Depuis 1983, la Sturgeon Rural Crime Watch veille sur le comté de Sturgeon, au nord d’Edmonton. Cette association de plus de 750 membres fait son possible pour dissuader les éventuels voleurs de sévir dans la région. Thérèse Gervais s’implique depuis plus de 20 ans.

« Sturgeon County, c’est grand comme étendue. Le personnel de la GRC est assez minimum », estime Thérèse Gervais, secrétaire adjointe de la Sturgeon Rural Crime Watch (SRCWA). D’après la brochure de l’association, le détachement de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de Morinville ne dispose que d’une trentaine d’officiers pour couvrir une zone de plus de 2 100 km². Alors pour aider les gendarmes, la SRCWA garde ses yeux bien ouverts. Le comté est divisé en 13 zones avec autant de « directeurs » pour mobiliser ses membres.

« Quand on trouve quelque chose qui ne semble pas normal, par exemple une voiture abandonnée, on appelle la GRC, explique Mme Gervais. Un de nos membres sur le comité de gérance connaît toutes les voitures dans son petit quartier. Ça c’est fantastique ! Quand il voit une voiture qu’il ne connait pas il se dit : est-ce que c’est de la visite ou quelqu’un qui vient voir ce qu’il y a d’intéressant ? »

Lors du lancement de sa campagne de bourses le 3 mars, la Fondation franco-albertaine (FFA) a annoncé que 5000 $ seront disponibles en 2015-2016 pour les organismes qui offrent des projets jeunesse. Lorsqu’il est arrivé en poste en 2010, le directeur de la FFA, Joël Lavoie, a dû mettre fin au programme d’aide à la jeunesse pour permettre le développement de fonds de dotation qui sont au nombre de 70 cette année. Entre 2003 et 2009, le Programme d’aide financière à la jeunesse avait octroyé 170 000 $ pour appuyer des activités destinées aux jeunes de moins de 18 ans.

« Ceci me touche beaucoup, témoigne M. Lavoie. Arrêter de donner au Programme d’aide à la jeunesse, ça a été une des premières décisions que j’ai dû prendre à la fondation. Avec le recul, ça a été une bonne décision puisque les fonds de dotation donnent 45 000 dollars par année, c’est déjà plus que le 25 000 du fond général qui était donné avant. »

Cinq créateurs de fonds de dotation – Éric Préville, Adèle et Paul Amyotte, Alice Dumaine, Cecile et Pierre Bergeron et Gisèle Rhéault – ont accepté d’affecter une partie des bénéfices nets de leurs fonds pour relancer le Programme d’aide à la jeunesse, à raison de 5000 $ pour des projets à réaliser avant le 30 juin 2016.

Du 3 au 5 mars, l’Association des juristes d’expression française de l’Alberta (AJEFA) organisait une formation en médiation familiale à La Cité francophone d’Edmonton. Deux formatrices de l’Ontario avaient fait le déplacement.

Sept avocats et travailleurs sociaux ont été formés à la médiation familiale du 3 au 5 mars à La Cité francophone. Tous avaient déjà une certaine expérience en la matière. L’idée était de mettre à jour leurs compétences, notamment la terminologie en français, pour qu’ils puissent former des médiateurs familiaux en Alberta, dans un second temps.

La médiation familiale consiste à faire intervenir une tierce personne – le médiateur (avocat, travailleur social, personnel de la petite enfance…) – pour résoudre des conflits liés à la séparation d’un couple. Des questions de pension alimentaire ou de garde d’enfant peuvent par exemple être évoquées.

« J’ai appris de nouvelles nuances et une nouvelle approche de la médiation », explique Pierre Lamoureux, un avocat de Saint-Paul qui a répondu à l’invitation de l’Association des juristes d’expression française de l’Alberta (AJEFA). « La formation de base que j’avais reçue ne prônait pas vraiment l’utilisation de caucus (rencontre privée entre le médiateur et l’une des parties, NDLR) lorsque les parties étaient en conflit », prend pour exemple M. Lamoureux pour illustrer l’un des intérêts de cette mise à jour.

La célébration du Mois de l’histoire des noirs, samedi 28 février à l’Africa Centre, a permis aux communautés africaines d’Edmonton de partager leurs succès, tout en discutant de leurs faiblesses.

