La francophone Estela Kasaba élue citoyenne de l’année junior

Très impliquée en tant que bénévole depuis 2009, l’adolescente de 16 ans est la première francophone à recevoir une telle distinction à Brooks. La cérémonie a eu lieu le 10 avril.

« J’aime m’impliquer et j’aime aider. Si je suis capable de faire quelque chose, j’aime [le] partager », confie modestement Estela Kasaba. Grâce à son engagement communautaire, la jeune femme de 16 ans a été sacrée « junior citizen of the year » le 10 avril à l’Heritage Inn de Brooks. « Elle entre vraiment dans l’histoire de notre ville ! », s’enthousiasme Sa-Eva Katusevanako, directeur général et co-fondateur de l’Association francophone de Brooks (AFB) qui a suggéré la candidature de l’adolescente. Jusqu’à présent, aucun francophone n’avait été jamais distingué, y compris dans la catégorie adulte.


Originaire de la République démocratique du Congo, Estela Kasaba a habité à Sherbrooke (Québec) avant de déménager à Brooks en 2007. Deux ans plus tard, elle a rejoint la maison des jeunes de l’AFB en tant que bénévole, encouragée par l’association et par ses parents. « J’aide les jeunes à faire leurs devoirs, surtout en anglais et en français, tout ce qui est vocabulaire, confie celle qui étudie actuellement en 10e année à l’école du Ruisseau. J’aime être entourée d’enfants, j’aime les voir réussir et j’aime qu’ils se confient à moi ! » Sa-Eva Katusevanako ajoute qu’« elle est [aujourd’hui] présidente du comité des jeunes de l’AFB et représente tous les jeunes immigrants au conseil de la mairie de Brooks ».


Par ailleurs, Estela anime des présentations au club de lecture, des ateliers d’éducation à la citoyenneté ou des débats autour de films éducatifs. « Elle a participé à 80% des activités de bénévolat que l’association a organisées », se félicite M. Katusevanako. Quand elle a reçu son prix à l’Heritage Inn, elle a profité du micro qui lui était tendu pour « encourager les autres jeunes à s’intégrer dans la communauté et [à] sortir de leur zone de confort », raconte-t-elle. En outre, depuis bientôt deux ans, la jeune femme passe tous les mardis à l’hôpital pour rendre visite aux aînés et ainsi rompre leur solitude.

Une francophonie en essor à Brooks

« Nous sommes fiers parce que ça montre le fruit de tous les efforts que nous avons déployés depuis que l’association a été créée en 2004, souligne Sa-Eva Katusevanako. Ça vient confirmer la place qu’occupe la francophonie à Brooks. » Depuis 11 ans, l’influence des francophones se fait sentir. « En 2004, le français n’était pas parlé en public et il n’y avait pas de personnel bilingue dans les entreprises publiques. Aujourd’hui, nous avons six agents de police bilingues », précise M. Katusevanako. Selon lui, Brooks compte environ 400 francophones, dont une cinquantaine de jeunes.

Si Estala regrette le manque d’activités pour les gens de son âge à Brooks – tout en appréciant les évènements ponctuels comme le Rassemblement jeunesse (RaJe) de Francophonie jeunesse Alberta (FJA) –, elle aime quand même sa ville : « C’est assez petit mais il y a beaucoup de cultures différentes. C’est une ville où l’on t’accepte et où les gens t’aident quand tu as besoin de t’intégrer dans la communauté. »

Plus tard, l’adolescente aimerait devenir professeure d’histoire à l’Université ou psychologue. Elle rêve d’aller vivre en Allemagne.

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