CampLussonLe camp de plein air Lusson à Clyde, au nord d’Edmonton, était de l’histoire ancienne pour plusieurs familles, alors que le camp avait fermé ses portes après l’été 2011. Trois ans plus tard, avec d’énormes efforts de l’ACFA régionale d’Edmonton, le camp renaît, reprenant officiellement du service à compter de dimanche 26 juillet.

 

Bien que la seule langue officielle de la province demeure l’anglais, la communauté francophone est toujours bien vivante en Alberta, et s’organise de mieux en mieux. Cette vitalité est davantage causée par l’immigration de francophones, surtout en provenance d’Afrique et de France, que des Francos-Albertains de souche. Des ressources sont d’ailleurs nombreuses pour accueillir et intégrer ces nouveaux arrivants, qui atterrissent dans un nouveau pays, une nouvelle culture, une nouvelle réalité. Mais, une portion importante des francophones d’Alberta vient des Canadiens qui quittent le Québec ou le Nouveau-Brunswick pour s’installer dans l’Ouest. Qu’en est-il pour eux ?

La question ne date pas d’hier, mais elle demeure toujours d’actualité, alors que chaque année des milliers de Québécois, pour la plupart francophones, quittent leur province en faveur de l’Alberta. Bien que certains Québécois soient réfractaires à l’idée d’aborder ce sujet, d’autres ont accepté de témoigner de leurs défis à leur arrivée et de la perception de cette nouvelle réalité.

Du 3 au 5 juillet, le plus grand rassemblement estival francophone de l’Alberta a regroupé près de 600 festivaliers au David Thompson Resort (DTR). C’est ainsi que la 26e Fête franco-albertaine a encore eu lieu dans la région enchanteresse des montagnes rocheuses, ce qui a su en charmer plus d’un !

« Je pense que la réponse des gens était phénoménale ! Nous avons eu une belle température et les activités ont été très populaires. En fin de compte, je pense que la Fête a été un succès. » Ce sont précisément les mots prononcés par Étienne Alary, président du comité organisateur, pour décrire le déroulement de la 26e édition.

Une 26e édition qui a su créer à son tour une page dans l’histoire en accueillant, en plus d’une variété d’artistes franco-albertains, de nombreux artistes fransaskois, tels que Carmen Campagne, Shawn Jobin, Ponteix (le groupe de Mario Lepage) et Raquette à claquettes; d’où le thème choisi, « Ensemble, une famille! »  Une décision qui a été prise par le comité organisateur afin de souligner le 110e anniversaire de fondation de la Saskatchewan et de l’Alberta.

 L’organisme Le français pour l’avenir organise la 12e édition du Forum national des jeunes ambassadeurs et elle se déroulera à Moncton, au Nouveau-Brunswick, du 13 au 18 août prochain. La province albertaine sera représentée par quatre ambassadrices. Rencontre avec la nouvelle génération de francophones bilingues d’Alberta.   

Chacun a son histoire personnelle concernant son lien avec le francais, et c’est ce qui a amené quatre élèves, Sonia Duchesne, Megan Hopkins, Kimberly Papp et Skylar Van Der Kooi, à représenter la province durant le forum. Pour certaines, le francais a commencé dès leur plus jeune âge. Pour Sonia Duchesne, c’est tout simplement sa langue maternelle : « Tu ne peux pas le parler n’importe où, n’importe quand, mais j’ai grandi dans une communauté francophone, même étant en minorité ». Pour d’autres, c’est le passage par l’école d’immersion française. Ce fut le cas pour Kimberly Papp, 17 ans. Elle explique : « Ce sont mes parents qui, depuis l’âge de 13 ans, m’ont mise dans un programme d’immersion. »

Le dernier forum communautaire datait d’il y a trois ans; ce n’est pas tous les jours que tous les organismes communautaires francophones de l’Alberta se donnent rendez-vous dans un hôtel d’Edmonton pour discuter d’une stratégie commune pour l’avenir de la langue dans la province. Une soixantaine de personnes ont répondu à l’appel le 30 mai dernier.
 