« En tant qu’Africains et noirs, on n’a pas beaucoup de moments pour célébrer. Et nous avons trouvé que les gens ont souvent beaucoup de stéréotypes de l’être africain, de l’être noir. On a remarqué que les gens ont aussi une certaine ignorance vis-à-vis des succès, des accomplissements des gens d’origine africaine », fait remarquer le directeur du comité d’organisation de l’événement, Ibrahim Karidio.

C’est l’une des raisons pour lesquelles la journée de samedi avait à son menu une présentation historique des luttes africaines, mettant en vedette les grands leaders noirs, les plus connus étant Frederick Douglass, Nelson Mandela et… Obama. « Ce qui démontre qu’Obama est bien africain, c’est qu’il ne s’implique dans rien sans en être le chef», termine l’auteur Guy Armel Bayegnak, qui donnait la présentation. « Nous avons beaucoup de dirigeants [dans nos communautés africaines immigrantes], des gens d’action, mais on oublie que ce sont des gens aimables, polis et pacifistes », pense M. Karidio.

Les festivités ont donc commencé par des discours des représentants de l’Africa Centre ainsi que de la ville d’Edmonton, y compris le maire Don Yveson et les conseillers Bev Esslinger et Dave Loken. Ont suivi la présentation historique de M. Bayegnak et l’organisation de la foule en groupes de discussions autour des thèmes de la journée : autonomisation, leadership et héritage, le tout entrelacé de prestations musicales et dansantes – sur scène et dans le salle – au rythme du groupe multiculturel Wajjo et de la troupe de danse camerounaise Pomae. La journée fut clôturée par un défilé de mode avec des costumes de toute l’Afrique et un repas abondant. Plus de 400 personnes s’y sont présentées, en comptant les tout petits et les jeunes qui ont pu profiter de la garderie et des activités parascolaires de l’Africa Centre.

Samedi 21 février, le Centre d’accueil et d’établissement Alberta-Nord a organisé un atelier sur le thème du parrainage
avec Florim Tafilaj (Catholic Social Services) et l’avocat Dieudonné Kandolo.


« C’est facile de se sentir perdu », rassure d’emblée Florim Tafilaj, employé des Catholic Social Services et premier animateur de l’atelier parrainage du Centre d’accueil et d’établissement (CAÉ). En effet, toute procédure de parrainage demande de remplir plusieurs formulaires potentiellement intimidants.

M. Tafilaj choisit de présenter les formulaires relatifs au Family Classqui permettent par exemple de parrainer un époux ou une épouse, ainsi que ses enfants naturels ou adoptés. Le sponsor doit être citoyen canadien ou résident permanent. La personne parrainée obtient quant à elle la résidence permanente.

« Ces formulaires sont conçus pour que vous puissiez les remplir vous-même », insiste l’employé des Catholic Social Services. En clair, pas besoin de payer un avocat ou un consultant en immigration. Un conseil que reprendra Me Kandolo, le deuxième animateur de l’atelier.

En ouverture du 7e Forum local d’Edmonton au Campus Saint-Jean, le président de l’Alliance française Todd Babiak a livré une conférence enthousiaste sur son parcours, son rapport au français et sur l’importance d’être bilingue au Canada.

« J’avais 21 ans quand j’ai découvert que Leduc était un nom français », reconnaît honteusement Todd Babiak, en évoquant sa ville d’origine. Sa famille, qu’il qualifie aujourd’hui de « rednecks », percevait à l’époque le Canada bilingue comme un problème. Alors qu’il étudie les sciences politiques et la littérature anglaise à l’Université de l’Alberta, le jeune Todd décide de partir cinq semaines à Matane, au Québec, pour obtenir des crédits de français langue seconde.

Partant de zéro ou presque, il fait de jolis progrès, ce qui l’encourage à poursuivre ses études à Montréal, pour sa maîtrise. Sur place, à cause de son « terrible » accent lorsqu’il parle français, les Québécois francophones lui répondent en anglais... Une situation assez absurde. Finalement, la plupart de ses amis montréalais s’avèrent anglophones et, quand Todd rentre à Edmonton, ses compétences linguistiques n’ont guère progressé.

Créé en 2013 à la suite d’une formation pour les personnes aidantes, le groupe d’entraide de la Coalition des femmes s’est depuis élargi à d’autres thématiques. La réunion du samedi 17 janvier était consacrée au deuil.

Au deuxième étage de La Cité francophone, à Edmonton, une dizaine de femmes sont réunies pour écouter la « thérapeute en relations d’aide » Edwina Ward  et partager leurs expériences. Sujet du jour : le deuil.

