Les 14 et 15 octobre a lieu le Congrès annuel de la francophonie albertaine 2016. L’ACFA célèbre aussi ses 90 ans d'existence cette année au centre Shaw. Un anniversaire, officiellement souhaité le 13 décembre, qui résume presque un siècle de défis, mais aussi de réussites dans les dossiers importants qui ont trait à la francophonie. Pour l'occasion, son président Jean Johnson  s’est remémoré certains moments clés de ces dernières années.

Il n’est pas facile de résumer 90 ans en un instant ! Des moments importants, il y en a eu plus d’un, et Jean Johnson relate quelques faits marquants pour les francophones et leur communauté, « 1926, c’était le rassemblement de 400 citoyens albertains de tous les coins ». Le président rappelle qu’à cette époque, c’était encore une route de gravier pour se rendre alors jusqu’à Edmonton, « c’était une histoire de toute une journée pour y descendre ».

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Si un tel rassemblement reste gravé dans les annales, un autre évènement important aura marqué les esprits. Dans les années 40, une levée de fonds de presque 180 000 $, avait été amassée par l’ensemble des membres de la communauté. « Le but était de créer la radio communautaire, ils avaient aussi acheté un terrain juste à l’extérieur de la ville, pour y installer une antenne », explique le président. Dans les années 80, la revente du terrain récoltera quatre millions de dollars. Une coquette somme qui permettra aux chefs de file de l’époque de créer la fondation de l’ACFA.

Aujourd’hui, grâce à l’existence de cette fondation, l’ACFA se démarque, lui octroyant ainsi une indépendance financière que d’autres organismes à but non lucratif n’ont pas.  « La fondation de l’ACFA nous distingue au Canada dans le sens où nous avons une fondation pour alimenter financièrement l’association, ce qui nous distance un peu de la table de l’entente Canada-Communauté », précise Jean Johnson.

Selon le président, les homologues des autres provinces dépendent presque à 100% des fonds publics. Si une coupure survenait, l’ACFA verrait ses effectifs réduits, mais poursuivrait pour autant son travail.

Le statut de l’ACFA

En 1964, une loi est mise en place. Elle confère à l’organisme un statut légal, lui donnant le droit et la responsabilité de gérer tous les secteurs de développement : éducation, économie, art, immigration. « Depuis, on a trouvé d’autres mécanismes pour s’assurer que l’ACFA ne soit pas l’organisme qui fait tout pour tout », explique Jean Johnson.

L’ACFA en tant que porte-parole a donc donné un mandat à différents organismes, experts dans un domaine, afin de développer des secteurs spécifiques. Certains ont été nommés chefs de file, d’autres porteurs des dossiers prioritaires. « Nous avons les ententes des chefs de file signées en 2006, nous allons les remettre à jour », rend compte Jean Johnson.

D’autres éléments, comme la mise en place du Forum communautaire a permis aux  présidences et aux directions générales des organismes et établissements francophones d’établir des stratégies prochaines.

Depuis 2005, le changement de structure de gouvernement a aussi beaucoup évolué selon M. Johnson, « jusqu’au printemps 2005, la structure de gouvernance portait à confusion. Il y avait trois entités distinctes qui faisaient partie du réseau de l’ACFA et les gens se demandaient, qui a vraiment l’autorité autre que l’assemblée générale annuelle » ?

Selon le président, pour éliminer tout conflit d’intérêts, la province a été divisée en quatre territoires. Il a été alors convenu que chaque territoire et région ne peuvent pas avoir plus de cinq administrateurs, incluant la présidence, sur le conseil d’administration.

L’ACFA veut par ce biais, s’assurer que chaque partie de la province soit équitablement représentée.  

C’est finalement le message qui était déjà porté en 1990, suite aux négociations de l’accord du lac Meech, (un projet avorté de réforme constitutionnelle). L’ACFA avait alors réaffirmé sa volonté de démontrer la contribution de tous les francophones de la province depuis 1705 auprès des Canadiens, et notamment des Québécois.  

Souhaits pour l’avenir

L’établissement d’une politique de services en français demeure au cœur des attentes pour l’ACFA provinciale. Un dossier qui, s’il aboutit, connaitrait un impact retentissant sur la francophonie albertaine. « Il est presque aussi important, de façon peut-être utopiste, de veiller à l’évolution de cette politique-là vers une loi de services en français », déclare M. Johnson.

Le président de l’ACFA souhaite faire comprendre au gouvernement fédéral, l’importance de reconnaître l’asymétrie des communautés francophones d’un bout à l’autre du pays, et de mettre à jour leurs enveloppes budgétaires. Il prône aussi une gestion autonome des ressources financières, à savoir, « que le chèque soit fait à l’ACFA et que l’ACFA s’organise avec ses troupes ».   

 

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