L’ambiance rappelait une grande rencontre de famille, ce qui n’était pas très loin de la réalité. Quelques dizaines d’organismes ont fraternisé pour partager leur passion commune : la protection et l’épanouissement du français en Alberta. Chapeauté par l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), le forum s’est penché sur diverses problématiques afin de définir le cadre stratégique des cinq prochaines années.
 
Une brève allocution des organisateurs de l’événement a révélé la thématique du jour : « L’Alberta bénéficie d’une francophonie accueillante, performance, moderne et rayonnante », selon Jean Johnson, président de l’ACFA. En plus de ces qualificatifs, il est fort de constater que  la francophonie évolue à vitesse grand V, avec une communauté de plus en plus diversifiée. « La francophonie n’est pas la même qu’il y a 15, 10 ans », a-t-il d’ailleurs reconnu. Conscients de ce fait, les organismes doivent revoir leur stratégie pour s’adapter à la réalité de 2015. « L’objectif est de mieux travailler ensemble pour la francophonie albertaine », a aussi rappelé la directrice générale de l’ACFA, Isabelle Laurin.

Legal

Samedi 16 mai, 57 personnes étaient présentes au dernier concert de l’année estampillé « Chemin chez nous » dans la région Centralta. Par ailleurs, aucun des six concerts de la saison n’a attiré moins de 25 spectateurs. L’explication de ce succès ? L’organisation simultanée d’un repas festif et la mise en place d’une efficace campagne de communication locale.

 

« Les gens veulent se retrouver ensemble. Avant, on jasait sur le parvis de l’église… Maintenant, il y a les écoles, mais c’est pas tout le monde qui a des enfants ! », relève Geneviève Lehoux, organisatrice bénévole des concerts Chemin chez nous 2014-2015 dans la région Centralta (Saint-Albert, Morinville, Legal). Pour aider les francophones éparpillés à se réunir, elle a décidé d’adapter la recette Chemin chez nous à sa région, avec l’aide de Chantal Fréchette.

Les récentes vagues d’immigration en Alberta ont modifié la composition de la francophonie. Curieux de découvrir les enjeux de cette nouvelle réalité, une dizaine d’aînés en moyenne ont assisté aux cours de Paulin Mulatris du lundi 27 avril au vendredi 1er mai, au Campus Saint-Jean, dans le cadre de la semaine Plaisir d’apprendre de la Fédération des aînés francophones de l’Alberta (FAFA).

« Les aînés, ce sont des gens qui ont beaucoup travaillé pour cette francophonie en contexte minoritaire. Quand il y a des changements comme [l’arrivée de nouvelles populations], je pense qu’il est très important de les tenir informés et qu’ils expriment leur point de vue », estime le professeur de sociologie Paulin Mulatris, qui a donc proposé une semaine de cours sur la nouvelle immigration pendant la semaine Plaisir d’apprendre au Campus Saint-Jean.

Jeudi 30 avril, l’universitaire a donné son avant-dernier cours. Sujet du jour : la construction identitaire de la francophonie albertaine. M. Mulatris rappelle à sa classe que les sociétés contemporaines sont aujourd’hui « globalisées ». Des personnes aux vécus très différents cohabitent et, bien sûr, l’Alberta francophone ne fait pas exception, surtout depuis une dizaine d’années.

Un Franco-Albertain né sur place et un nouvel arrivant francophone originaire de l’Afrique ou de l’Europe n’ont « parfois rien en commun,  à part la langue ! », souligne l’universitaire. Difficile d’en faire abstraction et de « zapper » cette réalité comme une émission de télévision qui ne nous intéresserait pas. Un dilemme se présente alors : comment à la fois « assurer la continuité » et « ménager un espace d’existence » commun ?

Enseignant à l’école Sainte-Jeanne-d’Arc et passionné d’automobile, Patrick Lachance est allé rêver un peu au Edmonton Motorshow samedi 11 avril.

Tu peux me résumer le concept du Edmonton Motorshow ?

