Isabelle Laurin est la nouvelle directrice générale de l’ACFA

Celle qui était directrice générale par intérim depuis août a finalement été choisie pour succéder à Denis Perreaux à la direction générale de l’Association canadienne-française de l’Alberta.

« J’étais vraiment touchée par la confiance [qu’on m’a accordée] », a réagi Isabelle Laurin après l’annonce de sa nomination à la direction générale de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA). Le comité de sélection a épluché des candidatures de tout le Canada avant d’arrêter son choix. « Quand ils m’ont appelée pour me dire que j’étais choisie, ça a été un grand soulagement parce que ça fait sept ans et demi que je m’investis à l’ACFA », explique Mme Laurin.

Vacant depuis le départ de Denis Perreaux – désormais à la tête de la Société historique de l’Alberta –, le poste de directeur général revient donc à celle qui était directrice par intérim depuis août 2014. « L’automne a été extrêmement occupé : deux courses à la chefferie en Alberta, énormément [de travail] dans le dossier de l’immigration, notre congrès [annuel de la francophonie, ex-Rond Point], des rencontres du CA, notre AGA… Ça m’a vraiment donné le goût ! », détaille la nouvelle directrice.


Danse et anthropologie

Originaire de Montréal, Isabelle Laurin a obtenu un baccalauréat en anthropologie avec une spécialisation en développement international et sur les francophones d’Amérique. « Ce qui m’intéressait vraiment, c’était les communautés francophones […]. J’écoutais souvent Radio-Canada et il y a une émission qui s’appelait Accent. Cela me fascinait puisque j’entendais parler des francophones de la Saskatchewan, de la Colombie-Britannique et tout ça. »

Après son bac, Isabelle Laurin décroche un poste de danseuse et travaille trois ans dans une compagnie professionnelle au Québec. « Je me suis blessée et, de fil en aiguille, j’ai obtenu un poste comme directrice artistique à La Girandole (école de danse à La Cité francophone d’Edmonton, NDLR). Je me suis dit : ça va jumeler ma passion pour la danse et ma passion pour les communautés francophones. » Elle y restera cinq ans et participera au développement de la troupe Zéphyr.

Entrée à l’ACFA en 2007

Pour travailler dans un secteur plus en rapport avec ses études en anthropologie, elle accepte en 2007 un poste d’agente de développement patrimoine et histoire à l’ACFA. « Quelques mois après, le directeur des communications est parti et on m’a demandé de prendre la relève », raconte Mme Laurin, dont le parcours artistique lui donne une approche particulière de la gestion.

« J’avais commencé une maîtrise en gestion d’organismes culturels et artistiques… J’ai dû l’arrêter parce que je déménageais mais un de mes professeurs m’avait dit : ‘‘Isabelle, c’est quoi ta force ?’’ Monter un spectacle. ‘’Ça c’est de la créativité ! Applique ce que tu fais au niveau de la chorégraphie dans le secteur de la gestion’’. Ça m’a ouvert les yeux. Depuis ce temps-là, je vois la gestion de manière très créative avec beaucoup de possibilités. C’est rare que je voie une menace, je vois plutôt les opportunités ! »

« Des structures beaucoup plus locales »

En tant que nouvelle directrice générale de l’ACFA, Isabelle Laurin sait qu’elle aura du pain sur la planche en 2015. « À partir de janvier, on veut commencer à mettre en place des structures beaucoup plus locales. Souvent, il ya des petits enjeux locaux qu’on pourrait régler de façon rapide », estime-t-elle.

En février, la cause Caron passera devant la Cour suprême (du nom de Gilles Caron qui conteste depuis 2003 une contravention en anglais et se bat pour que la législation de l’Alberta soit bilingue) et l’ACFA « vient de déposer mercredi dernier [une] demande pour être intervenant, on attend la réponse. »

« Rallier toutes les forces vives de la communauté »

Par ailleurs, Isabelle Laurin devra préparer le Forum communautaire du 30 mai. « Cela fait plusieurs années qu’il n’y a pas eu de Forum communautaire, on veut vraiment rallier toutes les forces vives de la communauté, les organismes, les institutions… et discuter du prochain plan de développement de cinq ans pour la communauté. Quels objectifs communs veut-on se donner  ? »

Evidemment, il faudra aussi « s’assurer que la façon dont on accueille les personnes qui arrivent de l’étranger soit cohérente ». L’intégration d’anglophones francophiles reste une priorité, notamment ceux qui sont passés par l’école d’immersion. « Ils ne se sentent pas forcément les bienvenus, [ils pensent] que leur niveau de français n’est pas suffisamment élevé… Si on les encourageait et qu’il naissait plus d’amitiés, ces gens-là auraient plus d’occasion de parler et, au bout du compte, on obtiendrait plus de services en français ! »

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