Bien que la seule langue officielle de la province demeure l’anglais, la communauté francophone est toujours bien vivante en Alberta, et s’organise de mieux en mieux. Cette vitalité est davantage causée par l’immigration de francophones, surtout en provenance d’Afrique et de France, que des Francos-Albertains de souche. Des ressources sont d’ailleurs nombreuses pour accueillir et intégrer ces nouveaux arrivants, qui atterrissent dans un nouveau pays, une nouvelle culture, une nouvelle réalité. Mais, une portion importante des francophones d’Alberta vient des Canadiens qui quittent le Québec ou le Nouveau-Brunswick pour s’installer dans l’Ouest. Qu’en est-il pour eux ?

La question ne date pas d’hier, mais elle demeure toujours d’actualité, alors que chaque année des milliers de Québécois, pour la plupart francophones, quittent leur province en faveur de l’Alberta. Bien que certains Québécois soient réfractaires à l’idée d’aborder ce sujet, d’autres ont accepté de témoigner de leurs défis à leur arrivée et de la perception de cette nouvelle réalité.

Du 3 au 5 juillet, le plus grand rassemblement estival francophone de l’Alberta a regroupé près de 600 festivaliers au David Thompson Resort (DTR). C’est ainsi que la 26e Fête franco-albertaine a encore eu lieu dans la région enchanteresse des montagnes rocheuses, ce qui a su en charmer plus d’un !

« Je pense que la réponse des gens était phénoménale ! Nous avons eu une belle température et les activités ont été très populaires. En fin de compte, je pense que la Fête a été un succès. » Ce sont précisément les mots prononcés par Étienne Alary, président du comité organisateur, pour décrire le déroulement de la 26e édition.

Une 26e édition qui a su créer à son tour une page dans l’histoire en accueillant, en plus d’une variété d’artistes franco-albertains, de nombreux artistes fransaskois, tels que Carmen Campagne, Shawn Jobin, Ponteix (le groupe de Mario Lepage) et Raquette à claquettes; d’où le thème choisi, « Ensemble, une famille! »  Une décision qui a été prise par le comité organisateur afin de souligner le 110e anniversaire de fondation de la Saskatchewan et de l’Alberta.

 L’organisme Le français pour l’avenir organise la 12e édition du Forum national des jeunes ambassadeurs et elle se déroulera à Moncton, au Nouveau-Brunswick, du 13 au 18 août prochain. La province albertaine sera représentée par quatre ambassadrices. Rencontre avec la nouvelle génération de francophones bilingues d’Alberta.   

Chacun a son histoire personnelle concernant son lien avec le francais, et c’est ce qui a amené quatre élèves, Sonia Duchesne, Megan Hopkins, Kimberly Papp et Skylar Van Der Kooi, à représenter la province durant le forum. Pour certaines, le francais a commencé dès leur plus jeune âge. Pour Sonia Duchesne, c’est tout simplement sa langue maternelle : « Tu ne peux pas le parler n’importe où, n’importe quand, mais j’ai grandi dans une communauté francophone, même étant en minorité ». Pour d’autres, c’est le passage par l’école d’immersion française. Ce fut le cas pour Kimberly Papp, 17 ans. Elle explique : « Ce sont mes parents qui, depuis l’âge de 13 ans, m’ont mise dans un programme d’immersion. »

Vingt délégués des 21 organismes membres de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) ont voté le 4 juin à Gatineau pour élire une présidente et une vice-présidente. Celle qui était vice-présidente en poste depuis un an, Sylviane Lanthier, a été élue présidente. La Franco-Albertaine de 22 ans, Audrey LaBrie, a pris sa place comme vice-présidente, c’est l’une des plus jeunes à la tête de la Fédération en 40 ans.

« Ça a fait longtemps qu’on entend parler de changement au sein de la francophonie canadienne et qu’on veut avoir de nouvelles idées et de nouvelles perspectives. Les membres délégués ont parlé », s’est réjouie Audrey LaBrie, après sa victoire comme vice-présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA).

