Vendredi 6 mars, Morinville organisait sa première journée de Célébration de la francophonie. Le lever du drapeau franco-albertain a ainsi été suivi de présentations de la part des élèves des écoles d’immersion et d’une soirée festive avec, entre autres, un repas traditionnel francophone et un concert de Daniel Gervais.

« Le modèle, c’est l’Oktoberfest. On offre la même chose : de la nourriture, du patrimoine, des activités pour les enfants, un groupe de musique... », explique Allen Jacobson, coordinateur au développement communautaire de Morinville.

En effet, pour célébrer ses racines allemandes, la petite ville située au nord d’Edmonton a d’abord organisé deux éditions locales de la célèbre fête de la bière avec 250 personnes en 2013 et 450 en 2014. Un succès qui a donné envie à la municipalité de célébrer les pionniers francophones qui ont fondé la communauté à la fin de XIXe siècle.

L’Association canadienne-française de l’Alberta Centralta s’est associée au projet et a proposé d’organiser cette Célébration de la francophonie le même jour que l’habituel lever du drapeau franco-albertain, c’est-à-dire le 6 mars.

 

Depuis 1983, la Sturgeon Rural Crime Watch veille sur le comté de Sturgeon, au nord d’Edmonton. Cette association de plus de 750 membres fait son possible pour dissuader les éventuels voleurs de sévir dans la région. Thérèse Gervais s’implique depuis plus de 20 ans.

« Sturgeon County, c’est grand comme étendue. Le personnel de la GRC est assez minimum », estime Thérèse Gervais, secrétaire adjointe de la Sturgeon Rural Crime Watch (SRCWA). D’après la brochure de l’association, le détachement de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de Morinville ne dispose que d’une trentaine d’officiers pour couvrir une zone de plus de 2 100 km². Alors pour aider les gendarmes, la SRCWA garde ses yeux bien ouverts. Le comté est divisé en 13 zones avec autant de « directeurs » pour mobiliser ses membres.

« Quand on trouve quelque chose qui ne semble pas normal, par exemple une voiture abandonnée, on appelle la GRC, explique Mme Gervais. Un de nos membres sur le comité de gérance connaît toutes les voitures dans son petit quartier. Ça c’est fantastique ! Quand il voit une voiture qu’il ne connait pas il se dit : est-ce que c’est de la visite ou quelqu’un qui vient voir ce qu’il y a d’intéressant ? »

Lors du lancement de sa campagne de bourses le 3 mars, la Fondation franco-albertaine (FFA) a annoncé que 5000 $ seront disponibles en 2015-2016 pour les organismes qui offrent des projets jeunesse. Lorsqu’il est arrivé en poste en 2010, le directeur de la FFA, Joël Lavoie, a dû mettre fin au programme d’aide à la jeunesse pour permettre le développement de fonds de dotation qui sont au nombre de 70 cette année. Entre 2003 et 2009, le Programme d’aide financière à la jeunesse avait octroyé 170 000 $ pour appuyer des activités destinées aux jeunes de moins de 18 ans.

« Ceci me touche beaucoup, témoigne M. Lavoie. Arrêter de donner au Programme d’aide à la jeunesse, ça a été une des premières décisions que j’ai dû prendre à la fondation. Avec le recul, ça a été une bonne décision puisque les fonds de dotation donnent 45 000 dollars par année, c’est déjà plus que le 25 000 du fond général qui était donné avant. »

Cinq créateurs de fonds de dotation – Éric Préville, Adèle et Paul Amyotte, Alice Dumaine, Cecile et Pierre Bergeron et Gisèle Rhéault – ont accepté d’affecter une partie des bénéfices nets de leurs fonds pour relancer le Programme d’aide à la jeunesse, à raison de 5000 $ pour des projets à réaliser avant le 30 juin 2016.

Du 3 au 5 mars, l’Association des juristes d’expression française de l’Alberta (AJEFA) organisait une formation en médiation familiale à La Cité francophone d’Edmonton. Deux formatrices de l’Ontario avaient fait le déplacement.

Sept avocats et travailleurs sociaux ont été formés à la médiation familiale du 3 au 5 mars à La Cité francophone. Tous avaient déjà une certaine expérience en la matière. L’idée était de mettre à jour leurs compétences, notamment la terminologie en français, pour qu’ils puissent former des médiateurs familiaux en Alberta, dans un second temps.

La médiation familiale consiste à faire intervenir une tierce personne – le médiateur (avocat, travailleur social, personnel de la petite enfance…) – pour résoudre des conflits liés à la séparation d’un couple. Des questions de pension alimentaire ou de garde d’enfant peuvent par exemple être évoquées.

