Serge Segura, ambassadeur pour les océans au ministère des Affaires étrangères françaises, a participé lundi 5 novembre, dans le cadre de la version « océan » des French Ameri-Can Climate TalkS (FACTS), à une série de conférences à l’Université de l’Alberta. Pour cette édition d’Edmonton 2018, il s’agit d’aborder les liens entre le changement climatique et l’océan.

Cargo ship Ocean Freedom

L’accord de Paris en 2015 à l’occasion de la Cop 21, lançait un mouvement de l’économie bleue dans un état d’esprit de développement durable. Dans cette lignée, le service pour la science et la technologie de l’ambassade de France aux États-Unis, en partenariat avec l’ambassade de France au Canada, a lancé en 2017 une version « Océan » des French Ameri-Can Climate Talks (FACT).

Les FACT nécessitent entre autres des conférences. Ils réunissent des acteurs français, états-uniens et canadiens venant du monde académique, des secteurs publics et privés, d’ONG ou de think tanks, pour concilier les usages maritimes et littoraux, les activités économiques et la préservation de l’environnement. « Avec le plus grand littoral au monde, la question des océans est un grand sujet pour le Canada, et il est une chance de pouvoir affronter ce défi ensemble », explique Serge Segura, ambassadeur pour les océans au ministère des Affaires étrangères françaises.

CLIMAT Serge Segura at FACTOL’impact du réchauffement climatique

« Les progrès scientifiques de ces 15 dernières années sont énormes, et on démontre clairement l’impact du réchauffement climatique sur les océans », confie l’ambassadeur pour les océans au ministère des Affaires étrangères françaises.  

« Il est un puissant régulateur qui absorbe 90 % de la chaleur et un quart du gaz carbonique rejeté dans l’atmosphère par l’homme, mais il est aussi le réceptacle de la fonte des glaces », développe M. Segura.

Constituant le système de piégeage et de stockage du carbone le plus efficace et le plus rentable de la planète, il en paye également le prix fort. Il explique que « l’océan subit une augmentation globale de la température de l’eau, une acidification, une modification des courants marins, et une montée des eaux ». Il prévient également que « cela risque d’être très dangereux pour l’homme et l’écosystème marin ».

Trafic maritime

Le réchauffement climatique rend également certaines voies maritimes praticables plus longtemps « grâce » à la fonte des glaces. « Le changement climatique est en train de bouleverser la donne », affirme Serge Segura et « les températures anormalement élevées dans le cercle polaire arctique permettent désormais de longer les côtes sibériennes beaucoup plus longtemps ».

Jusqu’alors, seuls des navires de moindre taille pouvaient parcourir certaines routes maritimes, mais de nouvelles voies propres à la navigation de porte-conteneurs voient le jour et suscitent autant de fantasmes que de répulsion. « Désormais, nous sommes confrontés aux défis du gigantisme, et aux bateaux commerciaux de près de 400 mètres de long »,  raconte l’ambassadeur pour les océans du ministère des Affaires étrangères françaises.

Selon Serge Segura « il est possible de combiner transport maritime et écologie, cependant il faut beaucoup travailler pour réduire l’impact de cette multiplication des passages ». Il conclut « que pour préserver nos océans, il ne faut pas sous-estimer l’impact de la surpêche et des déchets plastiques ».  

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