Audrey LaBrie préparait le terrain depuis longtemps déjà. Elle a écrit à tous les délégués et a discuté avec plusieurs d’entre eux au téléphone de leurs priorités et des enjeux qu’ils veulent prioriser. « Je les ai écoutés et ça les a rassurés. Je savais que j’avais un bon appui », explique celle qui souhaite forger des liens plus solides entre les membres régionaux et ceux des grands centres urbains.

Le panel sur la dualité linguistique organisé par la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), le 4 juin à Ottawa, en a déçu certains. Les représentants des trois principaux partis politiques fédéraux, le Nouveau Parti démocratique, le Parti libéral et le Parti conservateur, ont esquivé plusieurs questions. Le panel, qui devait exposer la vision et les engagements des différents partis sur des enjeux touchant la francophonie et la dualité linguistique au Canada à l’approche des élections fédérales, a souvent tourné en séance d’accusations.

« Toutes les questions sont restées en suspens, aucun candidat n’a tenté de nous convaincre de voter pour lui», se déçoit le doctorant en sciences politiques à l’Université de Montréal spécialisé dans l’action collective des minorités linguistiques, Martin Normand. «Je suis déçu de la tenue des trois panélistes. Le député libéral de Saint-Laurent-Cartierville, Stéphane Dion, était en mission pour défendre son héritage et dénoncer la Feuille de route, mais il n’a pris aucun engagement. »

Le dernier forum communautaire datait d’il y a trois ans; ce n’est pas tous les jours que tous les organismes communautaires francophones de l’Alberta se donnent rendez-vous dans un hôtel d’Edmonton pour discuter d’une stratégie commune pour l’avenir de la langue dans la province. Une soixantaine de personnes ont répondu à l’appel le 30 mai dernier.
 
L’ambiance rappelait une grande rencontre de famille, ce qui n’était pas très loin de la réalité. Quelques dizaines d’organismes ont fraternisé pour partager leur passion commune : la protection et l’épanouissement du français en Alberta. Chapeauté par l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), le forum s’est penché sur diverses problématiques afin de définir le cadre stratégique des cinq prochaines années.
 
Une brève allocution des organisateurs de l’événement a révélé la thématique du jour : « L’Alberta bénéficie d’une francophonie accueillante, performance, moderne et rayonnante », selon Jean Johnson, président de l’ACFA. En plus de ces qualificatifs, il est fort de constater que  la francophonie évolue à vitesse grand V, avec une communauté de plus en plus diversifiée. « La francophonie n’est pas la même qu’il y a 15, 10 ans », a-t-il d’ailleurs reconnu. Conscients de ce fait, les organismes doivent revoir leur stratégie pour s’adapter à la réalité de 2015. « L’objectif est de mieux travailler ensemble pour la francophonie albertaine », a aussi rappelé la directrice générale de l’ACFA, Isabelle Laurin.

Legal

Samedi 16 mai, 57 personnes étaient présentes au dernier concert de l’année estampillé « Chemin chez nous » dans la région Centralta. Par ailleurs, aucun des six concerts de la saison n’a attiré moins de 25 spectateurs. L’explication de ce succès ? L’organisation simultanée d’un repas festif et la mise en place d’une efficace campagne de communication locale.

 

« Les gens veulent se retrouver ensemble. Avant, on jasait sur le parvis de l’église… Maintenant, il y a les écoles, mais c’est pas tout le monde qui a des enfants ! », relève Geneviève Lehoux, organisatrice bénévole des concerts Chemin chez nous 2014-2015 dans la région Centralta (Saint-Albert, Morinville, Legal). Pour aider les francophones éparpillés à se réunir, elle a décidé d’adapter la recette Chemin chez nous à sa région, avec l’aide de Chantal Fréchette.

Les récentes vagues d’immigration en Alberta ont modifié la composition de la francophonie. Curieux de découvrir les enjeux de cette nouvelle réalité, une dizaine d’aînés en moyenne ont assisté aux cours de Paulin Mulatris du lundi 27 avril au vendredi 1er mai, au Campus Saint-Jean, dans le cadre de la semaine Plaisir d’apprendre de la Fédération des aînés francophones de l’Alberta (FAFA).