« J’ai appris de nouvelles nuances et une nouvelle approche de la médiation », explique Pierre Lamoureux, un avocat de Saint-Paul qui a répondu à l’invitation de l’Association des juristes d’expression française de l’Alberta (AJEFA). « La formation de base que j’avais reçue ne prônait pas vraiment l’utilisation de caucus (rencontre privée entre le médiateur et l’une des parties, NDLR) lorsque les parties étaient en conflit », prend pour exemple M. Lamoureux pour illustrer l’un des intérêts de cette mise à jour.

Monsieur le Premier Ministre du Québec,

J’aimerais vous faire part de ma profonde déception à l’égard de la position de votre gouvernement, lequel est intervenu lors de l’appel entendu devant la Cour suprême du Canada le 21 janvier 2015 dans l’affaire Commission scolaire francophone du Yukon c. Procureure  générale du territoire du Yukon.

Le Québec a indiqué son opposition à toute interprétation de l’article 23 de la Charte des droits et libertés, interprétation qui aurait comme conséquence d’élargir le pouvoir de gestion et de contrôle des représentants de la minorité anglophone. Par ailleurs,  je suis convaincue que si cette position est retenue, il y aura des conséquences négatives au niveau de la protection de la langue française et de l’organisation du réseau scolaire des communautés francophones en situation minoritaire à travers le Canada.

Étant très consciente des enjeux linguistiques auxquels est confronté le Québec, je suis d’avis que pour cette affaire en particulier, votre gouvernement aurait pu prendre position en faveur des francophones hors Québec. Élargir les droits d’accès à l’éducation en français grâce à une interprétation plus généreuse de l’article 23 de la Charte des droits et libertés est crucial et essentiel au développement de l’éducation en français pour toutes les communautés francophones en situation minoritaire.

La célébration du Mois de l’histoire des noirs, samedi 28 février à l’Africa Centre, a permis aux communautés africaines d’Edmonton de partager leurs succès, tout en discutant de leurs faiblesses.

« En tant qu’Africains et noirs, on n’a pas beaucoup de moments pour célébrer. Et nous avons trouvé que les gens ont souvent beaucoup de stéréotypes de l’être africain, de l’être noir. On a remarqué que les gens ont aussi une certaine ignorance vis-à-vis des succès, des accomplissements des gens d’origine africaine », fait remarquer le directeur du comité d’organisation de l’événement, Ibrahim Karidio.

C’est l’une des raisons pour lesquelles la journée de samedi avait à son menu une présentation historique des luttes africaines, mettant en vedette les grands leaders noirs, les plus connus étant Frederick Douglass, Nelson Mandela et… Obama. « Ce qui démontre qu’Obama est bien africain, c’est qu’il ne s’implique dans rien sans en être le chef», termine l’auteur Guy Armel Bayegnak, qui donnait la présentation. « Nous avons beaucoup de dirigeants [dans nos communautés africaines immigrantes], des gens d’action, mais on oublie que ce sont des gens aimables, polis et pacifistes », pense M. Karidio.

Les festivités ont donc commencé par des discours des représentants de l’Africa Centre ainsi que de la ville d’Edmonton, y compris le maire Don Yveson et les conseillers Bev Esslinger et Dave Loken. Ont suivi la présentation historique de M. Bayegnak et l’organisation de la foule en groupes de discussions autour des thèmes de la journée : autonomisation, leadership et héritage, le tout entrelacé de prestations musicales et dansantes – sur scène et dans le salle – au rythme du groupe multiculturel Wajjo et de la troupe de danse camerounaise Pomae. La journée fut clôturée par un défilé de mode avec des costumes de toute l’Afrique et un repas abondant. Plus de 400 personnes s’y sont présentées, en comptant les tout petits et les jeunes qui ont pu profiter de la garderie et des activités parascolaires de l’Africa Centre.

Nommée aux Prix Écrans canadiens pour son travail d’historienne dans le cadre d’un documentaire pour CBC, Juliette Champagne a prouvé que la cloche de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba n’était pas celle de Batoche.

