« Je crois qu’on est très discret »

Depuis 1983, la Sturgeon Rural Crime Watch veille sur le comté de Sturgeon, au nord d’Edmonton. Cette association de plus de 750 membres fait son possible pour dissuader les éventuels voleurs de sévir dans la région. Thérèse Gervais s’implique depuis plus de 20 ans.

« Sturgeon County, c’est grand comme étendue. Le personnel de la GRC est assez minimum », estime Thérèse Gervais, secrétaire adjointe de la Sturgeon Rural Crime Watch (SRCWA). D’après la brochure de l’association, le détachement de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de Morinville ne dispose que d’une trentaine d’officiers pour couvrir une zone de plus de 2 100 km². Alors pour aider les gendarmes, la SRCWA garde ses yeux bien ouverts. Le comté est divisé en 13 zones avec autant de « directeurs » pour mobiliser ses membres.

« Quand on trouve quelque chose qui ne semble pas normal, par exemple une voiture abandonnée, on appelle la GRC, explique Mme Gervais. Un de nos membres sur le comité de gérance connaît toutes les voitures dans son petit quartier. Ça c’est fantastique ! Quand il voit une voiture qu’il ne connait pas il se dit : est-ce que c’est de la visite ou quelqu’un qui vient voir ce qu’il y a d’intéressant ? »


750 membres

Par manque de temps, les quelque 750 membres de l’association ne sont pas tous autant investis. En revanche, tous affichent un petit panneau dissuasif sur leur domicile (d’autres sont d’ailleurs installés à certains carrefours). « Cela avertit ceux qui cherchent à faire des mauvais coups et ça laisse savoir aux gens qui viennent que c’est une région qui a une association qui aide la GRC », affirme Mme Gervais. En outre, « deux ou trois fois par semaine, on envoie [aux membres] des courriels avec des informations de la GRC : il y a eu une effraction ici, un Skidoo volé là… ». De quoi augmenter les chances de retrouver les fauteurs de trouble.

Thérèse Gervais affirme que la SRCWA entretient de « très bonnes relations » avec les gendarmes, heureux d’avoir un coup de main. « Nous avons une réunion chaque mois et un représentant de la GRC vient nous parler de la situation actuelle », détaille la secrétaire adjointe de l’association.

« On est tous bénévoles »

Question finances, la SRCWA reçoit 20 $ par nouvelle adhésion. Le comté donne aussi un peu d’argent et, tous les deux ans, un casino lève des fonds. L’argent récolté permet de payer les pancartes, les prospectus, les factures de téléphone et le serveur pour la page web. « On n’a pas de grande dépense, on est tous bénévoles, souligne Mme Gervais. Mais on est bien vu par les commerces et les industries. Si on avait besoin de quelque chose, ils seraient prêts à nous aider. »

Qu’en pensent les voisins non membres du réseau ? Ne se sentent-ils pas épiés ? « Je crois qu’on est très discrets. On observe juste ! », sourit l’enseignante à la retraite, qui évite au maximum d’être intrusive.

L’association n’organise pas de patrouille à proprement parler, contrairement à une autre organisation locale : Citizens on Patrol. « On ne les connait pas très bien », avoue Mme Gervais.

Quelle efficacité ?

Difficile de mesurer l’efficacité de la Sturgeon Rural Crime Watch. La GRC évoque une baisse de 16% des crimes et délits en 2011, une hausse de 2% en 2012, une nouvelle hausse de 38% en 2013 puis une basse de 22% en 2014. Une certaine stabilité donc, mais de nombreux autres facteurs peuvent entrer en ligne de compte, comme les mouvements de populations, notamment en provenance d’Edmonton, ou bien la conjoncture économique.

Arrivée dans la région il y a une vingtaine d’années, Thérèse Gervais n’a jamais été victime de vol. « Peut-être que c’est parce que, pendant plusieurs années, nous avons eu un berger allemand. Ou bien c’est les pancartes ! », s’amuse-t-elle. Ce qui ne l’empêche pas de maintenir sa vigilance. « J’ai téléphoné l’autre jour à la GRC parce qu’il y avait un scam au téléphone qui vise les personnages âgées, je pense. Ils veulent qu’on donne notre compte de banque ou notre carte de crédit. Ils prétendent qu’ils ont quelque chose à m’offrir… » Il en faudrait plus pour qu’elle tombe dans le panneau !

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Aller au haut