« Les aînés, ce sont des gens qui ont beaucoup travaillé pour cette francophonie en contexte minoritaire. Quand il y a des changements comme [l’arrivée de nouvelles populations], je pense qu’il est très important de les tenir informés et qu’ils expriment leur point de vue », estime le professeur de sociologie Paulin Mulatris, qui a donc proposé une semaine de cours sur la nouvelle immigration pendant la semaine Plaisir d’apprendre au Campus Saint-Jean.

Jeudi 30 avril, l’universitaire a donné son avant-dernier cours. Sujet du jour : la construction identitaire de la francophonie albertaine. M. Mulatris rappelle à sa classe que les sociétés contemporaines sont aujourd’hui « globalisées ». Des personnes aux vécus très différents cohabitent et, bien sûr, l’Alberta francophone ne fait pas exception, surtout depuis une dizaine d’années.

Un Franco-Albertain né sur place et un nouvel arrivant francophone originaire de l’Afrique ou de l’Europe n’ont « parfois rien en commun,  à part la langue ! », souligne l’universitaire. Difficile d’en faire abstraction et de « zapper » cette réalité comme une émission de télévision qui ne nous intéresserait pas. Un dilemme se présente alors : comment à la fois « assurer la continuité » et « ménager un espace d’existence » commun ?

Patrimoine canadien n’est pas le seul financier des communautés francophones. Quelles sont les autres sources et l’envergure du financement ? Francopresse survole cette semaine la situation des organismes nationaux.

Chacun des 16 organismes nationaux sollicités a partagé ses données. Étonnant, selon le professeur de science politique de l’Université Simon Fraser, Rémi Léger. « Lorsque j’ai vu le premier message avec le tableau*, je me suis dit : bon courage ! Normalement, les organismes sont très réticents à partager les chiffres et comment ils utilisent les fonds. »

Les groupes publient sans faute un rapport annuel mais ils ne partagent pas nécessairement leur bilan financier. Une première recherche web a permis de trouver le bilan de quatre groupes. Par exemple, la Fédération des communautés francophones et acadienne a cessé depuis 2007 d’inclure ses états financiers dans son rapport annuel.

La directrice générale Suzanne Bossé explique : « Notre approche au rapport annuel s’est transformée au cours des années. Nous l’utilisons maintenant beaucoup plus comme un outil de sensibilisation et de promotion. C’est pourquoi il n’était plus pertinent d’y inclure nos rapports financiers. »

Un développement inquiétant, estime le politicologue acadien. « Ça en dit long sur nos organismes qui sont devenus de plus en plus des groupes d’intérêt. Ils sont comme des corporations qui gardent l’information à l’interne. Les assemblées annuelles sont très peu fréquentées.

Enseignant à l’école Sainte-Jeanne-d’Arc et passionné d’automobile, Patrick Lachance est allé rêver un peu au Edmonton Motorshow samedi 11 avril.

Tu peux me résumer le concept du Edmonton Motorshow ?

Un salon de l’auto, c’est pas compliqué, c’est un moment où les concessions, les détaillants ou les compagnies automobiles viennent présenter leurs modèles les plus populaires ou les nouveaux modèles qui sortent du four, dans le but de faire des ventes [...]. Des véhicules, il y en a de toutes les sortes, de la sous-compacte au plus gros camion avec de la puissance à revendre.


Qu’est-ce que tu étais venu chercher ?

Je suis complètement accro à la nouvelle de l’automobile. [Comme] je n’ai pas le temps d’embarquer dans toutes les autos et de les essayer sur la route, le salon de l’auto est ce qui  me rapproche le plus de ça. [...] [Tu peux] aller t’asseoir dans le véhicule : est-ce que tu aimes l’habitacle ? Est-ce que tu te sens à l’aise sur le siège ? [...] Est-ce que les cinq ou six membres de ta famille peuvent vraiment entrer dans cette auto-là ? [...] Officiellement, le besoin n’y est pas – on a notre voiture familiale, un Honda CR-V 2014, c’est bien correct, et moi je conduis un Toyota RAV4 1997 et une moto – mais je rêve au jour où je n’aurais plus d’enfant à la garderie pour pouvoir m’acheter une voiture ! [...]

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