« Pour les Métis, c’est un symbole de ce qu’ils ont perdu… De leur patrimoine ! », explique l’historienne franco-albertaine Juliette Champagne. Ce symbole, c’est la cloche de Batoche. Avant la diffusion sur CBC, en mars 2014, du documentaire The Mystery of the Bell, beaucoup pensaient encore que cette cloche avait été volée par des soldats à la fin du XIXe siècle, emmenée en Ontario, récupérée par un Métis des décennies plus tard et finalement rendue à l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba. Cette cloche provient en fait de Frog Lake, celle de Batoche ayant presque entièrement fondue dans un incendie en 1990. Mais reprenons depuis le début…

Le parcours de la « vraie » cloche

« En 1879, Monseigneur Grandin était en France. Il a commandé une vingtaine de cloches pour ses missions [dans l’Ouest canadien] qui étaient à leurs balbutiements », débute Juliette Champagne.

En septembre 1884, une de ces cloches est consacrée en l’église Saint-Antoine-de-Padoue à Batoche, une communauté métisse au nord-est de Saskatoon. La cloche sera nommée Marie-Antoinette.

Au printemps 1885, le gouvernement canadien encourage l’arpentage de terres dans l’Ouest canadien, ce qui empiète sur les propriétés des Métis installée le long de la rivière Saskatchewan. Ceux de Batoche font appel à Louis Riel et prennent les armes.  Selon la légende, c’est à ce moment que les soldats canadiens auraient volé ladite cloche, après avoir maté la révolte.

Samedi 21 février, le Centre d’accueil et d’établissement Alberta-Nord a organisé un atelier sur le thème du parrainage
avec Florim Tafilaj (Catholic Social Services) et l’avocat Dieudonné Kandolo.


« C’est facile de se sentir perdu », rassure d’emblée Florim Tafilaj, employé des Catholic Social Services et premier animateur de l’atelier parrainage du Centre d’accueil et d’établissement (CAÉ). En effet, toute procédure de parrainage demande de remplir plusieurs formulaires potentiellement intimidants.

M. Tafilaj choisit de présenter les formulaires relatifs au Family Classqui permettent par exemple de parrainer un époux ou une épouse, ainsi que ses enfants naturels ou adoptés. Le sponsor doit être citoyen canadien ou résident permanent. La personne parrainée obtient quant à elle la résidence permanente.

« Ces formulaires sont conçus pour que vous puissiez les remplir vous-même », insiste l’employé des Catholic Social Services. En clair, pas besoin de payer un avocat ou un consultant en immigration. Un conseil que reprendra Me Kandolo, le deuxième animateur de l’atelier.

En ouverture du 7e Forum local d’Edmonton au Campus Saint-Jean, le président de l’Alliance française Todd Babiak a livré une conférence enthousiaste sur son parcours, son rapport au français et sur l’importance d’être bilingue au Canada.

« J’avais 21 ans quand j’ai découvert que Leduc était un nom français », reconnaît honteusement Todd Babiak, en évoquant sa ville d’origine. Sa famille, qu’il qualifie aujourd’hui de « rednecks », percevait à l’époque le Canada bilingue comme un problème. Alors qu’il étudie les sciences politiques et la littérature anglaise à l’Université de l’Alberta, le jeune Todd décide de partir cinq semaines à Matane, au Québec, pour obtenir des crédits de français langue seconde.

Partant de zéro ou presque, il fait de jolis progrès, ce qui l’encourage à poursuivre ses études à Montréal, pour sa maîtrise. Sur place, à cause de son « terrible » accent lorsqu’il parle français, les Québécois francophones lui répondent en anglais... Une situation assez absurde. Finalement, la plupart de ses amis montréalais s’avèrent anglophones et, quand Todd rentre à Edmonton, ses compétences linguistiques n’ont guère progressé.

Une contravention unilingue anglophone, à l’origine de la saga judiciaire de Gilles Caron, pourrait aujourd’hui changer l’histoire des minorités francophones du pays.

Après un parcours juridique qui a duré plus de 12 ans, la Cour suprême du Canada a entendu vendredi le 13 février les avocats des deux albertains Gilles Caron et Pierre Boutet qui ont contesté l’unilinguisme de contraventions reçues du gouvernement de l’Alberta. Plusieurs interventions par le biais de mémoires avaient également été reçues, dont celle de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA).

Le président de l’ACFA, Jean Johnson (avec les avocats de Pierre Boutet sur la photo), qui était présent vendredi, ressort confiant et heureux de l’expérience : « Nos juristes nous ont très bien servis. Honnêtement, je n’avais pas beaucoup d’espoir mais après ce que j’ai vu, je pense qu’on peut obtenir gain de cause dans cette histoire. » Selon lui, les juges de la Cour suprême se sont montrés très réceptifs aux arguments des avocats de M. Caron et M. Boutet, Me Roger Lepage et Me Sébastien Grammond, et les relançaient avec beaucoup de questions.

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