Nouvelle vision = changement de nom?

Près de 130 personnes ont assisté, le 15 octobre dernier à Edmonton, à l’assemblée générale annuelle de l’organisme porte-parole de la communauté franco-albertaine : l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA).

Une occasion pour l’ancien président de l’Association, Jean Johnson, de revenir à la charge avec un dossier qu’il tenait à cœur lorsqu’il était à la tête de l’ACFA : le changement de nom. Étant donné « qu’au cours de la dernière année, l’association s’est dotée d’une nouvelle vision, la question du changement de nom est-il à l’agenda du conseil d’administration provincial? », a questionné M. Johnson.


En effet, la nouvelle vision de l’ACFA parle d’une « communauté inclusive », « pluraliste » et qui « évolue selon un processus interculturel vers la transculturalité, tout en valorisant ses acquis historiques ».

« Ce sujet continue de revenir à la table lors des discussions. Cependant, le CA n’est pas encore prêt à proposer une stratégie complète, a répondu l’actuelle présidente de l’ACFA, Dolorèse Nolette. Il est évident que cette question doit être murie et qu’il est important que dans le processus, les gens puissent se prononcer, qu’ils se sentent impliqués et entendus. »

Au surlendemain de la fin du Rond Point 2011, la présidente avouera que l’organisme « ne pouvait pas se permettre un deuxième revers autour de cette question ».

Le changement de nom est, selon Mme Nolette, un sujet qui est abordé continuellement. « À presque toutes les rencontres du CA provincial, on se questionne sur la façon de bien procéder avec ce dossier. Personnellement, je pense que si on réussit à mettre en œuvre et à bien présenter la nouvelle vision de l’ACFA, cette idée de changement de nom fera son chemin », croit Dolorèse Nolette.

Rappelons que cette question avait été abordée en 2005, puis discutée en région pendant toute une année. De nombreux membres de l’ACFA s’étaient alors nettement prononcés contre l’idée d’enlever les termes « canadienne » et « française » dans le nom de leur organisme. La résolution en ce sens avait été rejetée par une forte proportion des membres présents au Rond Point 2006, qui avait eu lieu à Red Deer.

Appui au Campus Saint-Jean
Cette rencontre annuelle aura permis de cibler la construction d’un éventuel centre des sciences au Campus Saint-Jean (CSJ), à Edmonton, comme étant la nouvelle priorité, en terme d’infrastructures, de la communauté franco-albertaine.

« Il y a quelques années, le CSJ avait accepté de céder sa place pour le bien de la communauté. À l’époque, la construction du Centre de santé Saint-Thomas et de la phase II de La Cité francophone étaient deux priorités. Maintenant que ces dossiers ont été menés à terme, et que d’autres ont aussi été concrétisés, comme la Cité des Prairies de Lethbridge, il est normal pour l’ACFA d’appuyer le Campus dans ses démarches. Pour toute la communauté, cette priorité arrive maintenant en tête de liste », explique Dolorèse Nolette.

Nouveau mandat
C’est lors de cette assemblée annuelle que Dolorèse Nolette a été confirmée dans un nouveau mandat de deux ans à la tête de l’ACFA.

Si lors de son premier mandat, le rapprochement avec les communautés culturelles a été sa priorité, ce deuxième mandat touchera un autre dossier important. « Au niveau multiculturel, nous continuerons à bâtir sur ce qui a été construit, certes, mais une de mes grandes priorités pour les deux prochaines années sera les relations gouvernementales », admet Mme Nolette.

Les changements récents, sur la scène fédérale (élection d’un gouvernement conservateur majoritaire) et surtout au niveau provincial (nouvelle première ministre et nouveau ministre responsable du Secrétariat francophone), « sont une occasion unique pour la francophonie albertaine », lance Dolorèse Nolette.

Celle-ci entend donner la chance au nouveau ministre responsable du Secrétariat francophone, Cal Dallas : « Il semble conscient de l’importance que l’on accorde à son mandat et sa volonté d’apprendre au sujet de la communauté semble authentique. »

Mme Nolette rappelle qu’au cours des 10 dernières années, la communauté a pu découvrir, grâce à Denis Ducharme et Hector Goudreau, ce que peut et ce que doit être le Secrétariat francophone de l’Alberta. « On se doit maintenant d’exiger ce même niveau d’excellence, de services, d’appui et de présence. C’est la première fois qu’un président du Secrétariat francophone de l’Alberta ne parle pas français. Afin de bien jouer le rôle que nous nous attendons de lui, M. Dallas doit apprendre à nous connaitre et nous de même », explique-t-elle.
 

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