloques », ajoute-t-elle.

En marge des deux rencontres, il y a aussi eu une présentation de l’Office of the Public Guardian qui a présenté aux participants ce qu’est une directive personnelle, soit un document juridique qu’une personne rédige pour faire connaitre ses instructions advenant qu’elle devienne incapable de prendre elle-même ses décisions. C’est une ancienne employée, aujourd’hui à la retraite, Monique Rigole, qui a offert cet atelier.

Pour la responsable du projet Prévenir l’abus, c’est mon but, les objectifs ont été rencontrés. « Grâce à cette initiative, nous avons fait un bon pas en avant afin de reconnaitre la francophonie au niveau des services anglophones. Maintenant, ils nous connaissent et savent que nous existons », estime-t-elle.

Josée Bonneville espère même que l’initiative albertaine connaitra une percée nationale. « La balle est maintenant dans le camp de notre association nationale, la FAJEF (Fédération des associations de juristes d’expression française de common law) pour voir s’il est possible d’exporter le projet à la grandeur du Canada », indique-t-elle.

Selon cette dernière, certains dossiers pourraient déjà être abordés. « Le besoin d’une ligne téléphonique confidentielle nationale a été soulevé. Les communautés sont petites et tout le monde se connait, alors il arrive que les ainés francophones ne veuillent pas se confier à un intervenant qui serait dans leur province par crainte de voir ce qu’il se dit devienne en quelque sorte public. Cette ligne nationale permettrait donc de rassurer les ainés sur cette notion de confidentialité », avance Josée Bonneville.

Même si le projet est complété, Mme Bonneville espère aussi que la FAFA continuera à parler de prévention des abus avec ses membres. « On a vraiment senti que les gens ont besoin d’en entendre parler pour être plus informé sur le sujet. L’information véhiculée lors des deux colloques pourrait facilement être présentée par l’AJEFA ailleurs en province », conclut-elle.

BDV :Josée Bonneville de l’AJEFA, la présidente du Club de l’amitié de Calgary, Madeleine Huot, et Céline Romanin de la Fédération des ainées et ainés francophones du Canada procèdent au lancement officiel du livret Prévenir l’abus, c’est mon but!

 

 

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