Un salon de l’auto, c’est pas compliqué, c’est un moment où les concessions, les détaillants ou les compagnies automobiles viennent présenter leurs modèles les plus populaires ou les nouveaux modèles qui sortent du four, dans le but de faire des ventes [...]. Des véhicules, il y en a de toutes les sortes, de la sous-compacte au plus gros camion avec de la puissance à revendre.


Qu’est-ce que tu étais venu chercher ?

Je suis complètement accro à la nouvelle de l’automobile. [Comme] je n’ai pas le temps d’embarquer dans toutes les autos et de les essayer sur la route, le salon de l’auto est ce qui  me rapproche le plus de ça. [...] [Tu peux] aller t’asseoir dans le véhicule : est-ce que tu aimes l’habitacle ? Est-ce que tu te sens à l’aise sur le siège ? [...] Est-ce que les cinq ou six membres de ta famille peuvent vraiment entrer dans cette auto-là ? [...] Officiellement, le besoin n’y est pas – on a notre voiture familiale, un Honda CR-V 2014, c’est bien correct, et moi je conduis un Toyota RAV4 1997 et une moto – mais je rêve au jour où je n’aurais plus d’enfant à la garderie pour pouvoir m’acheter une voiture ! [...]

Très impliquée en tant que bénévole depuis 2009, l’adolescente de 16 ans est la première francophone à recevoir une telle distinction à Brooks. La cérémonie a eu lieu le 10 avril.

« J’aime m’impliquer et j’aime aider. Si je suis capable de faire quelque chose, j’aime [le] partager », confie modestement Estela Kasaba. Grâce à son engagement communautaire, la jeune femme de 16 ans a été sacrée « junior citizen of the year » le 10 avril à l’Heritage Inn de Brooks. « Elle entre vraiment dans l’histoire de notre ville ! », s’enthousiasme Sa-Eva Katusevanako, directeur général et co-fondateur de l’Association francophone de Brooks (AFB) qui a suggéré la candidature de l’adolescente. Jusqu’à présent, aucun francophone n’avait été jamais distingué, y compris dans la catégorie adulte.


Originaire de la République démocratique du Congo, Estela Kasaba a habité à Sherbrooke (Québec) avant de déménager à Brooks en 2007. Deux ans plus tard, elle a rejoint la maison des jeunes de l’AFB en tant que bénévole, encouragée par l’association et par ses parents. « J’aide les jeunes à faire leurs devoirs, surtout en anglais et en français, tout ce qui est vocabulaire, confie celle qui étudie actuellement en 10e année à l’école du Ruisseau. J’aime être entourée d’enfants, j’aime les voir réussir et j’aime qu’ils se confient à moi ! » Sa-Eva Katusevanako ajoute qu’« elle est [aujourd’hui] présidente du comité des jeunes de l’AFB et représente tous les jeunes immigrants au conseil de la mairie de Brooks ».

Samedi 11 avril à 13h, Francophonie albertaine plurielle (FRAP) a tenu une réunion d’information et de discussion au Campus Saint-Jean. L’occasion de rappeler la raison d’être de ce nouvel organisme et de prendre le pouls de la communauté.

Qu’est-ce que Francophonie albertaine plurielle (FRAP) ?

« La FRAP a pour mission de rapprocher les communautés et de veiller à l’intégration socioéconomique et culturelle des francophones issus de la nouvelle immigration, notamment les communautés d’origine africaine et haïtienne qui sont les plus vulnérables. » C’est ainsi que Jeanne Lehman, présidente de la FRAP, a résumé l’objectif de l’association dans son discours d’ouverture, samedi après-midi au Campus Saint-Jean. Officiellement lancé le 12 décembre, l’organisme se définit comme « un groupe de pression et d’action ».

La FRAP souhaite se concentrer sur six orientations : l’éducation, l’employabilité et l’entreprenariat, la culture, la participation civique, la représentativité des communautés (pour que la nouvelle immigration participe aux prises de décisions les concernant) ainsi que le changement du discours public. L’association rappelle que « le visage de la francophonie a changé en Alberta » et veut s’assurer que l’offre de services proposés par les organismes albertains corresponde aux besoins des communautés d’origine étrangère. « La confiance n’exclue pas le contrôle », a souligné Mme Lehman.

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