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Le NPD tâte le pouls de la francophonie albertaine

NPD

Le 7 avril dernier, le député François Choquette, porte-parole du NPD en matière de Langues officielles, était de passage à la Cité francophone. Une visite qui ne pouvait pas mieux tomber, puisque les enjeux et les défis ne font que s’accentuer, notamment depuis le rejet définitif de la cause Caron. Voici un état des lieux auprès d’un représentant des langues officielles très à l’écoute lors de cette journée.

 

« Comme francophone de l’Alberta, j’espère que vous n’aurez pas à recommencer depuis le début … c’est une décision partagée tout d’abord … pas unanime », souligne François Choquette. Le porte-parole du NPD a tenu à rappeler que le commissaire aux langues officielles Graham Fraser s’était dit déçu du rejet de la cause Caron. M.Choquette se fait donc un point d’honneur de venir en aide aux juristes d’expression française. Son projet de loi C203 concernant le bilinguisme des juges à la Cour suprême en atteste. Selon lui, le projet consisterait à  « modifier la nomination des juges à la Cour suprême afin de s’assurer que ces derniers soient capables de comprendre les deux langues officielles sans l’aide d’un interprète », explique-t-il. Un enjeu d’importance capitale puisque dans une lettre envoyée le 5 avril dernier à la ministre de la Justice de l’Alberta, le francophone Joey Couture a vu sa demande d’audience en français rejetée par le tribunal.  Le représentant de la Couronne s’y était alors clairement opposé.  

Pour lui, l’injustice dans les cours de Justice en matière de droits linguistiques francophones demeure le bât qui blesse la communauté. En effet, le 17 novembre, le tribunal de Red Deer a estimé que la tenue d’une audience en français nécessiterait le dépôt d’une requête avant qu’elle ne puisse être entendue. Une démarche nullement exigée auprès d’un public anglophone. M.Choquette préconise clairement que le gouvernement libéral s’assoit avec le gouvernement provincial et discute de l’aide à apporter afin de traduire les textes en français dans les tribunaux.

La Francophonie et ses nombreux chantiers
Lors de son passage dans la région, M.Choquette en a profité  pour rencontrer la direction de l’ACFA afin d’entendre et d’échanger avec les représentants des principaux organismes francophones de la province. Parmi les différents dossiers abordés, celui de la petite enfance et des garderies, un autre enjeu de taille pour les francophones, tiennent la première place.

Selon le porte-parole, le taux d’assimilation auprès des jeunes enfants n’allant pas à la garderie en français représente un risque élevé. La santé, les arts, les médias, les aînés, les jeunes, les entrepreneurs francophones, les femmes et la justice présentent aussi des problématiques complexes qui exigent une pleine reconnaissance de la langue de Molière.

M.Choquette a tenu à cette rencontre en Alberta, mais s’est aussi rendu dans d’autres provinces pour faire un état des lieux de la réalité et des défis des francophones hors Québec. Si le français est en situation minoritaire, il ne s’inscrit pas non plus à ce titre dans la catégorie du multiculturalisme des autres langues parlées au pays car il est l’une des deux langues officielles.  

Le chemin le plus ardu pour les francophones sera certainement de réussir à changer les mentalités dans les prochaines années ! Or, avec une première ministre montrant une sympathie affichée pour la Francophonie, peut-être que ce dossier verra une ouverture inespérée.

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