Chaque femme se présente et évoque son rapport au deuil. Suzanne en a connu beaucoup mais le pire, c’était après la mort de son mari. « Je ne vous le souhaite pas. Pas tant que vous n’avez pas 100 ans et que vous ne partez pas ensemble ! »

Katherine, elle, a perdu la garde de son enfant de deux ans après son divorce. Une autre forme de deuil. De plus, son conjoint de fait est décédé il y a cinq ans… « On va tous se rejoindre en haut », relativise celle qui avoue que « [sa] spiritualité l’aide beaucoup ».

Le tour de table continue. Mathilde, professeure à Gabrielle-Roy, vient d’être confrontée à la mort d’une cuisinière de l’école, « une femme forte qu’on admirait  ». Outre le choc personnel, elle a dû gérer les réactions parfois surprenantes de ses élèves. En apprenant la mauvaise nouvelle, l’un d’eux s’est mis à rire, provoquant l’incompréhension d’un camarade.

« L’enfant ne sait pas tout le temps gérer ses sentiments », admet Edwina Ward. Ni comment les exprimer. D’où l’importance de ne pas juger ses réactions et d’être à l’écoute.

Du train électrique, aux grands rassemblements en famille, les participants de la Fête de Noël multiculturel, à la Cité francophone le 13 décembre, nous on partagé leurs plus beaux souvenirs du temps des fêtes.

Patrick Henri

Moi mon plus beau souvenir de Noël, c’est quand j’ai passé Noël en Floride. J’avais 18 ans, c’était la première fois que j’allais en Floride avec ma famille et on a fêté Noël sous les palmiers, sous le soleil et c’était complètement différent comme expérience. Je pense qu’on avait fait une dinde quand même… On est allés à la messe de minuit et on était en short et en manches courtes et ça, c’était vraiment spécial de sortir de la messe de minuit sans manteau, sans tuque.

Agnieszka Janowska

C’est celui où je suis rentrée chez moi dans ma famille pour la première fois depuis trois ans. Il y avait énormément de personnes. En Pologne on a 12 plats pour Noël et il faut goûter à chacun un tout petit peu au moins et ensuite avant de manger on partage une sorte de galette qui représente Jésus et on se souhaite de meilleurs vœux pour toute l’année. Ensuite on mange nos douze plats.

Celle qui était directrice générale par intérim depuis août a finalement été choisie pour succéder à Denis Perreaux à la direction générale de l’Association canadienne-française de l’Alberta.

« J’étais vraiment touchée par la confiance [qu’on m’a accordée] », a réagi Isabelle Laurin après l’annonce de sa nomination à la direction générale de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA). Le comité de sélection a épluché des candidatures de tout le Canada avant d’arrêter son choix. « Quand ils m’ont appelée pour me dire que j’étais choisie, ça a été un grand soulagement parce que ça fait sept ans et demi que je m’investis à l’ACFA », explique Mme Laurin.

Vacant depuis le départ de Denis Perreaux – désormais à la tête de la Société historique de l’Alberta –, le poste de directeur général revient donc à celle qui était directrice par intérim depuis août 2014. « L’automne a été extrêmement occupé : deux courses à la chefferie en Alberta, énormément [de travail] dans le dossier de l’immigration, notre congrès [annuel de la francophonie, ex-Rond Point], des rencontres du CA, notre AGA… Ça m’a vraiment donné le goût ! », détaille la nouvelle directrice.

Lancés cette année, le Fonds de la FAFA et le Fonds de la famille Florian et Yvonne Rijavec pour les aînés francophones ont déjà recueilli 77 000 $ de dons.

Jeudi 11 décembre, une vingtaine de personnes se sont réunies dans les bureaux de la Fédération des aînés franco-albertains (FAFA), autour d’un copieux buffet. Parmi eux, un certain nombre de philanthropes qui ont contribué à deux fonds de dotation à destination des aînés francophones de la province : le Fonds de la FAFA et le Fonds de la famille Florian et Yvonne Rijavec pour les aînés francophones. Plus de 77 000 $ ont ainsi été recueillis en 2014.

Linda Groth, la présidente de la FAFA, a tenu à remercier tous ceux qui partagent « [leur] temps, [leur] énergie et [leur] argent » pour soutenir les 28 000 aînés francophones de l’Alberta sur le long terme en développant des fonds de dotation.

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