La COP21 une réflexion pour le Canada

DSC 0387Après la venue de l’ambassadeur de France à Calgary, c’était au tour du consul de Vancouver, Jean-Christophe Fleury, de parler de la Conférences des Nations unies sur les changements climatiques (COP21), le 29 octobre, au Château Lacombe d’Edmonton lors de la conférence FACTS. Une belle occasion pour la province de l’Alberta de s’interroger sur les améliorations qu’elle voudra elle-même apporter au sein de son gouvernement.

 

« L’Alberta doit choisir si elle veut réglementer l’effet de serre afin d’amener des améliorations au sein des secteurs industriels, du pétrole et de l’énergie », explique Sam Dyer, directeur de L’Institut Pembina, en Alberta. La COP21, qui se tiendra du 30 novembre au 11 décembre à Paris, permettra à des chefs d’État et ministres de l’Environnement, d’aboutir à un nouvel accord international sur le climat, applicable à tous, pour maintenir le réchauffement climatique en-dessous de 2°C.

 

Rappelons que le Canada, sous Stephen Harper, s’est retiré du protocole de Kyoto sur les changements climatiques. Le Consul de France à Vancouver, Jean Christophe Fleury, compte entreprendre des démarches auprès du nouveau gouvernement de Justin Trudeau pour lui faire part de l’état de la situation de la négociation au sein de la COP. « Bien entendu nous voulons l’encourager afin de faire des annonces supplémentaires à celles qui ont été faites par le gouvernement conservateur », a-t-il indiqué. En effet, le précédent gouvernement avait alors annoncé une baisse de l’INDC (La contribution nationale à l’action climatique) d’environ 30% du gaz à effet de serre pour 2030 par rapport aux niveaux de 2005, soit une baisse de 14 % par rapport à 1990.  

« Nous ne pensons pas que le gouvernement de Justin Trudeau aura le temps matériel d’améliorer sa cible annoncée par le gouvernement conservateur précédent », explique Jean-Christophe Fleury. Cependant, avec l’arrivée de ce nouveau gouvernement, le Consul se dit confiant que le Canada puisse atteindre sa cible.    

 

Changer le comportement des consommateurs

Changer le comportement des consommateurs en matière d’énergie pourrait s’avérer être un défi en Alberta, puisque la plupart des résidents ont choisi cette province à cause de certains avantages. L’Alberta est l’une des provinces les moins taxées au pays et notamment pour le prix de son essence. Sam Dyer, de l’Institut Pembina, décrit plusieurs alternatives  : « Emprunter une taxe carbone comme en Colombie-Britannique, qui s’applique aux consommateurs à la pompe, l’Alberta possède déjà une sorte de régulation de la taxe carbone, appelée ESCA mais ne s’applique qu’à 12% de l’émission du prix des 15$ ».

 

Pour le directeur de l’Institut Pembina, ce ne sont pas les consommateurs qu’il faudrait taxer, mais bien les entreprises.  Selon lui cette mesure ne serait pas suffisante pour diminuer l’émanation de gaz à effet de serre. Il faudrait augmenter le prix de l’essence pour inciter les entreprises à investir et ainsi réduire les émissions  : « Le but d’une augmentation de la taxe carbone n’est pas de créer des revenus mais de générer des comportements ».

 

Rock Labelle, directeur du développement durable et de l’entreprenariat au Conseil de développement économique de l’Alberta (CDEA), explique que son organisme souhaite susciter l’intérêt sur le développement durable par l’intermédiaire de son projet Réseau Concerto, qui rassemble les municipalités bilingues de l‘Alberta. « Notre approche est d’aider les communautés dans la gestion des déchets municipaux, on explore une manière de faire une valorisation énergétique de leurs déchets municipaux », a-t-il soutenu.

 

DSC 0388L’un des défis majeurs que rencontrent actuellement les municipalités, c’est de renouveler le cycle de vie de leurs infrastructures. Ces dépenses incluent des coûts de rénovation ou bien un remplacement intégral des anciens modèles de fonctionnement. Cette participation du CDEA pour la COP21 rentre dans le cadre du projet Eco-Ouest dont il est partenaire. Eco-Ouest aide actuellement les petites municipalités rurales à entreprendre des projets d’infrastructures durables. Eco-Ouest était aussi commanditaire de cette conférence qui a eu lieu au château Lacombe le 29 octobre. Selon monsieur Labelle, « si on touche au portefeuille des gens à la pompe ou à l’achat d’un véhicule électrique ou moins polluant, ce sont des incitatifs économiques. On taxerait le comportement des gens ».


La France présidera la 21e Conférence de la COP21 à Paris à la fin du mois de novembre. Cet événement réunira les 196 États membres des Nation-Unies. Le but de ce sommet est d’atteindre les cibles fixées pour réduire l’effet de serre, soit contenir la hausse des températures dans la limite des 2°C d’ici 2100. Les deux nouveaux éléments de la COP21 : injecter 100 milliards de dollars en financement pour les pays émergents et les guider dans leur processus de réduction de l’effet de serre.  Si certains parlent de grande messe médiatique comme l’ancien ministre français de l’Éducation Luc Ferry concernant la COP21. Le Consul de France de Vancouver est optimiste : « on ne peut plus avoir les mêmes mécanismes du haut vers le bas » explique t-il.   Et comme il le souligne : « Ce qui compte c’est ce qui va se passer après la COP21, 90 jours après la fin de la COP21 ». Justin Trudeau ainsi que tous les premier ministres provinciaux ont prévu de se rassembler afin de discuter de la mise en œuvre de cette annonce.

 

Photos: Alice Dubot

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