Cause Caron : la Francophonie albertaine déçue !

gilles caronVendredi 20 novembre, c’est avec une profonde déception que Gille Caron et avec lui toute la francophonie, ont accueilli la décision de la Cour suprême.  Retour sur une décision qui a fini en coup d’épée dans l’eau.

Le rejet par la Cour suprême du Canada a fait l’effet d’un couperet au sein de la communauté franco albertaine. C’est une Francophonie désabusée qui s’est exprimée tout cette fin de semaine sur les médias sociaux.  Les messages twitter n’ont pas cessé de pleuvoir depuis que le verdict a été rendu.

Douze années de lutte, finalement soldées par un rejet, six juges sur neuf se sont proclamés contre le droit de pouvoir se prononcer en français devant les tribunaux canadiens. Pierre Asselin, président des juristes d’expression française de l’Alberta est lui aussi déçu et commente cette décision : « c’est franchement une situation bien maladroite tant pour les juristes que pour les justiciables ». Rappelons que Rachel Notley avait envoyé une lettre le 12 juin à monsieur Asselin; afin de favoriser les services juridiques en français. Une première main tendue qui semblait de bonne augure pour la cause francophone.

  Suite à l’annonce de la cours suprême, la ministre de la Justice Kathleen Ganley, a abondé dans ce sens en réitérant son projet de collaborer auprès de la communauté. « Nous ne voulons pas que cette décision définisse notre relation avec la communauté francophone en Alberta, nous en avons discuté ce matin avec le Ministre Eggen …nous encourageons l’éducation, l’art ainsi que les services en français » a t-elle déclaré.

 De son côté, Jean Johnson, président de l’ACFA provinciale se dit attristé par cette nouvelle : « nous vivons une triste journée. Nous sommes des citoyens canadiens à part entière. Il est donc difficile d’accepter que parce que nous habitons en Alberta, nos droits linguistiques historiques ne soient pas reconnus » a t-il récemment déclaré.  

Quand à l’un des principaux intéressés dans l’affaire Caron-Boutet, Gilles Caron  « je suis très déçu, je vais essayer de trouver un média au Québec … il faut que le message soit passé au cœur de la francophonie qui est le Québec … que le Canada ne fonctionne pas et que la Cour suprême protège cette assimilation agressive du gouvernement de l’Alberta ».

 Pour Pierre Asselin, nul doute que les répercussions de ce verdict auront un impacte négatif concernant l’avenir des francophones et leur droit à être représentés en français. Ce qui se traduirait par : « la diminution de l’accessibilité  de l’aide juridique … les gens sont très peu habitués à naviguer dans le système judiciaire, ce qui rend l’expérience plus effrayante…surtout en anglais ».

 Si la cause Caron avait abouti, elle aurait certainement représenté une brèche dans un système à majorité présentement monolingue. Si demain le statut politique du français serait reconnu, ce même système verrait une remise en cause de son fonctionnement direct, ainsi que de ses représentants. Tout service devrait alors impérativement être traduit dans les deux langues et laisser place à un personnel totalement bilingue. La cause Caron a démontré que la francophonie albertaine avait certes perdu une bataille, mais non pas la guerre. Quelle leçon faut-il tirer d’un tel jugement ? Chacun y verra midi à sa porte. L’année 2016 approche, et le droit des francophones à obtenir des services en français est loin d’être encore un acquis dans la société canadienne.

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